Herbie Hancock : parce que les temps changent…

HERBIE HANCOCK / IMAGINE PROJECT / Sony Music / Sony

HERBIE HANCOCK / IMAGINE PROJECT / Sony Music / Sony

Voilà un disque qui sera bien difficile à défendre. Parce que ceux qui vénèrent le pianiste le plus cool de son époque n’accepteront jamais que Hancock s’associe à des vedettes issues de la pop, tandis que les férus de Pink ou de Seal ne comprendront pas que le gourou fricote avec leurs idoles, tout en invitant des artistes africains pour chanter des œuvres de Lennon ou de Dylan. Pourtant, cet essai complète fort logiquement un superbe triptyque entamé avec le bouillonnant Possibilities, en 2005, et secondé par River: The Joni Letters, disque raffiné qui avait gagné le prix Grammy du meilleur album en 2008.

Ici, les relectures nous permettent d’écouter le monde tel qu’il est déjà : bigarré et métissé à souhait. Contrairement à l’album instrumental The New Standard, en 1997, dans lequel le créateur de Future Shock survolait Nirvana ou Sade sans vraiment les connaître, on retrouve ici de vraies grandes chansons avec un engagement profond de l’arrangeur visionnaire, en plus de solos dûment signés. Une distribution de rôles magistrale, où le metteur en scène et chasseur de têtes se retrouve avec la Brésilienne CéU, le rocker sudiste Derek Trucks et une véritable équipe de l’ONU pour transcender « The Times, They Are-a-Changin’ ».

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