L’auteur derrière les Pays-d’en-Haut

Gilles Desjardins déleste ce qui, selon lui, à l’époque, relevait de commandes adressées à l’écrivain des Belles histoires par l’omnipotent clergé catholique. Explications.

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Gilles Desjardins (Photo: Rachel Côté pour L’actualité)

Il ne faut pas avoir froid aux yeux pour s’attaquer à ce monument de la culture populaire québécoise que sont Les belles histoires des Pays-d’en-Haut. Non seulement Gilles Desjardins, auteur de la nouvelle mouture qu’en présente ICI Radio-Canada Télé, a eu cette audace, mais il est allé jusqu’à actualiser le propos de Claude-Henri Grignon (1894-1976) et à le délester de ce qui, selon lui, à l’époque, relevait moins de l’inspiration que de commandes adressées à l’écrivain par l’omnipotent clergé catholique. Explications.

Comment avez-vous réagi quand on vous a sollicité pour l’écriture de cette série ?

Comme tout le monde a d’abord réagi devant ce projet : avec un scepticisme absolu ! En fait, quand le producteur François Rozon m’a contacté, j’ai d’abord refusé. Je venais de boucler Musée Éden, une série que j’ai écrite un peu en réaction aux Belles histoires des Pays-d’en-Haut, justement, moi qui ai grandi en ville et qui m’intéresse plus naturellement à l’autrefois des villes qu’à celui de la campagne.

Qu’est-ce qui vous a fait changer d’idée ?

La vie m’a joué un tour. Après avoir refusé cette offre, j’ai attrapé une très mauvaise grippe et, pendant ma convalescence, en flânant devant la télé, sur quoi suis-je tombé ? Eh oui, sur une rediffusion des Belles histoires… Je me suis laissé prendre, cette fois, et j’y ai soudain vu quelque chose que je n’y avais pas vu jusque-là : un vrai western !

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Maxime Le Flaguais (Alexis) et Sarah-Jeanne Labrosse (Donalda) dans la version revisitée des Belles histoires des Pays-d’en-Haut. (Photo: Bertrand Calmeau)

Un western ?

Oui ! D’une part, on a Séraphin, propriétaire terrien, qui veut avoir la mainmise sur tout, jusqu’à l’accès à l’eau ; d’autre part, on a Alexis, qui est en quelque sorte le bon cowboy. Tous les codes du western y sont, et j’ai peu à peu établi un parallèle entre la conquête de l’Ouest, aux États-Unis, et ce qu’on pourrait appeler, dans notre histoire, la conquête du Nord. Cette approche soulevait chez moi une question bien précise : pourquoi est-ce que chez nos voisins du Sud les pionniers sont des héros, alors qu’ici, ce sont des colons, des incultes ? François Rozon, qui est tenace, m’a rappelé peu après, et à la lumière de cette nouvelle lecture que j’avais faite de la série, j’ai plongé.

Comment avez-vous composé avec le propos très catholique de Claude-Henri Grignon, dont on pourrait croire qu’il paraît moins juste aujourd’hui ?

Grignon était un auteur extraordinairement talentueux, mais en effet, il a souvent utilisé ce talent pour faire la promotion des idées de l’Église. Cela dit, j’en suis arrivé à penser que ses convictions religieuses n’étaient pas aussi profondes qu’on le croit. Je suis un auteur moi-même, je perçois des choses : en lisant le texte d’origine, je discerne des personnages d’une vérité formidable, puis d’autres qui, selon moi, correspondent à des commandes, ni plus ni moins. Donalda en est un bel exemple.

Que voulez-vous dire ?

Écoutez, j’ai vu de mes yeux des lettres adressées à Claude-Henri Grignon par le cardinal Léger, où ce dernier lui rappelle combien il est important que Donalda représente un modèle pour les Canadiennes françaises ! Grignon, qui à l’époque s’intéressait aux débuts du féminisme, à certaines idées progressistes, quoi qu’on en pense, et qui voyait venir la Révolution tranquille, s’est plié à cette exigence et a dessiné ce personnage un peu faux, à mon sens. Donalda est l’incarnation de la femme confinée au foyer, soumise à son mari, jusqu’à la caricature.

Vous avez donc dépoussiéré ce personnage ?

