Corinne Bailey Rae : La mariée était en noir

CORINNE BAILEY RAE / THE SEA Virgin/EMI

Corinne Bailey Rae : la mariée était en noir
Photo : Jim Cooper/PC

Quel genre de musique peut-on faire lorsqu’on est vraiment triste ? Corinne Bailey, la plus frêle et la plus adorable des chanteuses soul d’Angleterre, était dans un taxi, à Leeds, lorsque la police l’a appelée pour lui annoncer la mort subite de son mari, le saxophoniste Jason Rae, 31 ans. Sonnée par ce choc, la jeune veuve dit avoir passé un an dans sa cuisine à ne rien faire, à ne rien écrire. Peu avant le drame, elle venait d’achever une chanson fragile et superbe, « The Sea », qui évoque la disparition en haute mer de son propre grand-père, ainsi que la poignante « I’d Do It All Again », écrite sur le vif après une grosse chicane avec son amoureux. « Ça peut arriver à n’importe qui », affirme la belle métisse, un brin fataliste. Et puis, sortant de sa léthargie, elle complète son œuvre avec des chansons sensuelles ou mélancoliques enregistrées avec des musiciens très spontanés. Un album déroutant à la première écoute, qui n’offre pas une zone de confort ou des standards radiophoniques pop. The Sea est un voyage intérieur, une forme de thérapie et, à ce titre, il risque de ne pas plaire aux amateurs de soul traditionnelle. Et ce, malgré un joyau comme l’irrésistible « Closer », et les ambiances de « The Blackest Lily », qui rappellent le funk sale et psychédélique de Sly and the Family Stone.

 

Laisser un commentaire