Éric Goulet, l’homme qui chante

Auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste, réalisateur de disques, ami du genre humain, Éric Goulet participe, dans son incarnation de Monsieur Mono, à Coup de cœur francophone le 5 novembre, et lance, sous sa véritable identité, un premier album country, en magasins le 8 novembre.

ÉRIC GOULET a la pêche. Dieu sait qu’on l’a connu plus sombre. En 2005, sous le pseudonyme de Monsieur Mono, il faisait paraître, inspiré par une peine d’amour, Pleurer la mer morte, un album âpre, vallonné, beau à crever. Ragaillardi, c’est sous sa véritable identité que le leader du groupe rock Les Chiens lance Volume 1, un disque résolument country.

Auteur-compositeur-interprète, multi-instrumentiste, réalisateur de disques, ami du genre humain, Éric Goulet participe, dans son incarnation de Monsieur Mono, à Coup de cœur francophone le 5 novembre, et lance, sous sa véritable identité, un premier album country, en magasins le 8 novembre.

ÉRIC GOULET a la pêche. Dieu sait qu’on l’a connu plus sombre. En 2005, sous le pseudonyme de Monsieur Mono, il faisait paraître, inspiré par une peine d’amour, Pleurer la mer morte, un album âpre, vallonné, beau à crever. Ragaillardi, c’est sous sa véritable identité que le leader du groupe rock Les Chiens lance Volume 1, un disque résolument country.

Après la vogue des duos déferle la vague du country. Vous avez décidé de vendre des disques ?

J’ai toujours essayé de vendre des disques ! Si je n’ai pas réussi tant que ça jusqu’à maintenant, la faute en est moins imputable à mon répertoire dit « alternatif » qu’à des causes externes : une mai­son de disques qui déclare faillite, un agent qui fait mal son boulot.

Si on m’accuse d’opportunisme, cette fois, je m’en fous, car ça fait plus de 10 ans que je baigne dans le country par chanteurs interposés [il écrit pour Renée Martel, s’est produit avec WD-40 et Pilgrim]. Je me sens parfaitement sincère et légitime dans cette entreprise.


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Pourquoi avoir attendu tout ce temps avant d’assumer votre « coming out country » ?

Il fallait que les planètes soient alignées. Je devais faire un album avec Les Chiens, mais c’était impossible d’accorder nos agendas. Comme je ne voulais pas passer l’été oisif, j’ai accepté le défi que m’a lancé en boutade Éric Blanchard, des Disques Nomade, à Québec : « Ça serait bien que quelqu’un fasse un vrai bon disque country ! » Dans l’autobus qui me ramenait à Montréal, j’ai écrit une « toune ». J’ai fait 19 maquettes en deux semaines, bouclé le disque en moins de trois jours, enregistré les voix en trois heures. Disons que j’étais mûr.

En écoutant l’album, on a l’impression d’avoir déjà entendu vos chansons, pourtant originales.

C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire. Cela veut dire que l’imprégnation a marché, que mes chansons n’ont pas l’air d’être des intruses au milieu de celles que je reprends : « Souviens-toi de moi », de Paul Brunelle, ou « Quand nos cœurs seront unis », de Georges Hamel, par exemple.

Est-ce le fait de ne pas avoir d’image précise auprès du public qui vous a permis de tenir 25 ans dans le métier ?

J’ai eu la chance, si on peut dire, de ne jamais avoir de succès populaire. Ce qui m’a laissé la liberté de faire ce que je voulais.

Rock, ballade, country : quelle sera votre prochaine aventure ? Le bal musette ?

J’aime me surprendre, être infidèle à moi-même, mais je ne veux pas aller vers quelque chose d’affecté. Je souhaite avoir une continuité et une cohérence, mais en même temps explorer mes ressources, dire chaque fois les choses de manière différente, mais sans esbroufe ni juste pour la virtuosité.

Photo : Jocelyn Michel

Vous réalisez des albums d’artistes d’horizons divers (Vincent Vallières, Yann Perreau, WD-40). Pourquoi viennent-ils vers vous ?

Parce que je ne leur vole pas le show et que je suis ouvert à tous les sons : du trad acoustique à l’électronique.

Quel artiste écoutez-vous présentement ?

King Creosote, un chanteur folk écossais. Ça pourrait ressembler à du Monsieur Mono. Mais lui, il chante en s’il vous plaît !

C’est une autocritique ?

J’ai trouvé la formule pour être en paix avec moi-même : je dis que je suis un homme qui chante, comme ça sort, avec mon cœur. Je ne chante pas faux, mais je vais toujours préférer être vrai sur l’émotion que vrai sur la note.

Monsieur Mono seul au piano (25e Coup de cœur francophone), Bistro In Vivo, à Montréal, le 5 nov., 514 223-8116 ; lancements-spectacles de Volume 1, O Patro Vys, à Montréal, les 16 et 17 nov., 514 845-3855.