Diplomate de la francophonie

Quand on élargit la définition de francophone, le village d’Astérix devient soudain plus grand. Et plus fort.

Photo : Louise Bilodeau
Photo : Louise Bilodeau

Trente-trois millions: c’est le nombre de francophones sur le continent, selon Michel Robitaille, directeur du tout jeune Centre de la francophonie des Amériques, situé à Québec.

Cette statistique, qui étonne la plupart des Québécois, amalgame les 10 millions de francophones de langue maternelle et les 2 millions de Canadiens, les 11 millions d’Américains et les 10 millions de Latinos et d’Antillais dits « francophiles » – qui n’ont pas le français comme langue maternelle, mais qui le parlent bien. « Pour assurer la pérennité du français en Amérique, il faut les intégrer dans notre vision et nos actions », explique Michel Robitaille, 56 ans, diplomate de carrière, aujourd’hui à la tête de cet organisme parapublic financé par le gouvernement du Québec.

Le Centre vise à tisser des liens entre tous ces francophones. Depuis sa fondation, en 2008, il a notamment financé la création d’un club de poètes slam à Kuujjuaq, la publication du premier livre de poésie franco-louisianaise pour les écoles, des ateliers d’initiation au journalisme en Colombie-Britannique, tout cela dans le cadre d’un concours de jeunes francophones. Il a également organisé le Forum des jeunes ambassadeurs de la franco­phonie des Amériques, qui a réuni 50 participants de 18 à 35 ans. Plus du tiers d’entre eux n’avaient pas le français comme langue maternelle.

On sous-estime souvent la densité des réseaux existants. Ainsi, on recense 900 associations francophones et francophiles en Amérique. Cela va du Cercle des parents francophiles, à Ottawa (23 000 membres), à l’Association américaine des professeurs de français, à Chicago (10 000 membres), en passant par le Comité des associations françaises de New York (54 associations membres).

« Cela nous montre que nos marchés sont peut-être plus larges qu’on le croit », dit Michel Venne, directeur de l’Institut du Nouveau Monde, qui a animé les activités du Forum. « Mais surtout, ajoute-t-il, cela montre que notre langue n’a pas un avenir aussi sombre qu’on le dit, qu’elle a un pouvoir d’attraction très fort, que nous ne sommes pas seuls. »

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