Grandeur nature

Elle est tout en hauteur (1,78 m), en santé, en conviction. Auteure-compositrice-interprète de folk, Émilie Clepper lançait, début 2008, Things May Come, un album plein de promesses, célébrant les grands espaces, la beauté et l’amour.

Photo : Jocelyn Michel

Le visage de la chanteuse n’apparaît pas sur la pochette. « Je ne fais pas de la musique pour être reconnue, mais pour être écoutée. » On n’y manque pas : la voix – un brin nasillarde – est si proche qu’on pourrait la toucher. « Je voulais donner l’impression qu’on jouait autour du feu. Certaines pièces ne reposent que sur la guitare et la voix. » Cela suffit pour faire une bonne chanson, disait Georges Brassens, qu’Émilie ne connaît peut-être pas, ses idoles s’appelant plutôt Dylan, Cohen, Paul Simon. Elle a du goût.

Son CD, elle l’a réalisé toute seule, sans l’appui d’une maison de disques. « Il est plus important pour moi de rester
authentique que de faire de la musique, même si la musique est la chose qui me fait le plus vibrer ces temps-ci. » Émilie veut prendre part à la vie : écouter le vent qui bruit dans les arbres, mettre les mains dans la terre. Elle a étudié l’horticulture, s’intéresse à la biodiversité, se verrait enseigner la permaculture dans un pays du tiers-monde. On ne s’étonnera pas qu’elle applaudisse l’initiative des Cowboys Fringants de planter des arbres pour compenser les émissions de gaz carbonique générées par les milliers de kilomètres de leurs tournées.

Écoutez la chanson « Time », avec l’aimable autorisation de l’artiste


Née à Québec d’une mère québécoise d’origine suisse et d’un père texan – Russell Clepper, auteur-compositeur-interprète de country-folk -, elle dénie les frontières, parle un français impeccable, chante en anglais. Dans la famille, trois frères la précèdent ; l’aîné, Jason, s’est suicidé il y a six ans. « Nés à la même date, mais à cinq ans d’intervalle, on était comme des jumeaux séparés par une faille dans le temps. » Ils chantaient ensemble ; elle a décidé de continuer seule en sa mémoire. Elle commence souvent son spectacle par une chanson, sobre et poignante, intitulée « Jason ». « La première fois que j’ai chanté en public, c’était avec mon père. J’avais 14 ans. Les gens, contents de m’entendre, venaient me remercier. Un des musiciens m’a dit : « Ne t’habitue jamais à ça. » »

Quand elle séjourne au Texas, Émilie accorde du temps à la Wildlife Rescue and Rehabilitation, qui recueille et soigne des animaux blessés ou abandonnés. « Faut pas s’arrêter d’être un être humain parce qu’on est un musicien. » Elle a 23 ans, une tête bien faite et un paquet de chansons parées pour un deuxième album.

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Maison de la culture de Trois-Rivières, le 22 oct., 819 380-9797; Boîte à chansons de L’Assomption, le 23 oct., 450 589-9198; Complexe Ex-Centris, à Montréal, le 4 nov., 514 847-0399; cabaret urbain Opéra, à Saguenay, le 25 nov., 418 549-3910; Théâtre Petit Champlain, à Québec, le 19 déc., 418 692-2631. 

http://www.emilieclepper.com

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