Corps et Anne (Thériault) au Festival TransAmériques

Anne Thériault enseigne la danse (classique, jazz, funky), parfois l’aéroboxe et l’entraînement physique. Elle pète la forme ; sa silhouette l’atteste. Les jeunes loups de la danse contemporaine réclament sa grâce musculeuse et son énergie sans compter ; elle signe des pièces vrillées d’électricité (Valeur ajoutée ajoutée, Pop, La physique). Elle recherche les coups d’adrénaline, les rencontres sans chichis, les spectacles libérateurs. Et brandit sa devise : « Fais-le. Et si ça n’a pas de sens, fais-le plus encore ! »

Photo : Jocelyn Michel

Ado, au lieu de danser, elle rêvait de jouer de la guitare et de hurler sa rébellion. Après une formation en cinéma au cégep et une parenthèse de deux ans dans le commerce des fleurs avec ses frère et sœur, la Montréalaise s’inscrit en enseignement de la danse à l’UQAM, puis en interprétation à LADMMI (Les Ateliers de danse moderne de Montréal inc.). « Je me disais : si je réussis à voyager par la danse, j’aurai atteint mon but. » Elle l’atteint en se joignant, en 2007, à la troupe de Dave St-Pierre pour les tournées européennes de La pornographie des âmes et d’Un peu de tendresse, bordel de merde !

Elle dit sans afféterie : « Je ne travaille pas “pour” un chorégraphe, mais “avec” lui. » Car pour l’interprète créatrice, l’art est un jeu d’équipe où l’on ne gagne pas sans les autres. Le mot « collaboration » rapplique souvent dans ses propos.

Dans son travail chorégraphique, elle cherche à instaurer des climats cinématographiques : de science-fiction dans La physique ou d’épouvante dans Derrière le rideau, il fait peut-être nuit, créé avec le prospecteur sonore Martin Messier. « Je rassemble des éléments qui affectent l’œil — une route qui défile, du sang qui gicle — pour réveiller des affects chez le spectateur. »

On croisera la percutante interprète dans Sous la peau, la nuit, chorégraphie de Danièle Desnoyers étrennée au Festival TransAmériques. « Pour une rare fois, mon corps est utilisé à plein escient pour ce pour quoi il a été formé : le mouvement. » Ce qui nous change des spectacles de danse actuelle, où l’on trouve de tout, mais si peu de danse.

Sous la peau, la nuit (en répétition) :

Quand elle « repose la machine », Anne fait la cuisine ou des casse-têtes, écoute les vinyles de son père ou le récent album du duo de folk montréalais Ferriswheel. Pour le moment, la danse représente son petit bout de ciel bleu.

Mais demain ? « Un jour, je reviendrai peut-être au commerce… » Avec ce sourire-là, on achètera !

Sous la peau, la nuit, Festival TransAmériques, Usine C, à Montréal, du 2 au 4 juin, 514 844-3822.

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