« Des femmes » sous influence

Comme ça, les comédiens de Des femmes, la trilogie de Sophocle façon Wajdi Mouawad, n’accorderont pas d’entrevues à la presse. On dit qu’il s’agit d’une décision prise de conserve par les artistes et artisans du spectacle, au sein desquels figure comme de bien entendu l’auteur et metteur en scène, grand défenseur de la liberté d’expression et du droit du public à l’information, si ça se trouve.

M’accusera-t-on de mauvaise foi si je soupçonne Gourou Mouawad d’avoir soufflé à la troupe la consigne du silence ? Le méchant public québécois a brimé la liberté du créateur en forçant le retrait de Bertrand Cantat de sa distribution, alors « qu’est-ce qu’on pourrait bien faire pour lui remettre la monnaie de sa pièce ? » L’empêcher de connaître l’ascendant qu’a exercé Cantat sur certains membres de l’équipe ?

Des espions au goût sûr qui ont vu, en Europe, des représentations dans lesquelles le chanteur tenait le rôle du coryphée affirment qu’il constituait l’un des aimants du spectacle, par ailleurs diversement accueilli. Je ne reviendrai pas sur le fait que Cantat a purgé sa peine, qu’on lui a accordé le droit de réintégrer la société et que c’est en tant qu’artiste qu’il sait le faire. Je dis seulement qu’en écoutant Chœurs, l’album musical tiré du spectacle, j’ai été emporté par sa voix hantée par les fantômes. On ne l’entendra pas à Montréal.

Reste Sophocle, reste Mouawad. Et une certaine arrogance.

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Celui que vous ne verrez pas dans Des femmes :



Des femmes (Les Trachiniennes / Antigone / Électre), Théâtre français du Centre national des Arts, à Ottawa, du 25 au 29 avril, 613 755-1111 ; Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, du 4 mai au 6 juin, 514 866-8668 ; Pavillon de la Jeunesse (ExpoCité), à Québec, dans le cadre du Carrefour international de théâtre, le 10 juin (une seule date, mais le cycle complet), 418 529-1996.

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