David Jalbert – Variations Goldberg

Pour jouer les Goldberg comme il les joue, il faut être un maître. Jalbert, pendant 76 minutes et 54 secondes, démontre qu’il a tout compris.

Il faut être complètement fou pour s’attaquer à cette œuvre fétiche enregistrée des dizaines de fois par les plus grands claviéristes. Pour une maison de disques, mettre une autre version des Gold­berg sur le marché, c’est soit un acte de foi envers son artiste, soit l’amorce d’un suicide d’entreprise !

C’est la mort dans l’âme que j’ai mis l’hostie argentée dans le lecteur. J’ai été, et je reste, renversé !

Je garde ce sentiment que l’artiste a décidé de jouer son va-tout, de tout donner comme s’il jouait pour la dernière fois, de se rendre au bout de son talent et de réussir à la face du monde son rite de passage.

Pour jouer les Goldberg comme il les joue, il faut être un maître. Jalbert, pendant 76 minutes et 54 secondes, me démontre qu’il a tout compris : la rhétorique du discours, la finesse des ornements, la gestion des voix, les gradations dynamiques, la variété des attaques et la palette des couleurs… Je répète : tout y est.

Honnêtement, quand je souhaiterai écouter ce total chef-d’œuvre, c’est cet enregistrement miraculeux que je sortirai. Il respire la santé et reflète la plénitude qu’atteint ici ce pianiste. À compter d’aujourd’hui, il faut ajouter le nom de David Jalbert au panthéon de nos grands interprètes.

BACH / VARIATIONS GOLDBERG. David Jalbert, piano. CD, ATMA, ACD2 2557.

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Je possède les deux enregistrements des «Variations Goldberg» faits par Glenn Gould, mais je dois avouer que les quelques minutes que je viens d’entendre m’ont agréablement surpris et que je vais me procurer cette nouvelle version des «Variations». Merci de me l’avoir fait découvrir.