Dexter, saison 6: le meurtre lui va si bien

Peut-on assister à la mise à mort d’un individu et s’en réjouir? Se délecter du travail minutieux d’un tueur en série sans éprouver la moindre culpabilité? Voilà le dilemme moral que pose l’excellente série américaine Dexter, dont la sixième saison vient de sortir en DVD.

https://www.youtube.com/watch?v=i9XOzVXRCe8

Dexter pousse à son paroxysme un concept mis de l’avant il y a belle lurette par Robin des Bois : le crime comme réparation à une injustice. Sauf que Dexter, employé de la police de Miami, ne vole pas aux riches pour donner aux pauvres. Il assassine, en suivant un rituel réglé au quart de tour, les tueurs en série qui sont passés à travers les mailles du système judiciaire. Le résultat est étonnamment agréable.

Cette sixième saison met en vedette un inquiétant professeur et son disciple qui sont convaincus que la fin du monde est à nos portes. Pour mettre en garde la population, ils sacrifient des prostituées en s’inspirant de chapitres du livre de l’Apocalypse. Les enquêteurs de la police de Miami nagent en plein mystère. Pas Dexter. Il retrouve les «tueurs du Jugement dernier», comme les médias les ont surnommés, puis met en branle son plan pour débarrasser définitivement la ville de ces meurtriers.

Évidemment tout ne sera pas simple, les embûches s’accumuleront. Après tout, il faut tenir les téléspectateurs en haleine, ce que les scénaristes de cette série passionnante font fort bien. Dexter réussira-t-il à appliquer sa propre justice? Sera-t-il démasqué par ses collègues policiers qui, de saison en saison, trouvent ses comportements de plus en plus bizarres? Car Dexter a beau travailler pour la police de jour, il reste un meurtrier en série une fois la nuit tombée. Et à chaque nouvel épisode, l’étau se resserre autour de lui. Immanquablement, il se place dans des situations critiques, où il passe à un cheveu de se faire prendre.

Dexter est interprété par Michael C. Hall, qui tient ici un rôle à mille lieues de l’homosexuel qu’il incarnait dans la série Six Feet Under. Son jeu tout en retenue, presque aux limites de l’implosion, lui a valu une avalanche de prix d’interprétation au cours des six dernières années. Il rend à merveille cet être oppressé, hanté par un passé douloureux et incapable de ressentir la moindre émotion. Parfaitement capable, donc, de tuer de sang-froid.

Ce sixième opus fait davantage appel aux effets spéciaux spectaculaires. Cela confère à l’ensemble une facture plus classique de films d’horreur ou de suspense, à la limite du cliché. Voilà qui tranche avec les saisons précédentes, où le scénario était élaboré avec davantage de finesse et faisait une plus large place à l’esprit tourmenté et inquiétant du personnage principal.

Mais comme on connaît déjà très bien les ficelles et les rouages de cette série unique en son genre, on pardonne plus facilement les faiblesses et les exagérations qui ponctuent le scénario.

En revanche, pour ceux qui auraient envie de plonger dans l’univers de Dexter, un conseil : commencez par la saison 1.

 

Laisser un commentaire