Films hollywoodiens : le secret est dans la sauce

Par paresse créative — ou par intérêt purement financier… —, les superproductions américaines finissent souvent par toutes se ressembler. Existe-t-il donc une «recette du film» à Hollywood ? 

transformers
Transformers

Une impression de déjà-vu : c’est, avouons-le, ce qui se dégage bien souvent du cinéma hollywoodien. Cette sensation vaguement familière de voir, film après film, une structure narrative pratiquement identique : la scène d’ouverture, l’exposition du thème, le catalyseur qui déclenche l’action, la fausse victoire, le moment où tout semble perdu, la finale… (Bâillements.)
Culture

Pour certains, les ficelles du marketing commencent à paraître un peu trop. Tellement que RedLetterMedia, une entreprise de production gérée par des cinéastes indépendants, s’est amusée — dans le contexte de la sortie du quatrième volet de Transformersà regarder simultanément les trois premiers films de la série.

Son verdict ? L’action, comme l’arrivée des personnages et les scènes d’explosion, survient pratiquement aux mêmes moments, particulièrement dans les deux premiers opus. Parfois même à la minute près !

Existe-t-il donc une recette du film hollywoodien ? Si Michael Bay, le réalisateur derrière la série Transformers, a vraisemblablement trouvé la sienne, d’autres montrent du doigt une formule de scénario bien précise qui s’est imposée à Hollywood à partir de 2005, c’est à-dire au moment de la sortie du manuel d’écriture scénaristique Save the Cat !

Le livre aurait fait de son auteur, Blake Snyder (décédé en 2009), une véritable rock star dans la ville des rêves. Et son procédé semble avoir pris le contrôle du grand écran.

Dans un article publié sur la version en ligne du magazine Slate, Peter Suderman, rédacteur en chef du magazine américain Reason (et critique de cinéma pour le Washington Times), écrit :

«Intentionnellement ou pas, [le guide] est devenu une recette — une formule qui menace le monde de l’écriture scénaristique originale tel que nous le connaissons. […] Au lieu d’une vue d’ensemble de la façon dont un scénario se tient, il décomposait la structure en trois actes en un “descriptif des points forts” détaillé, soit les 15 événements pivots indispensables à l’histoire, puis attribuait à chacun d’entre eux un nom et un numéro de page. Sachant que chaque page d’un scénario correspond normalement à une minute de film, cela faisait du guide de Snyder une recette d’écriture de film, minute par minute.»

Pour étayer sa thèse, le journaliste décortique plusieurs longs-métrages, dont Escouade gangster, mettant en vedette Josh Brolin et Ryan Gosling. Le film mafieux contiendrait tous les éléments du manuel de Snyder :

– L’exposition du thème à la cinquième minute
– Un catalyseur qui fait démarrer l’histoire au milieu du premier acte
– Une fusillade à mi-parcours
– Le moment de désespoir à la 80e minute
– L’acte final

Le scénario se répète pour Jack le chasseur de géants et Oz le magnifique, ou encore Monstres, Inc., qui auraient eux aussi une feuille de route similaire.

L’avantage d’une telle stratégie ? Garantir le succès d’un film, sans surprise. «Les principaux studios s’appuient de plus en plus sur un petit nombre de blockbusters à mégabudgets pour réaliser leurs bénéfices. Mais gros budget est synonyme de gros risque, et le seul moyen de [limiter] ces risques est de se cantonner dans les idées qui ont fait leurs preuves», écrit Suderman, qui conclut aussi qu’elle est la recette idéale pour brimer la créativité et peut-être même «tuer le cinéma».

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie

3 commentaires
Les commentaires sont fermés.

Je ne vois pas en quoi ces films catastrophes, conçus pour les ados attardés, tueraient le cinéma car, ce n’est pas à mon avis ce qu’on pourrait appeler de l’art cinématographique!

Serge B. a écrit exactement ce que j’en pense moi-même.
Cependant, si ça ne tuera pas le cinéma, il reste que de plus en plus je regarde un film de ma collection de plus de 3,000 films sur vidéos et dvds de plus en plus souvent, car rien, rien d’intéressant m’est proposé, sur Super Écran ou même en location. J’ai beau me forcer un peu, tout me semble simplet. Tout me semble dépourvu de véritables intérêts. Je décroche souvent après les 5, 10 premières minutes. Si je suis encore là après 30 minutes il y a des chance que j’y reste jusqu’à la fin.
Sur la « télé régulière » j’ai cessé de me faire des ampoules à sauter les commerciaux.
Depuis les deux dernières années j’ai de la difficulté à trouver 1 film par mois qui valait le temps pour le regarder.
Je remet sérieusement en question mon abonnement télé qui comprend trop d’insignifiance, de reprises des reprises des reprises et reprises encore sur plus d’une chaîne.

Les films que vous nommez ne sont que les Big Mac de l’art. Pour les gros et gras qui ne se posent pas trop de question sur le sens à donner sur le gros lard qui supporte leur tête vide sur le divan sur lequel ils visionnent des images complètement inutiles.
Du divertissement en canne, dont seul l’étiquette change.
Trop souvent reproduisant ce à quoi les jeux vidéos les ont habitué, sans aucun doute pour ne pas trop les dépayser!

C’est monsieur Guzzo qui doit être content!
Ce sont des sauces qui apportent des entrées avec un gros coke et un gros pop corn pour le même prix qu’un bon repas au restaurant.

Hollywood a toujours été là d’abord et avant tout pour faire des films qui rapportent.
Mais la clientèle même moins instruite était plus exigeante pour une bonne partie.
En 2014, au cinéma comme ailleurs, à partir du moment que quelqu’un à payé son billet, il en sortira qu’avec de bonnes critiques, heureux d’avoir passer du bon temps. N’attendez pas trop à ce que la majorité puisse vous dire pourquoi, car ils ne le savent pas eux-mêmes!
Ce n’est pas pour rien qu’après chaque représentation au théâtre tout le monde se lève et applaudit en faisant des bravos ici comme la. Et quand se sera très, mais très très bon, voir exceptionnel pour l’exprimer que pourront-ils faire? Arracher les fauteuils et les lancer sur les acteurs? Bravo, bravo, tiens toué voila mon fauteuil?

Transformer le film? Faites-moi rigoler!

Au cas ou les trois lecteurs de ce blogue et surtout de mes commentaires se poseraient la question, je précise que je ne vais plus dans les salles de cinéma.
1- Il y fait trop froid l’été.
2- Il y fait trop froid l’hiver.
3- Les fauteuils même les plus récents ont été fait pour satisfaire ceux qui préfèrent se coucher à s’asseoir.
4- Il y a trop de clients qui communiquent entre eux avec leurs cellulaires pendant les projections. Clic, ding, et quoi d’autres…sans compter ceux qui se parlent.