En visite chez les Halák

Son père est garagiste. Sa mère, directrice de cafétéria. Et leur fils Jaroslav Halák ne parle jamais de hockey à la maison ! Incursion dans la famille du gardien-vedette.

En visite chez les Halák
Photo : Tomas Halasz

À quatre ans, Jaroslav Halák (photographié chez ses grands-parents dans la campagne slovaque) disait déjà vouloir devenir gardien de but. « Mais il commettait des fautes de syntaxe – il disait par exemple brankaristicky hokejista au lieu de hokejovy brankar, soit « hockeyeur de gardien de but » au lieu de « gardien de but de hockey » -, ce qui faisait rire toute la famille », raconte sa mère, Jarmila. 

Halák avait deux ans quand il a appris à patiner sur cet étang, à l’aide de lames attachées à ses bottes d’hiver. En arrière-plan, l’immeuble où il a grandi, dans Petržalka, le quartier le plus densément peuplé d’Europe centrale. Érigé près des rives du Danube sous le régime communiste, ce quartier est surnommé « jungle de béton » par ses résidants.

Jaroslav Halák père et sa femme, Jarmila, observent nerveusement un match de demi-finale entre le Canadien et les Flyers de Philadelphie. « Je ne manque pas une seule partie, même les soirs de semaine », dit Jaroslav père. À l’heure slovaque, les matchs débutent à 1 h du matin. Le paternel fait une sieste en soirée pour arriver en forme le lendemain au garage où il travaille. 

Jarmila Halák est généralement trop anxieuse pour regarder les parties de son fils, diffusées à la télé ou sur Internet.

Jaroslav père et l’enfant de son fils aîné, Roman, photographiés dans la chambre où a grandi le gardien du Tricolore. Derrière eux, sur les tablettes et dans la bibliothèque, trônent divers trophées, médailles et souvenirs de hockey, dont la rondelle du tout premier match de Halák avec le Canadien de Montréal, en 2007.

Depuis la fenêtre de la chambre d’enfance de Halák, on peut apercevoir les montagnes de l’Autriche, à quelques kilomètres. 

Milan Sitár, le tout premier entraîneur de Halák au club Ruzinov, dans le quartier ouvrier du même nom. « Je l’ai vu jouer au hockey-balle dans la rue et je l’ai invité à faire un essai sur la patinoire, raconte Sitár. Je lui ai lancé cinq rondelles et j’ai tout de suite remarqué ses réflexes. »

Halák photographié avec son équipe du Ruzinov. « Ce n’est pas le genre à accepter d’être deuxième ou troisième gardien, dit l’entraîneur Milan Sitár (au centre). Il a une mentalité de bouledogue. » Avis à Carey Price…

Le soccer est très populaire auprès des jeunes de Petržalka. Le hockey, lui, vit des heures plus difficiles. À l’époque communiste, l’État subventionnait ce sport. Or, beaucoup de familles n’ont plus les moyens d’offrir à leurs enfants le coûteux équipement. Combien de Halák, de Chára (Bruins de Boston), de Gaborik (Rangers de New York) ou de Hossa (Blackhawks de Chicago) le pays pourra-t-il continuer à produire dans ces circonstances ?

Ján Filc, vice-président de la Fédération slovaque de hockey et entraîneur de l’équipe nationale aux derniers Jeux olympiques. Il aimerait que les autorités profitent de la tenue du Championnat du monde de hockey, l’an prochain à Bratislava, pour investir dans les infrastructures sportives du pays, en déliquescence depuis la fin du régime communiste. La Slovaquie ne compte que quelques dizaines d’arénas, souvent dans un piètre état.

Le fameux château de Bratislava, qui surplombe la vieille ville et le Danube. Construit à l’époque médiévale, incendié en 1811 puis reconstruit de 1956 à 1968, il a notamment servi de résidence aux derniers rois de Hongrie. C’est l’un des grands symboles du pays. On le retrouve sur certaines pièces d’euro slovaques.

Une des rues piétonnières du centre historique de Bratislava.

Le Nový Most, ou pont neuf, relie la vieille ville au quartier de Petržalka, où habitent toujours les parents de Jaroslav Halák. Les résidants de Bratislava le surnomment l’« ovni » en raison de la structure en forme de soucoupe volante qui abrite un restaurant.

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