GAMIQ: Quand le rap et l’électro vont de soi

Au Gala de la musique indépendante, un groupe rap peut être élu Artiste de l’année et un groupe électro-pop remporter trois prix.

Milk & Bone
Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne de Milk & Bone

Culture

Dimanche soir à Montréal avait lieu la 10e édition du GAMIQ, le Gala alternatif de la musique indépendante du Québec, une cérémonie qui est à l’image de la scène qu’elle récompense : sérieuse mais sans paillettes, débrouillarde plus qu’aisée, et où la création prime sur tout.

La preuve en était probablement les nombreuses performances musicales qui ont ponctué la longue soirée qu’on pourrait surnommer «l’ADISQ de l’émergence». Près d’une quinzaine d’artistes ou formations ont montré leur talent à la foule rassemblée au Bain Mathieu, situé rue Ontario, dans l’est de la ville.

Le mélomane lambda comparera sûrement les résultats avec ceux de l’ADISQ pour voir où en sont les choses, qu’est-ce qui mijote dans la soupe de la «grande ligue», qu’est-ce qui alimente le feu sous la casserole. Ce qu’on constatait d’emblée au fil du GAMIQ, c’est à quel point le rap et les musiques à saveurs électroniques ne faisaient sourciller personne. C’est la réalité de l’époque, ce sont des sons assimilés, intégrés dans les listes d’écoute, des couleurs normales dans le paysage. En comparaison, au gala de l’ADISQ, la catégorie rap était cette année présentée au Premier gala, et non pas au gala principal. Quant à ceux qui basent leur création sur le synthétique et l’électronique, il n’existait tout simplement pas de Félix pour eux cette année.

Dimanche au GAMIQ, le prix de l’Artiste de l’année, ultime récompense, a été remis à… un groupe rap, le trio Loud Lary Ajust. Depuis des mois, la formation fait vibrer les 18-35 ans avec son disque Blue Volvo, qui propose des rythmes bien de son temps et des textes mélangeant le français et l’anglais.

Autre exemple: le duo électro-pop Milk & Bone, composé des chanteuses Camille Poliquin et Laurence Lafond-Beaulne, qui sont aussi au clavier et qui parent leurs mélodies de différents échantillons. Elles sont reparties avec pas moins de trois statuettes : Album pop de l’année (la pop a le dos large au GAMIQ), Révélation de l’année et Chanson de l’année, pour Coconut Water.

Le GAMIQ donne aussi deux (DEUX!) prix pour la musique dite électro. Un pour les mini-albums, et un autre pour les disques complets — c’est dire la vitalité de cette scène. C’est le groupe Le Couleur qui a remporté le premier trophée, et Pierre Kwenders le second.

Le prix du Spectacle de l’année? Remporté par le groupe rap Alaclair ensemble, dont un des membres, Robert Nelson (de son vrai nom Ogden Ridjanovic), animait la soirée. C’est aussi le projet de deux des membres d’Alaclair, Eman et Vlooper, qui a gagné l’Album rap de l’année.

Tout ça parce qu’on est en 2015, comme l’a dit Justin Trudeau? Soyons honnête, on aurait pu arriver à ce constat sous n’importe quel des mandats de Stephen Harper.

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