FrancoFolies : le rappeur Orelsan, de « Sale pute » au « Chant des sirènes »

Du rappeur français Orelsan, je me souvenais de la polémique soulevée en 2009 par une chanson idiote, intitulée « Sale pute » (toujours en circulation sur YouTube) qui, même au second degré où l’artiste nous enjoignait de monter pour en saisir la moelle ironique, demeurait stupide. Je me souvenais aussi d’une ligne encore plus débile, extraite de « Saint-Valentin », chanson de son premier album Perdu d’avance, qui allait comme suit : « (Mais ferme ta gueule) ou tu vas t’faire marie-trintigner ». Certains fans ont défendu l’indéfendable en jurant que les rappeurs américains profanaient des insanités bien pires. C’est un concours, peut-être ?

Mais il ne faut pas réduire Orelsan à ce manque de jugement. Le chant des sirènes, son deuxième disque paru en 2011, prouve qu’on a affaire à un gars réfléchi et affûté qui pose un regard lucide sur la société et se démarque des suiveux du rap qui cherchent plus à faire du fric que du sens. À même pas 30 ans, Aurélien Cotentin écrit comme plusieurs ne le sauront jamais. Il est aujourd’hui plus engagé que bêtement provocant. Reste que le rap, ici entrelacé de slam, ce n’est pas de la chansonnette avec des cœurs qui flottent dans les airs, il faut que ça tsunamise la bien-pensance, sinon à quoi bon ? Écoutez « Plus rien ne m’étonne » pour vous en convaincre :

 

Orelsan (avec Koriass), au Club Soda, le 16 juin, 514 286 -1010.

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