En quelque sorte. Grignon, même si on le dit misogyne, dépeint les femmes de façon extraordinaire, très juste. Il les comprend, il sait montrer à quel point elles peuvent sembler accepter leur sort tout en gardant, discrètement, une emprise sur le cours des choses. Or, je ne sens pas cette vérité chez Donalda, pas du tout.

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Le téléroman des Belles histoires des Pays-d’en-haut, diffusé de 1956 à 1970. (Photo: André Lecoz)

Parlez-nous de Grignon lui-même, de sa trajectoire professionnelle.

Il y a un bout de son histoire qui est assez peu connu, mais qui est révélateur. Jeune, il a quitté sa campagne natale et est arrivé à Montréal en rêvant d’une gloire littéraire, mais ça s’est mal passé. Non seulement il n’a pas connu le succès, mais il s’est retrouvé mêlé à une histoire de vol, il a même fait de la prison ! Après cette « arrivée en ville » catastrophique, qui a fait de lui un paria, il a rebroussé chemin et est retourné à la campagne. Ma théorie, c’est que ç’a suscité en lui une haine de la vie urbaine et qu’il a alors décidé de raconter la vie rurale telle qu’il l’observait. Ça n’empêche pas qu’il ait éprouvé un amour véritable pour Sainte-Adèle et ses habitants, mais son attention aux réalités rurales vient entre autres de son antipathie pour la ville !

Cette déconvenue expliquerait qu’il ait été prêt à faire des compromis, plus tard, pour obtenir la reconnaissance ?

Il est clair pour moi qu’il a œuvré à l’intérieur d’un carcan, qu’il s’est autocensuré, même si l’essentiel est demeuré, soit l’idée de raconter son coin de pays. Honnêtement, j’ai moins le sentiment de le trahir que de lui rendre justice. Mais je tiens à dire que Grignon a, sous d’autres aspects, été avant-gardiste. Il est le premier à avoir imposé la langue québécoise, par exemple, à une époque où on ne jurait, au théâtre et à la télé, que par le français « international ». Grignon a préparé le terrain à un Michel Tremblay à cet égard.

*

La belle histoire des Belles histoires

Après avoir signé de nombreux pamphlets et articles, quelques essais et un premier roman (Le secret de Lindbergh), Claude-Henri Grignon publie en 1933 Un homme et son péché, qui fera sa fortune et sera l’objet de plusieurs adaptations. De ce roman qui a pour toile de fond la colonisation des Laurentides, à la fin du XIXe siècle, on a d’abord tiré un radioroman, diffusé de 1939 à 1962 à la radio de Radio-Canada, puis, sous le titre Les belles histoires des Pays-d’en-Haut, les 479 épisodes (418 en noir et blanc et 61 en couleur) d’un téléroman qui, de 1956 à 1970, va devenir un rendez-vous télévisuel incontournable. Donalda Laloge, interprétée par Andrée Champagne, et Séraphin Poudrier, qu’incarne avec bagou Jean-Pierre Masson, sont au cœur de cette histoire où il est question du pouvoir de l’argent, des amours impossibles et de la place de la religion dans la société canadienne-française. On y suivra plusieurs dizaines de personnages, certains venant du monde réel, dont le curé Antoine Labelle, le journaliste Arthur Buies et Honoré Mercier, neuvième premier ministre du Québec.

Les commentaires sont fermés.

L’exode américain des canadiens-français est le grand tabou de l’Histoire du Québec. Car, les élites politico-économiques et religieuses canadiennes-françaises n’ont pratiquement rien fait pour le freiner, efficacement. D’abord, le clergé catholique-romain a fait capoter toute tentative de scolarisation des masses de 1867 jusqu’en…1940, alors que les provinces anglaises avaient établi l’instruction obligatoire, dès 1868! Ensuite, les élites politiques de l’époque, crapuleuses, ont préféré répéter un mini-scandale des chemin de fer sur la rive-nord, « l’affaire Sénécal », copiant, à leur échelle, McDonald et le C.P. Rail, plutôt que de sérieusement mettre en branle les moyens de conquérir l’Outaouais, dès 1867, puis l’Abitibi, à partir de 1898. Car, elles étaient corrompues par les puissantes compagnies de bois, Macleod, Price et les autres, qui s’opposaient à la colonisation agricole. De sorte que, la perte de la moitié de la population québécoise, entre 1840 et 1930, est largement imputable à l’inertie des élites, voire leur complicité.

