Frédéric Lambert : « Éponyme (fake-fiction) » et moutarde de Dijon

Éponyme (fake-fiction), Usine C, à Montréal, du 15 au 17 avr., 514 521-4493.

[Photo : Jocelyn MichelAltiste du Quatuor à cordes Molinari depuis 2007, actif au sein de Morpheus, quatuor avec piano, d’OktoÉcho, ensemble de musique arabe, et de Druzkovka, aux airs multiethniques, Lambert ne s’arrête pas en si bon chemin : il se produit avec l’OSM, Les Violons du Roy, la Société de musique contemporaine du Québec, mais aussi avec les Bran Van 3000, Pierre Lapointe, Éric Lapointe, etc. « Je suis une bibitte dans la musique classique. J’ai besoin de folie qui me permette de m’évader de cet univers codé, dans lequel je me sens pourtant à l’aise. » S’il ne répugne pas au complet-cravate sur scène, il bricole lui-même ses t-shirts. « Les gens ne vont pas voter, mais m’insultent dans la rue parce que j’affiche ma haine de la moutarde. J’adore quand ça réagit. »

De longues études musicales ont mené Frédéric Lambert à un doctorat en interprétation de l’Université McGill. Sujet de sa thèse : L’influence de la viole d’amour sur le développement de l’alto moderne tel que proposé par Paul Hindemith. Cela sonne sérieux ? Vous ne connaissez pas le garçon de 30 ans : prolixe, électrique, 15 idées à la fois. Sa devise : s’ouvrir à des mondes inconnus.

Altiste du Quatuor à cordes Molinari depuis 2007, actif au sein de Morpheus, quatuor avec piano, d’OktoÉcho, ensemble de musique arabe, et de Druzkovka, aux airs multiethniques, Lambert ne s’arrête pas en si bon chemin : il se produit avec l’OSM, Les Violons du Roy, la Société de musique contemporaine du Québec, mais aussi avec les Bran Van 3000, Pierre Lapointe, Éric Lapointe, etc. « Je suis une bibitte dans la musique classique. J’ai besoin de folie qui me permette de m’évader de cet univers codé, dans lequel je me sens pourtant à l’aise. » S’il ne répugne pas au complet-cravate sur scène, il bricole lui-même ses t-shirts. « Les gens ne vont pas voter, mais m’insultent dans la rue parce que j’affiche ma haine de la moutarde. J’adore quand ça réagit. »

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Ça devrait réagir au P.I.Q.U.A.N.T. — acronyme de « Projet indisciplinaire québécois utilisant les arts nécessaires à son travail » —, troupe qu’il a cofondée en 2009. Éponyme (fake-fiction), la première production, de retour en avril, mélange des artistes d’horizons divers, du théâtre au cirque, et défie chacun de changer de discipline. Il joue donc, chante, danse. « J’aime l’inconfort, déjouer la norme, déstabiliser le spectateur. N’est-ce pas la définition d’une expérience artistique ? »

C’est tout de même à l’alto qu’il s’exprime le mieux. Il s’exerce à son instrument six heures par jour, enseigne la musique de chambre à l’Université McGill et l’alto au cégep et à l’Université de Sherbrooke. « Ma copine a autant la bougeotte que moi [elle danse pour Dave St-Pierre], donc pas de projet d’enfant avant deux ans. » Dans ses temps libres (!), il concocte pour les universités un programme de cours qui mélange musiques pop, voire hip-hop, et classique.  Il jure qu’il y aura de la demande.

On n’est même pas surpris quand il se proclame fana de musique traditionnelle québécoise. « Je suis né à Joliette, aussi bien dire dans le berceau de La Bottine Souriante, qui a imposé mon cousin, l’harmoniciste et accordéoniste Yves Lambert. »

Frédéric dit avec l’assurance de celui qui lit dans l’avenir : « D’ici les 10 prochaines années, je réunirai toutes mes passions dans un spectacle solo. Quand je me lance dans quelque chose, ça marche, c’est obligé. » La victoire appartient à celui qui n’envisage pas l’échec !

Éponyme (fake-fiction), Usine C, à Montréal, du 15 au 17 avr., 514 521-4493.

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