Gutierrez tire le portrait de Pierre Falardeau

falardeau

Il se la jouait bourru, il avait l’écorce tendre. Sous la grande gueule qu’on aurait aimé qu’il ferme de temps à autre, je n’arrivais pas à oublier le petit garçon qu’il avait été et que sa maman avait dû trouver mignon !

Pierre Falardeau (1946-2009) était  le client idéal des talk-shows : distrayant, mécréant, juste assez enragé pour secouer les carcasses. Son personnage public occultait l’artiste, l’écrivain et le réalisateur de films. Il y a eu le Falardeau des Elvis Gratton et le Falardeau du Temps des bouffons, du Party, d’Octobre et du 15 février 1839.

Malgré toutes les polémiques, les paroles de trop, il laisse une véritable œuvre d’auteur, une révolte non apaisée, une pensée et un discours, ainsi qu’un  engagement indéfectible pour l’indépendance du Québec.

Le réalisateur Germán Gutierrez et la productrice Carmen Garcia –  binôme à qui l’on doit les documentaires Qui a tiré sur mon frère ? et Voyage de Nadia – dessinent le portrait du franc-tireur que personne n’a encore remplacé.

Je n’ai pas vu le film et je me demande bien ce que peuvent y faire les Denise Bombardier, Céline Dion et Bernard Pivot au milieu des Manon Leriche (sa compagne), Luc Picard, Julien Poulin et autres acteurs de ses films, mais des Gutierrez/Garcia, j’avais beaucoup apprécié L’affaire Coca-Cola. Le réalisateur prévient : ni hagiographie ni règlement de comptes. Prometteur donc.

Pierre Falardeau, au Cinéma Beaubien, à Montréal, dès le 22 déc.