Dans la cour des grands

Sans tambour ni trompette, Sylvain Trudel a lancé sur le marché français Le souffle de l’harmattan (Les Allusifs), roman publié ici il y a 15 ans.

Sans tambour ni trompette, Sylvain Trudel a lancé sur le marché français Le souffle de l’harmattan (Les Allusifs), roman publié ici il y a 15 ans. « Je l’ai récrit, car j’avais du mal à en accepter la paternité, dit-il. Avec le temps, j’en étais venu à ne voir que les défauts. » Grand bien lui fit puisqu’en France la presse a encensé son livre, à commencer par le magazine Télérama (700 000 exemplaires), qui l’a choisi, ainsi que son tout récent ouvrage Du mercure sur la langue, parmi ses « grands crus de 2002 ». « Deux titres qui arrivent du Québec comme deux bombes chargées de tendresse », écrit ce magazine, qui n’a retenu que neuf auteurs, dont Philip Roth, Pascal Guignard et Jonathan Franzen. « Comme quoi, affirme Trudel, quand un roman québécois passe la barrière des éditeurs snobs et arrive jusqu’aux lecteurs, il a une vie en France. »

L’amour éternel

Incurable romantique, l’animatrice Sophie Durocher a demandé à des couples qui durent comment sont nées leurs amours. « C’est toujours la première question que je pose », dit-elle. Dans Salut les amoureux (Stanké), écrit en collaboration avec Claude Fortin, elle a confessé l’ex-ministre Jean Cournoyer, qui, à 62 ans, est tombé amoureux d’une femme qui avait été l’objet de sa flamme quand il avait 19 ans. Le comédien Albert Millaire lui a raconté qu’en voyant sa future femme il s’était dit: « Je veux mourir avec elle. » L’écrivain Gaétan Soucy a été séduit par une lectrice pour qui il a écrit La petite fille qui aimait trop les allumettes. Tandis que Sophie interrogeait Louise Portal, la ministre Pauline Marois et son mari, Claude Blanchet, ainsi que les autres, Cupidon l’a ensorcelée. Son livre, elle le dédie au nouvel homme de sa vie, le journaliste Richard Martineau.

Les mirages d’Internet

Internet est entré dans nos vies il y a 10 ans. Depuis, les experts en nouvelle économie ne se comptent plus. « Aucun n’a vu venir la bulle boursière et les faillites », dit le journaliste Pascal Lapointe, à l’issue de sa réflexion sur les retombées de cette invention. Si trop de gens sont déçus, c’est que les erreurs de jugement se sont multipliées. À son avis, les pires dérapages s’expliquent par l’enthousiasme démesuré des usagers qui ont cru à tout ce que les gourous improvisés et pas toujours désintéressés racontaient. « On l’a vu lorsqu’ils ont annoncé qu’Internet allait révolutionner l’économie: tout le monde a investi dans l’informatique. » Dans Utopie.net (MultiMondes), il blâme aussi les journalistes qui ont véhiculé des faussetés. « Et je dis aux usagers d’être sceptiques, comme on l’est devant un vendeur de voitures d’occasion. »

Condamné à l’exil

Prix Nobel de littérature, V.S. Naipaul renoue, dans La moitié d’une vie (Plon), avec un thème qui lui est cher: la quête de l’identité qui conduit à l’exil la personne qui en fait le centre de sa vie. Rejetant l’univers intégriste de son père, un brahmane qui a épousé une femme de basse extraction, Willie Chandron tente d’échapper à son héritage de sang-mêlé, qui l’enferme dans une prison intérieure. Il n’a qu’une envie, fuir l’Inde. À Londres, il essaiera de se forger une nouvelle identité. Il sera écrivain, tout en découvrant les plaisirs de la chair. Mais son illusoire paradis londonien n’accueille pas facilement les peaux foncées comme la sienne. « Mon temps achève ici », dit-il à Ana, une Portugaise qui l’entraîne alors dans son paradis à elle, l’Afrique coloniale. Willie s’enfuit une nouvelle fois, condamné, semble-t-il, à l’exil permanent.

Claude Ryan le prolifique

Dix-sept ans dans l’Action catholique, 15 années de journalisme, 3 000 articles, 16 ans de vie politique. Pour saisir la pensée de Claude Ryan, Olivier Marcil a étudié ses éditoriaux publiés dans Le Devoir portant sur le nationalisme, le libéralisme et le catholicisme. « Il existe peu d’analyses sur ce penseur, qui, dit-il, a eu une grande influence. » Dans La raison et l’équilibre (Varia), l’historien le voit comme un intellectuel déchiré entre ses convictions libérale et nationaliste. Ainsi, lors de l’adoption de la loi 101, le libéral s’est effacé devant le nationaliste pour approuver la francisation obligatoire des immigrants, en dépit de son credo concernant la primauté des droits individuels sur les droits collectifs. Permanent du Parti libéral, Olivier Marcil songe à écrire la biographie de Ryan. « Après les élections, car d’ici là, j’ai du pain sur la planche. »

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