Florence autour du globe

À l’âge de neuf ans, Florence K a vécu quelques mois en Suisse. Sa mère, la colorée soprano Natalie Choquette, y avait posé ses bagages durant une tournée européenne. C’est là, dans une petite école nichée au centre d’un décor de carte postale, qu’elle a connu ce qu’elle appelle son premier choc culturel.

Photo © Stéphane Najman
Photo © Stéphane Najman

« Quand on a su que je venais de Mont­réal, se souvient l’auteure-compositrice-interprète, tout le monde s’est mis à m’interroger sur… la ville souterraine ! J’ai même dû faire un exposé sur le sujet, alors que j’avais très peu de choses à dire là-dessus. Je me rappelle avoir commencé en racontant que ma mère m’y emme­nait pour m’ache­ter des leggings, chez Au Coton… Passionnant, hein ? »

Si elle en rit aujourd’hui, l’épisode l’avait réellement troublée. « Ça m’a fait réfléchir à la perception qu’on peut avoir d’une autre culture. Il est facile de verser dans le superficiel, les idées reçues. S’ouvrir à une culture différente, pour moi, ça veut d’abord dire se mettre à l’écoute de ceux qui la portent, de ce qu’ils ont à en dire. »

Pas étonnant qu’une relation aussi forte se soit établie entre Florence K et le Mondial des cultures de Drummondville, dont la 33e présentation aura lieu du 3 au 13 juillet et dont elle sera la porte-parole pour une sixième année consécutive. « C’est un fes­tival qui rassemble tout ce que j’aime, dit-elle : la fête, la musi­que, le métissage, la famille et les activités en plein air ! Et puis le Mondial a ceci de particulier que les artistes y restent en général pour toute la durée du festival, pas que pour leur prestation. Ça fait qu’il y a un réel échange, des collaborations spontanées. »

Florence K, dont l’album I’m Leaving You, paru en octobre dernier, s’est hissé au deuxième rang des ventes au Québec, promet d’ailleurs que son spectacle du 10 juillet, sur la scène principale, fera place à des métissages nés de ses rencontres des jours précédents.

Le beau côté des choses

Alors que le Québec vient de traverser une période de turbulences identitaires, donner rendez-vous au monde pourrait bien mettre un baume sur des plaies encore sensibles. « Le Mondial 2014 a une couleur particulière, évidemment. Devant certains discours plus méfiants à l’endroit des étrangers, des croisements culturels, le festival vient rappeler à quel point le métissage, c’est d’abord quelque chose de beau. Sur ces questions d’intégration, d’immigration, on a souvent tendance à s’attarder au côté ardu, aux motifs de discorde. » Sans nier les difficultés que représente parfois cette intégration, sans nier la nécessité d’y réfléchir posé­ment, Florence K souligne à quel point cette grande fête « valorise d’abord le beau côté des choses, la richesse d’une rencontre avec l’autre et ses différences ».

De ce côté, le dépaysement est garanti : hormis plusieurs représentants du folklore québécois, on attend à Drummondville des troupes de danseurs, de chanteurs et de musiciens de neuf pays, dont l’Autriche, la Croatie, la Colombie, le Brésil et Taïwan.

Le tour du monde n’a jamais été aussi abordable.