Daniel Bélanger, le loup blanc

DB (DANIEL BÉLANGER) / NOUS Audiogram/Select

DB (DANIEL BÉLANGER) / NOUS Audiogram/Select

J’ai cherché le disque de R&B optimiste dont tout le monde parlait avant Noël, et je ne l’ai pas trouvé dans Nous. Certes, il faut plus d’une écoute pour assimiler le choc. Une collision entre les chansons pop-folk éthérées, texturées d’ersatz électroniques, et les éléments rythmi­ques de nature plus animale, qui semblent tout droit sortis de chez James Brown ? Peu de chanteurs d’ici auraient risqué un tel virage. Daniel Bélanger assume le risque, se remet en question d’un album à l’autre et s’impose chaque fois une nouvelle thématique, de nouvelles règles et un cadre esthétique.

Avec sa prose libre, on aurait aimé qu’il « désintellectualise » encore plus son art et retrouve le côté mutin qui avait fait le charme de ses premières tournées. Car il a beau souffler dans un saxophone, « db » n’a ni l’âme ni l’allure d’un tyran du funk. Timide, introspectif ou tourmenté, il écrit dans « Qui ne suis-je ? » : « Carnivore l’homme / Ici se mange lui-même / Il est perdu et il va disparaître ». Preuve qu’il rôde encore, ce prophète de malheur qui, dans L’échec du matériel, envisageait « La fin de l’homme ». Et vrai qu’il y a comme une fausse joie dans cet opus.

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