Corneille, parce qu’il (re)vient de loin

On le sait, depuis qu’il en a laissé une couche sur le visage d’Isabelle Boulay à un gala de l’ADISQ, Corneille s’applique du fond de teint pour ses séances photos et ses apparitions publiques. En tout cas, ça lui fait une bonne tête sur la pochette de son nouvel album, Les inséparables – sorti en France en octobre 2011, paraissant le jeudi 29 mars au Québec.

Après un album en anglais qui ne lui a pas trop réussi, et un autre, francophone celui-là, coécrit avec son épouse, l’auteure-compositrice-interprète Sofia De Medeiros, et intitulé Sans titre (et sans trop d’âme si vous voulez mon avis), le très sympathique Cornelius Nuyngura revient avec ce disque dont la première phrase de la chanson d’ouverture sonne comme une conviction : « Jamais trop tard pour repartir à zéro » (« L’espoir en stéréo »). Euh, rien n’est moins sûr. En France, l’album n’a pas affolé les foules, bien qu’il remplisse son office : des paroles aimablement conventionnelles, joliment vêtues, chantées droitement, avec émotion calculée (« Tout ce que tu pourras », balade piano-voix dédiée à son fils tout neuf). Peut-on reprocher à l’auteur-compositeur-interprète de vouloir plaire ? Ça serait comme reprocher aux framboises d’être délicieuses en coulis. Le chanteur dit avoir « renoué avec ses influences rhythm and blues noires américaines et la pop urbaine ». Sur trois titres, il s’associe à des rappeurs : Soprano, TLF (Ikbal) et La Fouine. Qu’est-ce que ça sent ? Le marketing ? Je n’ai peut-être pas la bonne réponse.

Corneille et La Fouine dans « Des pères, des hommes et des frères » :