FTA – « Hot Pepper… » : le monde du travail à la sauce nipponne

Hot Pepper, Air Conditioner, and The Farewell Speech, Festival TransAmériques, Cinquième Salle de la Place des Arts, à Montréal, les 3 et 4 juin, 514 844-3822, 1 866 984-3822.

Hot Pepper, Air Conditioner, and The Farewell Speech : trois courtes pièces du metteur en scène et écrivain tokyote Toshiki Okada, « metteur en situation ultra-post-moderne et animateur d’espaces urbains/anonymes », directeur artistique de la compagnie chelfitsch.

LES CINQ PREMIÈRES MINUTES, on se dit qu’on ne va pas rester, et puis on reste, vaguement ennuyé, mais en même temps scotché. Dans un décor minimaliste, des employés de bureau répètent des choses infiniment banales en les ponctuant de gestes, décalés de la parole. Entre ce qui se dit et ce qui est physiquement exprimé, il semble y avoir un océan. Et pourtant.

Hot Pepper, Air Conditioner, and The Farewell Speech : trois courtes pièces du metteur en scène et écrivain tokyote Toshiki Okada, « metteur en situation ultra-post-moderne et animateur d’espaces urbains/anonymes », directeur artistique de la compagnie chelfitsch.

Photo : Toru Yokota

LES CINQ PREMIÈRES MINUTES, on se dit qu’on ne va pas rester, et puis on reste, vaguement ennuyé, mais en même temps scotché. Dans un décor minimaliste, des employés de bureau répètent des choses infiniment banales en les ponctuant de gestes, décalés de la parole. Entre ce qui se dit et ce qui est physiquement exprimé, il semble y avoir un océan. Et pourtant.

On n’a pas souvent l’occasion à Montréal de voir du théâtre japonais contemporain, à mille lieues du nô et du kabuki. L’auteur metteur en scène Toshiki Okada place ses trois piécettes dans le monde du travail et pointe la société japonaise qui, exigeant la loyauté absolue de ses travailleurs, n’hésite pas à les sacrifier sur l’autel du marché et du profit. Sur ce motif, pas nécessaire d’être Nippon pour s’y reconnaître.

Hot Pepper : trois intérimaires cherchent un restaurant pour fêter le départ d’Erika, une collègue qui vient d’être remerciée.

Air Conditioner : deux salariés se plaignent que la climatisation a été fixée à 23 degrés et qu’ils gèlent !

The Farewell Speech nous fait entendre le discours – pour le moins absurde – d’Erika, l’employée licenciée.

L’auteur dit avoir écrit son triptyque en argot – et on doit le croire sur parole car, évidemment, les surtitres français n’arrivent pas à traduire les couleurs de ce parler de la rue. Mais cette distance « ajoutée » ne nous éloigne pas du mal-être qui agite les personnages, saturés par une trame sonore omniprésente, composée de musique de John Cage et de partitions électronique et jazzy. Lorsque la musique se tait, le silence s’en trouve comme incommodé et on ressent encore plus fort les désillusions et le désarroi d’une jeunesse face au monde qu’on leur a promis.

Les six comédiens, très à leur affaire, livrent une prestation sans lyrisme et sans émotion ; on les dirait plus bougés par une mécanique très codée du mouvement que délivrant eux-mêmes une gestuelle. Cela requiert un travail sans faille.

Bref, un spectacle radical, agaçant et hypnotique.

Hot Pepper, Air Conditioner, and The Farewell Speech, Festival TransAmériques, Cinquième Salle de la Place des Arts, à Montréal, les 3 et 4 juin, 514 844-3822, 1 866 984-3822.

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