Gabrielle Laïla Tittley expose 10 t-shirts inspirés de chansons (au bar Le Gymnase, à Montréal, le 21 novembre)

Photo : Jocelyn Michel
Photo : Jocelyn Michel

Née à Québec d’une mère palestinienne et d’un père franco-ontarien, grandie à Gatineau, Gabrielle Laïla Tittley rit comme quatre, parle à toute vitesse, saupoudre ses phrases de l’adverbe « définitivement ». « Je vise définitivement l’altitude, après être passée par tous les sous-sols possibles. » Comprendre par « sous-sols » : huit années rognées par des troubles alimentaires — anorexie, boulimie —, qui l’ont conduite à l’Institut Douglas, à Verdun. « Depuis mon rétablissement, je compte les journées sans sang, sans vomissements, sans paranoïa. » L’art comme thérapie, elle y croit. « J’ai craché le motton sur la toile. » Son style : cartoonesque, pop-trash, cristallisant l’ambiance de sa génération.

Peintre, illustratrice, affichiste, l’artiste de 25 ans s’exprime sur tous les supports : elle imagine pochettes et posters pour des groupes de musique alternative, crée des fonds d’écran pour iPhone, dessine des t-shirts, façonne de la pâte à modeler. Elle a co-illustré un recueil de nouvelles de Sarah Berthiaume, inventé une réclame pour une bataille d’oreillers, figuré le suicide de Cendrillon. On peut voir son travail protéiforme sur sa page Facebook (/ponyart) et sur son blogue : unebonnehandjob.blogspot.com. Elle puise son inspiration dans la musique, le monde animal, ses tornades émotives. « De 16 à 24 ans, j’ai vécu à moitié. Redevenue saine d’esprit, j’ai envie d’exploser à 100 %, en sachant que viendra le jour des compromis. » Si, jusqu’ici, elle a refusé des propositions d’agences de pub, elle a suivi, pour apprendre à gérer contrats et factures, une formation pour jeunes entrepreneurs. « Entre un Arabe qui vendait des autos usagées et une Haïtienne qui travaillait la noix de coco, aussi sincères que moi dans leur passion. »

Pour « débourgeoiser l’art visuel », elle investit, le 21 novembre, un bar (Le Gymnase, rue Saint-Denis, à Montréal) et y expose 10 t-shirts qu’elle aura illustrés à partir d’autant de chansons « qui m’ont fait du bien entre 2012 et maintenant » : « La journée qui s’en vient est flambant neuve », d’Avec pas d’casque, pour n’en nommer qu’une seule. Le beau de l’affaire, c’est que trois des groupes auxquels elle a emprunté une chanson — Crabe, Le monde dans le feu et Alaclair Ensemble — se produiront ce soir-là. Sur place (et déjà en ligne : lamourpasseatraverslelinge.bandcamp.com), on pourra se procurer la compilation des chansons pour cinq dollars et applaudir l’initiative de Gabrielle de verser la recette à l’ANEB (Anorexie et boulimie Québec).

« Je suis une grande amatrice d’amis. Jouer aux quilles, flâner dans un parc, boire du vin ou manger de la barbe à papa avec eux, ça me colmate le moral, me fait sentir vivante. » Définitivement.

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Une infime partie de la galerie de Gabrielle Laïla Tittley :

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