Dans la vie, on a ce que l’on mérite.

Y’en a marre de tous ces gens qui accusent « les autres » et victimisent ad nauseam le Québec pour sa situation actuelle.

Ça va faire les théories vaseuses des gros méchants complots anglos pour écraser le pauvre petit peuple franco.

Le Canada français de l’époque n’accordait que très peu de valeur à l’éducation et en a payé le prix très longtemps.

Les « élites politiques » canadiennes françaises étaient TOUTES élues PAR les Canadiens français. Voilà la réalité et vouloir faire porter l’entière responsabilité de NOS déboires par les autres (i.e.: anglos) est parfaitement malhonnête et à la limite de la fraude intellectuelle.

J’ai aimé l’émission et elle reflète très bien comment les gens vivaient. Notre peuple a eu de grosses difficultés. Un peuple abandonnée par sa mère patrie et en plus colonisé par une autre patrie est un peuple souffrant et malheureux. De plus, notre peuple a été beaucoup trop religieux et la religion nous voyons bien aujourd’hui ce que ça peut donner. Notre colonisateur anglo ne nous a pas fait de cadeaux. McDonald et Georges Étienne Cartier ont été selon moi et mes recherches des politiciens véreux. L’histoire du chemin de fer ce n’est pas jojo. Si des gens trouvent que le colonisateur anglais a été honnête, bon, gentil et généreux et bien ces gens ont un trou dans leur apprentissage de l’histoire. L’émission m’a plu et je suis capable de reconnaître le roman de l’histoire. J’aime beaucoup mon peule et je ne le blâmerai jamais au contraire je m’impliquerai à l’aider. Félicitation à toute l’équipe de cette nouvelle série et bonne chance.

Votre façon de voir ou d’interpréter l’histoire ne correspond pas à la version des historiens ,
lesquels ne sont plus inféodés aux lamentations misérabilistes et victimaires comme vous
le pensez . Ben non ! Mais nul ne peut nier certains faits tenaces . . .

Je suis très, très proches de plusieurs historiens, mais vous vous auriez avantage à vous recycler et d’étudier notre histoire, de plus votre manière de me répondre est insolente. Je comprends très bien vos sous-entendus et je sais qu’il n’y a rien de pire qu’un aveugle qui ne veut pas voir ou un sourd qui ne veut pas entendre. Monsieur Guay je vous invite à faire votre généalogie et vous allez découvrir, malheureusement pour vous, que vous venez de ce peuple qui a traversé la misère et a été colonisé.

Madame Dagenais , mon commentaire ne s’adressait pas à vous, mais à François 1er.
Je suis entièrement d’accord avec vous au sujet de notre histoire . En gros !
Pour ce qui est des Belles Histoires dites non censurées , c’est une adaptation des
adaptations radiophinique et télévisuelle ; peur de rapport avec l’histoire de fond du
roman : où l’on traitait surtout du d’avarice ,
avec en prime quelques passages avec beaucoup métaphores . . . sexuelles sur ce que l’on appelle aujourd’hui de la pėdophilie !
Si le contexte sociologique paraît bien décrit ( sauf pour le petit coeur à 53 $ ,car
CH . Grignon écrit qu’en 1880 ( dans l’édition de 1998 ,p. XXII ) ; alors , une dette au marchand
général de plus de 100$ ? Par ailleurs , il importe de voir le traitement accordé aux
personnages historiques tels H.Mercier , Arthur Buies et au curé Labelle . Dans cette
série , ce réalisateur , enfermé dans un modèle étatsunien , traite le gros
curé Labelle de façon caricaturale et peu crédible , d’après le premier téléfilm ;
s’il continue à présenter Antoine Labelle de cette façon , ce réalisateur devra
présenter ses références historiques , car cette présentation est indéfendable !
L’avenir dira si , hors d’un succès d’écoute , cette télésérie ira aux poubelles
de l’Histoire . À suivre !

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C’ est vrai qu’ à partir de 1867 , on s’ est mis à la conquête de l’ Outawais par le chemin de fer qui longeait la rivière Mattawa et c’ est la région du Témiscamingue qui a été colonisé à partir du grand lac Témiscamingue par la suite !! l’ Abitibi est venu quelque 25-30 ans plus tard par la découverte de cuivre et d’ or et qui a amené la fondation de Rouyn- Noranda au début des années 1920 !

