Festival TransAmériques : « En Atendant » que ça passe…

De la chorégraphe belge flamande Anne Teresa De Keersmaeker,  j’avais beaucoup aimé le solo Once, dansé par elle-même sur des chansons de Joan Baez (Usine C, en 2005). Figure mondiale de la danse contemporaine, hissée au rang de prêtresse depuis la mort de Pina Bausch, elle s’amène à Montréal avec sa compagnie Rosas et un diptyque : En Atendant et Cesena, dont on a présenté le premier volet hier soir. Avec, en direct, l’ensemble Cour et Cœur (flûte à bec, vièle et chant), servant des polyphonies médiévales.

J’imagine la grâce que pouvait dégager En Atendant (orthographe médiévale) lorsque la pièce fut présentée à Avignon en 2010, dans la lumière naturelle du jour déclinant et sur la terre battue du Cloître des Célestins, magnifique théâtre à ciel ouvert. Sur la scène d’Usine C, où l’on est évidemment obligé de composer avec la lumière artificielle, il manque la terre, il manque le vent, il manque le chant des grillons. Dépouillé jusqu’à une certaine ostentation, vrillé de mouvements d’ensemble et de solos inspirants (l’un, ébouriffant, de Bostjan Antoncic), traversé de belles images de corps agglutinés, le spectacle, où l’on voit beaucoup, beaucoup, déambuler les interprètes, se regarder et se languir, a usé ma patience, mais pas celle de mes voisins de siège qui semblaient en méditation. Dans ce travail sur la condition et le crépuscule des êtres, j’ai vu plus d’affectation que de véritable réflexion.

Le premier commentaire entendu à la sortie du spectacle : « En Atendant, c’est pendant les premières trente minutes = En attendant que ça commence ; puis, durant l’heure suivante = En attendant que ça finisse ! » J’ai ri, je m’en confesse.

En Atendant, encore à l’affiche ce soir à Usine C. Cesena, le deuxième volet du diptyque de la chorégraphe (et de Björn Schmelzer), est présenté au Théâtre Maisonneuve (Place des Arts), les 1er et 2 juin,  514 842-2112.

Voir programmation du Festival TransAmériques.

 

 

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