Fans, mais radins ?

L’écoute de musique en flux (ou en streaming) sur un site ou une application mobile n’est pas encore très populaire au Canada…

Thom Yorke a retiré tous les disques de son groupe, Radiohead, des sites de streaming. Photo : Newspix / Rex Features / La Presse Canadienne
Thom Yorke a retiré tous les disques de ses projets en parallèle de Radiohead, dont son album solo et celui du groupe Atoms for Peace, des sites de streaming. Photo : Newspix / Rex Features / La Presse Canadienne

L’écoute de musique en flux (ou en streaming) sur un site ou une application mobile n’est pas encore très populaire au Canada, notamment parce que les principaux acteurs, dont le suédois Spotify, n’y sont pas encore présents. Ailleurs dans le monde, on y voit l’avenir inéluctable de la musique.

Cet avenir a toutefois été remis en question récemment par deux grands noms : Thom Yorke, chanteur de Radiohead, et son complice, le producteur Nigel Godrich, qui ont retiré leurs albums des plateformes d’écoute en flux. Ils dénoncent ce modèle, où les nouveaux artistes n’ont « rien à gagner ».

La part versée par le site de streaming à l’artiste dépend du contrat de celui-ci avec sa maison de disques, mais une constante semble claire : on parle de fractions de cent par écoute.

Ainsi, malgré un million de lectures de la chanson « Low » sur la radio en ligne américaine Pandora, le chanteur de Cracker, David Lowery, explique, relevés à l’appui, n’avoir reçu que 16,89 $. Pour 6 000 écoutes sur Spotify, le groupe Galaxie 500 n’a touché que 1,05 $.

D’après les chiffres obtenus ici et là, on sait qu’un artiste peut s’attendre à recevoir en moyenne de 0,004 $ à 0,01 $ par lecture, selon le service de musique en flux. On est loin des sommes qu’auraient reçues ces musiciens si leurs chansons avaient été téléchargées (généralement autour de 0,07 $ par achat sur iTunes).

Selon les partisans du streaming, cependant, un million d’écoutes ne peuvent pas, et ne doivent pas, être comparées à un million de téléchargements. Ce sont deux façons bien différentes de consommer la musique. Daniel Ek, fondateur de Spotify, avance même que le passage au streaming est inévitable et que les artistes devraient chercher à maximiser le nombre d’écoutes plutôt que de se soustraire à cette technologie.

Les musiciens ne font pas fortune, mais les entreprises qui offrent des services de streaming non plus. Les investisseurs entrevoient des revenus à long terme, mais pour l’instant, ce n’est pas rentable. Spotify dit remettre 70 % de ses revenus — publicités et abonnements — aux titulaires des droits des musiques diffusées. Or, selon un récent sondage, 84 % des Britanniques trouvent que l’abonnement de 15 $ par mois à Spotify, qui leur donne accès à presque toute la musique du monde, c’est trop cher. Il est peut-être là, au fond, le problème des artistes : les consommateurs sont un peu radins.

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Jean-François Laferté,
Terrebonne