Pour ma part ,après avoir regardé la première émission ,chaque fois que l,on mentionnais un nom comme Séraphin ,Donalda ,ça me ramenais à la série culte qui faisait mon bonheur dans les années 60 . Celle d’hier (la nouvelle..) n,a rien à voir avec le passé. Trop violent .Le curé trop vulgaire .Non ,je n’ai pas aimé ,ce n’est qu’une nouvelle série dont l’auteur a volé le titre d’une série formidable.Il devrait être poursuivi .

NON JE N’AI PAS AIMÉ.TROP DE VIOLENCE INUTILE.TROP THÉATRALE.LA SPONTANÉITÉ EST TROP ETUDIÉE.BEAUCOUP DE GROS PLANS POUR RIEN. DOMMAGE.

J’ai regarder le premier épisode hier. Par curiosité. Je serai devant mon écran lundi prochain. par curiosité.

Je suis tout a fait d’accord avec certaine personne, j’ai regarder le premier épisode et je suis très déçu beaucoup trop de violence et des personnage beaucoup trop différent .L’auteur c’est planté royalement et je trouve dommage de salir un si beau téléroman . Rien a voir avec Les vrai histoire des pays d’en haut qui nous a laisser tant de beau souvenir et que j’ai plaisir encore a regarder . Tant qu’a moi il viennent de me perdre pour une autre chaîne le lundi soir a 21 hrs
M Demontigny

Bravo M. Gascon, je suis d’accord avec vous on en a assez de la violence. Assez c’est assez du sexe et de tout vouloir changer de l’histoire. C’est impossible de faire une série sans Violence, Sexe et de toujours vouloir abaisser la religion. Je n’écouterai pas cette série comme toutes celles qui sont du même genre.

Moi aussi je dis que l’auteur est un usurpateur. Il a fait une autre histoire et a utilisé les noms connus d’un roman qui a déjà la popularité. Il en a donc profité.

Vous, M. Desjardins, je crois que vous avez obéi au, ou vous êtes servi du féminisme pour culpabiliser l’homme québécois, le clergé n’y parvenant plus ; deux femmes ont traité leur homme de lâche. Comme s’il fallait le culpabiliser à tout prix et à perpétuité, le p’tit québécois. Sans compter sur la peur, le sensationnalisme et l’horreur pour retenir l’attention, en sciant la main d’un homme. Et à cette époque-là, tu frappes un prêtre et c’est l’excommunication; l’enfer assuré à la fin de tes jours (hors de l’église, point de salut!). Pas fort, à mon avis, pas fort…

Mais en définitive, si Grignon à obéi à l’Église catholique, toi, Desjardins, tu as obéi à l’omnipotent argent: n’importe quoi pourvu que les cotes d’écoute y soient.

Bien dit. Claude Henri Grignon n’a pas nécessairement dépeint selon la rhétorique du Cardinal Léger qui quoiqu’il envoya une lettre. Claude Henri Grignon ne composait pas avec pas avec la réalité des annés 40 à 60 lorsqu’il était à la radio et par la suite à la télévision puisqu’il s’agissait d’une plage historique des années 1850 à 1900 dont les moeurs n’étaient pas enclins à la mentalité « toute din bras, rien dans tête » que veut nous faire avaler monsieur Desjardins. C’est un échec lamentable, dépouvue d’étique et fondement historique qui nage dans l’indécense et une malhonnêteté intellectuelle sans pareil. Monsieur Grignon était mieux placé pour en parler puisqu’il est né à Ste-Adèle avant 1900.

Et je parierais même une tarte au sucre que Radio-Canada, si ça tourne mal, va sortir son grand livre de la mythologie chrétienne ; Ponce qui déjà??? Lol

Effectivement, c’est une espèce de téléscopage historique qui veut qu’on dépeigne le passé plus ou moins récent selon les perceptions des gens d’aujourd’hui. Il ne faut surtout pas regarder ce navet avec l’impression que ça représente bien la vie de la fin du XIXè siècle dans les Laurentides… C’est plus dans le genre caricatural que mini-série historique!

