Houellebecq et Despentes vus par Martine Desjardins

Lundi, Michel Houellebecq a été récompensé du prix Goncourt pour son roman La carte et le territoire, pendant que Virginie Despentes recevait le prix Renaudot pour Apocalypse bébé. Retrouvez les critiques de ces livres par Martine Desjardins ainsi qu’un extrait du nouveau Goncourt. 

 

Houellebecq et Despentes vus par Martine Desjardins
Photo : Thibault Camus/AP/PC

Lundi, Michel Houellebecq a été récompensé du prix Goncourt pour son roman La carte et le territoire, pendant que Virginie Despentes recevait le prix Renaudot pour Apocalypse bébé. Retrouvez les critiques de ces livres par Martine Desjardins ainsi qu’un extrait du nouveau Goncourt. 

 

Un goût de terroir

Avec l’épuisement des ressources naturelles, la délocali­sation des emplois et le déclin de l’industrie manufacturière, les pays occidentaux devront-ils bientôt compter sur le tourisme pour assurer leur survie ? On comprend pourquoi cette question touche l’écrivain français Michel Houellebecq : sa patrie est, depuis 20 ans, la première destination touristique au monde – très loin devant l’Espagne et les États-Unis. Son nouveau roman, La carte et le territoire, observe de près comment le libéralisme redessine la géographie « en fonction des attentes de la clientèle ».

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La carte et le territoire

Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d’enthousiasme. Assis en face de lui sur un canapé de cuir blanc partiellement recouvert de soieries, un peu tassé sur lui-même, Damien Hirst semblait sur le point d’émettre une objection ; son visage était rougeaud, morose. Tous deux étaient vêtus d’un costume noir – celui de Koons, à fines rayures – d’une chemise blanche et d’une cravate noire. Entre les deux hommes, sur la table basse, était posée une corbeille de fruits confits à laquelle ni l’un ni l’autre ne prêtait aucune attention ; Hirst buvait une Budweiser Light.

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Hors du radar

Ceux qui reprochent à Virginie Despentes d’être une adolescente attardée trouveront probablement ici de quoi renforcer leur opinion : Apocalypse bébé est une diatribe assassine contre les adultes. Égoïstes, négligents, frustrés, manipulateurs, lâches, fourbes, les protecteurs de Valentine sont tout sauf des modèles, et leur vie n’est qu’une série de capitulations. « Les enfants d’aujourd’hui ont de bonnes raisons d’être en colère », estime l’auteure, qui crie leur détresse avec une fervente conviction. Il faut saluer son roman non seulement pour son rythme implacable, mais aussi parce qu’il expose avec un certain pessimisme le péril menaçant les générations montantes : la technologie, qui est leur principal refuge, les rend particulièrement vulnérables à la sur­veillance et à la répression.

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ET AUSSI

Victor-Lévy Beaulieu, qui était l’un des trois finalistes du prix Décembre pour son roman Bibi, n’a pas été récompensé. Mais il a fait une entrée remarquée dans le cercle littéraire français.

 

VLB raconté aux Français

Pour marquer la sortie de Bibi chez Grasset, la prestigieuse maison d’édition française a dépêché des journalistes européens à Trois-Pistoles. Ravi, Victor-Lévy Beaulieu leur a fait un gonebitch de bon accueil.
« C’est un véritable pèlerinage de venir jusqu’à vous, monsieur Beaulieu ! » Journaliste littéraire au Figaro, Thierry Clermont lance cette phrase comme un cri du cœur à l’adresse de l’écrivain, assis à ses côtés à la terrasse de l’Hôtel Trois-Pistoles, dans le Bas-du-Fleuve.

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