Entretien avec Nadine Bismuth

Après s’être consacrée à l’écriture de scénarios durant plusieurs années, l’auteure nous offre un nouveau roman.

Photo : Julie Perreault

« Neuf ans sans elle, c’est long », m’ont confié plusieurs inconditionnels de l’écrivaine Nadine Bismuth en apprenant qu’elle revenait enfin avec un nouveau roman, Un lien familial. Humble, la principale intéressée peine à le croire. Et pourtant, elle n’a pas fini de se faire parler de Magalie et Guillaume, les deux narrateurs de cette histoire hypermoderne. Retrouvailles.

Qu’est-ce qui vous a fait revenir au roman après vous être consacrée presque exclusivement à l’écriture de scénarios ces dernières années ?

Pour cette histoire, j’avais envie d’un contact avec un lectorat, de ce type d’intimité là. Je voulais que les émotions se traduisent par des mots plutôt que par les images de la télé.

Il est encore question d’amour et de désamour, mais cette fois, la parentalité s’ajoute à votre univers.

Je souhaitais qu’il y ait une continuité avec ce que j’ai écrit avant. La voix qui ouvre ce roman aurait pu s’être échappée du précédent, Êtes-vous mariée à un psychopathe ? Cette fois, des enfants occupent une place, ce qui implique que les relations amoureuses ne peuvent plus être vécues comme avant leur arrivée. Bien qu’ils enrichissent la vie, ils la complexifient aussi. On ne peut plus faire les choses avec la même légèreté.

D’où est venue l’idée de faire alterner le récit entre deux points de vue, celui d’une femme et celui d’un homme ?

Je voulais que ce soit un roman d’amour, certes, mais il me semblait important que le quotidien et les questionnements des deux soient mis en avant : d’un côté, il y a ce récit d’une solitude au masculin, de l’autre, celui d’un désenchantement au féminin… Les deux personnages sont en quête d’une connexion, mais c’est un rendez-vous manqué.

Autre choix intrigant : l’histoire est racontée au présent, et non au passé. Qu’est-ce que ça apporte ?

J’ai fait quelques recherches sur les romans écrits au présent et je suis tombée sur une théorie selon laquelle, dans ce type d’œuvre, il y a une espèce de « déresponsabilisation narrative ». C’est à ce moment que j’ai compris pourquoi mes deux personnages n’étaient pas capables de se raconter autrement qu’au présent : ils ont tant de responsabilités dans leur quotidien (les enfants, le boulot, leur vie amoureuse chaotique, etc.) qu’il devenait impossible de leur refiler, en plus, la responsabilité de leur récit.

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