États-Unis : quand le privé entre à la bibliothèque

La Ville de Santa Clarita, en Californie, a trouvé un moyen pour économiser un million de dollars chaque année : elle a confié la gestion de ses trois bibliothèques municipales à l’entreprise privée.

États-Unis : quand le privé entre à la bibliothèque
Photo : J. Kourkounis/AP/PC

Pour réaliser ces économies, la société Library Systems & Ser­vices, qui administre 63 bibliothèques municipales aux États-Unis, n’y est pas allée de main morte. Elle a éliminé la totalité des postes syndiqués, tout en augmentant les heures d’ouverture et le budget d’acquisition de livres.

Germain Belzile, chercheur à l’Institut économique de Montréal, considère que les municipalités québécoises auraient tout à gagner à tenter l’expérience. « Ça me semble un modèle très positif, dans la mesure où il permet des économies substantielles tout en maintenant le même niveau de service », dit cet économiste. Au Québec, les bibliothèques municipales représentent des dépenses annuelles de 219 millions de dollars, dont 127 millions sont alloués à la rémunération et aux avantages sociaux.

La solution californienne ne convainc pas Suzanne Payette, présidente de l’association Les Bibliothèques publiques du Québec. « Les bibliothèques privées coûtent peut-être moins cher, mais je crains que le mandat d’accès à l’information et à la culture, qui est au centre de la mission d’une bibliothèque publique, ne soit délaissé. »