Conseil de classe

Hormis la politique et le hockey, peu de sujets passionnent autant que l’éducation. L’enseignant moyen vous le confirmera, le tout-venant semble avoir une opinion sur la manière de gérer nos écoles.

Photo : Julie Durocher

Pour solliciter l’avis d’experts, Jean Barbe, Marie-France Bazzo et Vincent Marissal ont dirigé le collectif d’entretiens De quoi le Québec a-t-il besoin??, dans lequel 11 intervenants du monde de l’éducation répondent à des questions ciblées?: Qu’est-ce qu’une culture générale?? Que devrait savoir un jeune en sortant du secondaire?? Donnez une idée phare pour l’éducation au Québec, etc. Fabienne Larouche, Ianik Marcil et Normand Baillargeon, pour ne nommer que ceux-là, se prêtent à la démarche. L’ensemble peut paraître un brin cacophonique, d’autant plus que les auteurs ont laissé intactes de nombreuses formulations de la langue parlée, mais le texte y gagne en authenticité et en musicalité.

Au-delà des divergences d’opinions auxquelles il fallait s’atten­dre, le lecteur trouvera plusieurs points communs chez les participants, notam­ment une critique ouverte des syndicats d’enseignants, un parti pris pour l’école publique, la piètre qualité des finissants des programmes de formation des maîtres et l’absence navrante de la culture générale à tous les échelons du système. Pour citer Normand Baillargeon, qui doit être bien placé pour le savoir?: «?Les facultés d’éducation ne l’ont pas beaucoup, la faculté d’éducation?! Elles sont devenues des lieux très techniques, où la culture n’est pas la chose la mieux vue.?» Si ce professeur le dit… Il faut lire cet ouvrage pour que ces questions demeurent vivantes, qu’elles ne sombrent pas dans l’indifférence. Si chacun des intervenants soulève des préoccupations intéressantes, la palme de la perti­nence revient, à notre humble avis, à Fabienne Larouche, qui ne manque pas d’à-propos?: «?Le manque d’effort à l’école est une forme d’obésité intellectuelle. La tolérer, c’est criminel, à tout le moins socialement irresponsable.?» (Leméac, 200 p. 18,95 $)

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Cartographie de l’errance

Dans L’instant du danger, Michel Peterson analyse la réalité de ces exilés, apatrides, torturés et migrants involontaires que nous côtoyons sans le savoir. Les textes fins de Peterson sont suivis de témoignages de réfugiés devenus citoyens, résidents permanents ou dont la demande de statut de réfugié a été refusée. Une lecture édifiante et importante qui appelle à l’humanité. Les compositions photographiques de Charles-Henri Debeur, simples et magnifiques, viennent cristalliser l’intelligence et la sensibilité du propos. (L’instant du danger?: Réflexions d’un psychanalyste et témoignages sur l’exil forcé, Les éditions du passage, 163 p, 39,95 $)

Vous n’êtes pas seul


Quel chemin de l’esprit mène des Pensées pour moi-même, de Marc Aurèle, à notre printemps érable, cette triste saison où nos lilas dégageaient un parfum de poivre de Cayenne?? La réponse se trouve dans Année rouge, chronique que de nombreux contestataires auraient pu ou voulu écrire s’ils avaient eu le talent et le sens de l’observation de son auteur, le journaliste et écrivain Nicolas Langelier. Ce dernier est-il révolté?? Oui. C’est clair. Est-il révolutionnaire?? Nous ne le savons pas. Une réflexion lucide sur les saisons de l’engagement. (Année rouge?: Notes en vue d’un récit personnel de la contestation sociale au Québec en 2012, Atelier 10, coll. «?Documents?», 104 p., 9,95 $)


 

 

 

 

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