FTA – « L’enclos de l’éléphant » : qui est vu verra !

L’enclos de l’éléphant, Festival TransAmériques, Espace Libre, à Montréal, les 5, 6, 7 et 8 juin, 514 844-3822, 1 866 984-3822.

UN HOMME s’introduit chez un médecin sous prétexte qu’il va pleuvoir et qu’il n’a pas de parapluie. Il s’incruste, vénéneux, envahissant et volubile. Qui est-il ? Que veut-il ? En tout cas, il fait monter la tension dans un jeu de manipulation qui ne laisse ni l’un ni l’hôte, ni même le spectateur, sauf.

On a beaucoup (trop) parlé du dispositif scénique qui distribue, autour de l’aire de jeu, le public dans des petites cabines individuelles – en fait une chaise posée entre deux caches latérales –, équipées d’une microcaméra et d’un mini-écran, ainsi que d’un haut-parleur, qui permet de saisir la moindre nuance vocale des comédiens sonorisés.

Une fois qu’on s’est amusé à repérer – en général à deux sièges de sa place – le spectateur qu’on voit sur son écran et qu’on a veillé à ne pas mettre les doigts dans son nez pour ne pas dégoûter celui chez qui on pénètre, le spectacle commence et on oublie – du moins si on reste concentré sur le récit et les comédiens – une configuration qui, pour certains, relèvera plus du gadget ou du pléonasme, que de l’utilité. 

UN HOMME s’introduit chez un médecin sous prétexte qu’il va pleuvoir et qu’il n’a pas de parapluie. Il s’incruste, vénéneux, envahissant et volubile. Qui est-il ? Que veut-il ? En tout cas, il fait monter la tension dans un jeu de manipulation qui ne laisse ni l’un ni l’hôte, ni même le spectateur, sauf.

Photos : Alexis Chartrand

On a beaucoup (trop) parlé du dispositif scénique qui distribue, autour de l’aire de jeu, le public dans des petites cabines individuelles – en fait une chaise posée entre deux caches latérales –, équipées d’une microcaméra et d’un mini-écran, ainsi que d’un haut-parleur, qui permet de saisir la moindre nuance vocale des comédiens sonorisés.

Une fois qu’on s’est amusé à repérer – en général à deux sièges de sa place – le spectateur qu’on voit sur son écran et qu’on a veillé à ne pas mettre les doigts dans son nez pour ne pas dégoûter celui chez qui on pénètre, le spectacle commence et on oublie – du moins si on reste concentré sur le récit et les comédiens – une configuration qui, pour certains, relèvera plus du gadget ou du pléonasme, que de l’utilité. Était-il nécessaire de déployer cette panoplie pour que le spectateur s’interroge sur les notions de peur, d’insécurité et de responsabilité individuelle induites par la pièce ? Sans doute pas, mais le metteur en scène Sylvain Bélanger souhaite que chaque spectateur participe de la démonstration de l’obsession de la surveillance. En ce qui me concerne, sa mise en scène et sa direction d’acteurs m’ont davantage intéressé. Bélanger, à qui l’on doit les percutants Cette fille-là et La félicité, signe un duo-duel précis, acéré, ouvert. Les détails parlent, soyez attentifs : un caillou extirpé d’une chaussure, des pièces de monnaie qui tombent d’une poche de pantalon, le sang sur le journal, etc.

Virtuose de ce presque-monologue, Paul Ahmarani – dans une chemise trop peu discrète sous les projecteurs – est excellent d’ambiguïté, de perversité, de vulnérabilité. Quant à Denis Gravereaux, il a une présence, une qualité d’écoute et de réactivité extraordinaires.

Courte et pleine d’inconnues, la pièce d’Étienne Lepage, plus maîtrisée que la trop criarde Rouge gueule, révèle quel auteur il est en train de devenir.

L’enclos de l’éléphant, Festival TransAmériques, Espace Libre, à Montréal, les 5, 6, 7 et 8 juin, 514 844-3822, 1 866 984-3822.

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