Des lectures emballantes pour Noël

Trouver un livre sous le sapin, c’est toujours un bonheur. Notre chroniqueuse Julie Roy puise dans ses coups de cœur de l’année 2021 afin de vous suggérer des choix sûrs pour les cadeaux de dernière minute. 

Crédit du hero: Images sources Getty Images et D.R. / Montage L’actualité


Pour l’amie qui installe ses lumières de Noël le 1er novembre

Noël à Kingscroft, par Mylène Gilbert-Dumas

Ce livre de moins de 200 pages a tout d’une lecture du temps des Fêtes : sympathique, douce et réconfortante. Clarisse est à la tête d’un clan de six filles, dont quatre vivent toujours sous son toit, dans un hameau des Cantons-de-l’Est. Lorsque le réfugié syrien Rahib fait son apparition dans le coin, le cœur de Clarisse s’ébroue. Mais c’est la pandémie, et fêter Noël ne sera pas simple cette année. Surtout quand Raymond, le grand-papa, a bien l’intention de se rebeller ! (VLB éditeur, 176 p.)

Pour la sœur au grand cœur

Le petit astronaute, par Jean-Paul Eid

En passant devant l’appartement où elle a grandi, Juliette s’aperçoit qu’il est en visite libre. Elle en profite pour plonger dans ses souvenirs d’enfance avec Tom, son petit frère atteint de paralysie cérébrale. Cette histoire très émouvante est racontée avec beaucoup de réalisme, autant du point de vue de Juliette que de celui de ses parents. Ode aux parcours lumineux des enfants différents, ce livre touche en plein cœur (et fait même verser quelques larmes). (La Pastèque, 156 p.)

Pour l’amateur de polars

Meurtres avec vue, par Thomas King

Ce premier titre d’une série de cinq polars est solidement ancré dans la réalité des Premières Nations. Au cœur de l’histoire : Thumps DreadfulWater, ancien policier devenu photographe. On l’appelle tout de même en renfort lorsqu’un cadavre est trouvé dans un complexe immobilier-casino situé en territoire autochtone. Le roman aborde des enjeux sociaux sans cynisme, mais avec l’humour et le réalisme de la plume de cet auteur d’ascendance cherokee. Savoureux ! (Traduction de Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Alire, 347 p.)

Pour celle qui dévore les longues histoires

Un pont entre nos vérités, par Vania Jimenez

Cette brique, qui a assurément demandé un travail d’orfèvre à son autrice, raconte à la fois l’histoire de Clara et celle de sa mère, Marie-Louise Chamelian, une Arménienne arrivée à Montréal à 18 ans pour devenir médecin. Lorsque celle-ci perd la vie dans un accident de voiture, sa fille retrouve des boîtes de carnets qui font connaître la jeune Marie-Louise, mais aussi ses ancêtres ayant vécu au Caire. Entre les carnets de Marie-Louise et les notes de Clara, on remonte le fil de ce dialogue avec plaisir, tant les détails y sont foisonnants et précis. Une lecture de longue haleine qui vaut pleinement le détour. (Druide, 696 p.)

Pour celui qui est friand de littérature québécoise

225 milligrammes de moi, par Marie-Sissi Labrèche

Dans ce roman personnel, Marie-Sissi Labrèche dévoile comment sa santé mentale a parfois été mise à rude épreuve. Que ce soit lorsqu’elle souffre d’intimidation, enfant, ou quand, plus tard, ses relations amoureuses vibrent au ton de ses colères, elle offre un éclairage cru sur ses embûches. On la suit dans sa vie de banlieue, où la maman et conjointe se réfugie dans l’écriture. Malgré le propos, quel bonheur de retrouver cette autrice qui a un rare talent pour se raconter sans évoquer la pitié, parfois même avec une touche subtile d’autodérision. (Leméac, 120 p.)

Pour l’amoureuse des animaux

La source et le roseau, par Jean-François Beauchemin

Si vous cherchez une lecture apaisante, ce récit est pour vous. Jean-François Beauchemin y raconte son amitié avec Camus, son inséparable compagnon canin, un golden retriever à l’âme philosophique. Entre les balades en pleine nature et les séances d’écriture, on suit un auteur qui réfléchit à la vie, à l’absence des disparus, au bonheur quotidien d’une amitié tricotée serrée. Un texte magnifique qui porte à méditer sur la beauté de l’existence, en dépit de ses imperfections. (Druide, 136 p.)

Pour la tante à l’imagination débordante

Une odeur d’avalanche, par Charles Quimper

Campé dans le quartier ouvrier de Saint-Sauveur, à Québec, ce roman a une douceur qui réchauffe le cœur. Alors que des inondations, des séismes et même une pluie de grenouilles s’abattent sur le secteur, on y découvre aussi de curieuses amitiés, de farouches conflits et de grandioses histoires d’amour. Ce livre très court déborde de petites ruelles narratives où l’on croise des personnages attachants, dont King Kong, un chien qui s’enflamme littéralement. Au fil du roman, on a même droit à quelques chroniques intitulées « La pie de Saint-Sauveur », qui décrivent la faune — humaine et aviaire ! — du quartier avec brio. (Alto, 162 p.)

À moi de moi

Femme forêt, par Anaïs Barbeau-Lavalette

Les livres où la pandémie se fraie un chemin sont déjà bien présents, mais c’est assurément dans celui-ci qu’on trouve les textes les plus lumineux. L’autrice de La femme qui fuit raconte le quotidien de deux familles parties s’enfermer dans une maison centenaire, à l’orée d’une forêt. On renoue avec la nature et les souvenirs dissimulés en rencontrant les voisins de ce rang éparpillé. La belle folie des enfants — et parfois leur grande sagesse — étonne et ravit. À la fois cru et tendre, c’est un texte qui accroche le cœur. (Marchand de feuilles, 294 p.)

Pour le cousin pince-sans-rire qui aime réfléchir

La seule chose qui intéresse tout le monde, par François Blais

2098. Un agent suédois est chargé de déterminer le degré d’humanité d’une premika, un modèle d’androïde doté d’une intelligence beaucoup plus élevée que la nôtre, conçu pour un milliardaire installé en Mauricie. Dans ce livre où se côtoient la philosophie et la science-fiction, François Blais est de retour avec son humour grinçant, mais il nous offre surtout une réflexion d’une étonnante acuité sur ce que nous réserve l’avenir. (L’instant même, 174 p.)

Pour tous ceux qui recherchent les ovnis littéraires 

La nouvelle collection « Ectoplasme »

La maison d’édition Alto innove encore une fois, en nous proposant des histoires de peur pour souligner le solstice d’hiver, comme le veut une tradition anglo-saxonne. La cuvée 2021 contient deux titres d’autrices de la maison, Martine Desjardins (Le revenant de Rigaud) et Heather O’Neill (Tu redeviendras poussière, traduction de Dominique Fortier), dont les récits glacent le sang, chacune à leur manière. Ces petits bijoux tirés à 700 exemplaires numérotés sont dotés de reliures cousues à la main et ornés de couvertures sérigraphiées qui brillent dans le noir. Faites vite ! (Alto, 30 p. et 38 p.)

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