DROIT DE RÉPONSE / Sunny et le franglais ; Ducharme dans le champ

L’auteur-compositeur-interprète Sunny Duval, également réalisateur, chroniqueur et guitariste des Breastfeeders, réagit à une Parenthèse [que vous pourrez lire plus bas] parue dans L’actualité du 15 septembre 2010.

« Cher monsieur Ducharme,
Suite à votre article me mentionnant dans L’actualité, je tiens à vous remercier, pour la publicité, mais surtout pour le rire. J’ai tellement ri en vous lisant! On m’avait prévenu que j’allais être en colère, mais finalement, pas du tout.
Vous avez visé la mauvaise personne, vous avez pas idée!
Ma chanson « En retard got to go » est un hommage ludique au Franglais, cette langue parlée par plusieurs Montréalais, et je la chante en duo avec mon amie Felicity Hamer, que j’adore.
Cette langue fait partie de notre réalité (que voulez-vous), tel un langage créole Montréalais, mais sachez tout d’abord que je ne l’utilise pas, pas plus que je n’utilise de mots anglophones en parlant. Alors aucun « fun », « nice », « toaster » chez nous, et surtout, surtout, sachez que je suis sans doute la seule personne du milieu musical Québécois à ne pas dire « show », « drum », ou « soundcheck ».
Mes amis et connaissances ont été choqués en vous lisant, choqués d’avoir tellement choisi la mauvaise cible pour illustrer votre point, et de ne pas avoir plutôt visé mille autres auteurs des quarante dernières années de chanson Québécoise qui utilisent l’anglais à tort et à travers.
Mais bon, on ne se connaît pas du tout, alors c’est normal que vous soyez dans le champ.
Vous avez une bien belle épée, monsieur Ducharme, mais vous avez donné un splendide coup dans l’eau.
Merci de nous divertir!
François Sunny Duval »

PARENTHÈSE

Il chante in French

Ça commence à bien faire. Que des francophones chantent en anglais — la langue d’Internet —, on comprend ; qu’il y ait des incrustations d’anglais dans des chansons francophones, passe encore, c’est la réalité de la rue. Mais le sautillement frénétique du français à l’anglais, abâtardissant une langue autant que l’autre, incommode l’oreille et périme la chanson dès la première écoute.

On coiffera donc du bonnet d’âne Sunny Duval, auteur, chroniqueur, guitariste des Breastfeeders, pour « En retard got to go », extrait de son nouvel album, Sein noir Sein blanc, dont les paroles vont ainsi : « I have to leave maintenant / I don’t know comment / I have to steal un camion / A bus, un avion / Nothing to say, j’veux m’en aller / Outta my way. » On écharpe Sunny (qui se prénomme François, d’ailleurs), mais bien des artistes pratiquent le même vice : la chanson « franglaise », qui est à la poésie ce que le hamburger est à la gastronomie.

On ne demande pas aux chanteurs de défendre la langue française, mais de ne pas lui nuire, au moins. On attend d’une chanson un minimum de musique dans la phrase, un brin d’altitude, un peu de mystère. Qu’est-ce qu’une chanson sans soin ? Un texto ! Retour à Duval : « Don’t mess autour de moi / Saying n’importe quoi / Let go mon épaule / You’re not even drôle. » Même pas drôle, tu l’as dit, Sunny !

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«On coiffera donc du bonnet d’âne Sunny Duval». Voilà, c’est fait je pense bien. Bravo! Il est en piste pour faire la chanson/jingle de la prochaine campagne électorale de Ti Pet…

eh vlan dans les dents!
c’est sur que c’est facile de taper sur quelqu’un mais il faut quand même s’assurer que la personne sur qui on tape soit pas trop musclé, du moins un peu moins que toi! hahahahahah

Un peu en retard dans mes lectures… Et que dire d’un de nos plus grands défenseurs de la langue française (Gilles Vigneault, pour ne pas le nommer)qui chantait, dans les années 70 :

I went to the market, mon p’tit panier sous mon bras
The first girl I met was la fille d’un avocat…