Dans les airs avec Estelle

Théâtralité, humour et pertinence des thèmes marquent les spectacles de la chorégraphe Estelle Clareton. Pour S’envoler, elle dit avoir beaucoup regardé les oiseaux. Douze interprètes s’élancent.

Théâtralité, humour et pertinence des thèmes marquent les spectacles de la choré

Chorégraphe, danseuse et comédienne (dans Les hauts et les bas de Sophie Paquin, elle jouait Marie-Christine, la femme de Malik, atteinte d’un cancer, et on y croyait totalement!): pas étonnant que les spectacles d’Estelle Clareton soient empreints de théâtralité et ourlés d’humour. Avignonnaise arrivée au Québec à l’âge de 17 ans, elle a dansé pour les Ballets Jazz de Montréal, pour O Vertigo Danse et pour la Fondation Jean-Pierre Perreault, avant de lancer, en 1999, sa compagnie, Création Caféine, dont le nom ne ment pas; on garde les yeux grand ouverts pendant ses spectacles! En 2000, elle a coécrit avec Wajdi Mouawad, Ce n’est pas de la manière qu’on se l’imagine que Claude et Jacqueline se sont rencontrés, s’ins­pirant d’un deuil vécu par cha­cun d’eux – Cla­re­ton son père, Moua­wad sa mère. Elle jouait, il dansait et vice-versa, c’était beau à voir.

Champ d’intérêt de l’artiste: l’humain, dans ses parades et ses paradoxes. Ce qu’elle a à dire sur la vie, elle s’arrange pour que le public le perçoive. Pas d’hermétisme chez elle, mais de la fluidité quand d’autres sombrent dans un formalisme aussi brillant que vide. Si quelques-uns de ses spectacles ont été trop bavards (des danseurs qui parlent, fût-ce pour avancer des choses pertinentes, c’est rarement heureux), les plus récents embrassent davantage la danse. 

Pour S’envoler, où il est question du passage à l’âge adulte, entre autres thèmes, elle dit avoir observé le comportement des oiseaux. Douze interprètes lissent leurs ailes.

S’envoler, Agora de la danse, à Montréal, du 15 au 18 et du 23 au 25 sept., 514 525-1500.

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