»J’ai pas senti ça chez Donalda »…Kâline, c’est tu parce qu’on sent pas quelque chose qu’il faut la bousiller? Si les élèves des cours de français pensaient de même, ils passeraient tous avec 100%…C’est parce que la vérité,même quand on la sent pas,pis qu’on la voit pas, elle existe…La Donalda 2015 est une version bousillée de l’originale.

Comme le dit M. Desjardins, c’est une version « western » d’une histoire archi connue. Normal que cela blesse les irréductibles (lire 60 ans et +, dont je suis!). Laissons donc la chance au coureur… Moi j’aime ces personnages un peu plus délurés que dans l’original et Donalda, je suis sûre que dans la vraie vie, elle serait une « tof », comme Sarah-Jeanne la personnalise. Gros merci aux concepteurs, auteurs, acteurs, etc… Beau travail…

Décidément, il n’y a que des « rageux » qui ont publié des commentaires…

Contrairement aux autres, j’ai bien aimé le premier épisode de cette série. Certes c’est bien différent de la version de M. Grignon mais je ne considère pas que c’est un « navet » ou un outrage pour autant ! C’est une autre vision de ce qu’était la société de l’époque ! Et alors ?

Je me demande qu’elle serait l’appréciation de M. Grignon s’il avait eu la chance de visionner cette nouvelle mouture. J’ai l’impression qu’il aurait apprécier l’absence de contraintes que lui, a subit à cause de la censure Cléricale. Je crois que ça dépeint le quotidien difficile de cette époque de colonisation.

Entre vous et moi, avez-vous vécu en cette époque ? Saviez-vous ce qui se passait réellement ?

Bravo M. Desjardins ! Je salue votre audace de nous présenter une version « différente » !!!

Auriez-vous me donner de « réelles précisions » sur ce que vous avez aimé du premier épisode?

Prise 2.
Auriez-vous l’obligeance de me donner des précisions significatives sur ce que vous avez aimé de cet épisode? Ainsi, je parviendrai peut-être, moi aussi (à l’aide de votre regard), à l’apprécier, comme j’espérais pouvoir le faire quand je me suis assis devant la télé?

J’ai visionné avec intérêt le premier épisode, mais cet acharnement à revoir le passé à la lumière du présent, dans une sorte de mise à jour du politiquement correct de l’heure, me dérange. Ainsi, était-il nécessaire de faire du curé Labelle une sorte d’Obelix ( le film « Louis Cyr » l’homme le plus fort du monde a plu, donc…), et d’Arthur Buies, le grand pamphlétaire, une véritable chiffe-molle ? Il n’y avait pas à ce moment seulement des ultramontains (le Vatican d’abord) au Québec, mais de véritables réformistes, libéraux, sociaux… Mais dans le Québec national-populiste d’aujourd’hui, il est semble-t-il toujours utile de croire que nous sortons d’une grande noirceur… c’est bon pour l’ego.
J’espère que les prochains épisodes viendront corriger cette impression fâcheuse d’un révisionnisme « plaisant ».

À voir la bande annoncé je savais que je ne regarderais pas cette série, merci à la grande majorité des commentaires, de me confirmer que j’ai bien fait de n’e pas perdre mon temps. Il y avait meilleur ailleurs.

Il est dommage aussi qu’on oublie trop facilement que les Pays d’en Haut n’étaient pas les Laurentides pour la plus grande partie de notre histoire: c’était l’ouest et le Mississipi où nos ancêtres furent très présents dès la Nouvelle-France alors qu’ils faisaient du commerce avec les peuples autochtones et leurs relations étaient basées sur des alliances. Les « Pays d’en Haut » de cette série réduisent l’influence des Canadiens-Français à une peau de chagrin et à une sorte d’isolationnisme nombriliste ou tribal. Notre peuple a fait beaucoup mieux que « coloniser » les Laurentides et l’Abitibi… il a été présent partout en Amérique du Nord, que ce soit dans l’ouest ou même en Nouvelle-Angleterre lorsque plusieurs de nos ancêtres ont fui la pauvreté et l’asservissement au profit des industries américaines. Je ne reconnais pas du tout notre histoire dans cette série.

Au lieu dans faire un western à la Hollywood , ce monsieur aurait dû relire le roman écrit en 1933 . Je pense que l’on
se fout pas mal de son interprétation de l’oeuvre . Si le contexte social et économique difficile de la colonisation du
Nord , comme celles des autres régions d’ailleurs , est bien rendu , ce monsieur a réinterprété Les Belles Histoires,
non Un homme et son péché . A part les personnages réels comme Mercier , Buies et le curé Labelle , les
autres sont des inventions littéraires de C-H Grignon . Donc le réalisateur peut les envoyer dans toutes les directions ,
avec des résultats variables et parfois excessifs . L’inspiration étatsunienne du réalisateur est évidente . . .
Je n’ai vu que la première émission et , déjà , je trouve que le réalisateur ne fait que des caricatures de Buies et ,
surtout , du curé Labelle : une barbe , une bagarre , un repas de gouinfre , bref on dirait un mésadapté social .
Le réalisateur se doit d’avoir des références historiques certaines pour présenter ces deux personnages ; il
ne peut dire n’importe quoi . A-t-il fait ses classes là-dessus ? J’en doute à voir le traitement caricatural accordé au
curé Labelle . À trop vouloir en faire un western hyper-réaliste , souvent les réalisateurs deviennent
excessifs . Mais une chose demeure : un réalisateur , qui qu’il soit , ne peut travestir la réalité historique .

Bravo monsieur Desjardins. J’ai aimé à part quelques exagérations, point de vue coup de poing sur la gueule. Les personnages sont bien campés et on y reconnaît bien les caractères. J’ai toujours beaucoup détesté les moyens retors de Séraphin pour parvenir à ses fins, je pense que je vais en avoir pour mon argent encore cette fois-ci. Et Alexis, cet « aventureux », j’ai hâte de voir ce qu’il adviendra de lui. Je crois que vous vous rapprochez pas mal de la vérité, parce que ma grand-mère et sa mère n’étaient pas des femmes qui acceptaient tout sans dire un mot, d’après notre histoire familiale en tout cas. Cette première émission était percutante disons-le, j’ai hâte de voir la prochaine.

Au visionnement du premier épisode, je considère cette relecture des Pays d’en haut, comme un « remaniage » «anachronique».

Totalement anachronique dans le langage et dans le respect des fonctions.
Jamais un curé de cette époque n’aurait pu tenir un niveau de langage égal à celui d’un coureur des bois.
Jamais un curé n’était vu comme un «gars» comme les autres.

Les gens vouvoyaient même leurs propres parents. Ce remaniement à la sauce 2016 est un total non respect de l’époque.

Bien sûr les plus jeunes qui n’ont pas connu les valeurs du passé peuvent croire que cela pouvait être ainsi. Cette représentation devient alors une sorte de tricherie de l’Histoire. On dénature en quelque sorte toute l’ambiance qui prévalait à cette époque et on la présente comme si elle était identique à celle d’aujourd’hui avec les mots d’aujourd’hui, les manières d’aujourd’hui et le non respect des aînés, des titres et du clergé comme aujourd’hui.

Outre ces anachronismes incroyables et déplaisants, le jeu des comédiens est excellent et la facture technique réussie.

Ceux qui n’ont aucune idée de l’époque aimeront probablement.
Mais ceux qui savent ce que veut dire le respect à cette époque et la confrontation malgré le respect toujours à cette époque, ne pourront pas embarquer dans cette fiction qui n’a rien à voir avec la réalité du temps.

Serge Charbonneau
Québec

J’ ai vraiment de la difficulté à voir le curé Labelle ( le roi du nord ) à tirer au poignet et prendre un coup dans une taverne avec des colons ! Ensuite se battre à coup de pelle avec des partisans politiques qui viennent imposés leurs volontés dans un petit village !!!! C’ est de la foutaise ! Gilles Desjardins n’ a pas assez lu sur l’ histoire des colons et je pense n’ a pas assez jauger l’ importance et la fierté des premiers colonisateurs !!!!

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Ou se trouve la ou les lettres de Mgr Léger (puisqu’il n’était pas encore Cardinal) pour qu’on puisse les lire nous aussi. J’imagine que c’est dans un musé ou archives. Merci.

Je regrette de devoir dire que malheureusement je n’aime pas la série….on compare trop avec les ancienne émission. Dommage. Beaucoup trop de violence …On en voit assez dans les nouvelles..

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