Ils sont fous, ces croisiéristes !

Les bateaux sont de plus en plus gros et les itinéraires plus insolites et enchanteurs que jamais. Des vacances idéales ? Presque.

Neda Chacour a fait le tour du monde… en paquebot. Pour cette Lavalloise de 70 ans, rien ne vaut le luxe des longs voyages en mer. « On laisse tout derrière soi et on mène une vie royale grâce à un personnel très attentionné. » Retraitée depuis 18 ans, elle fait jusqu’à trois voyages par année, dont au moins un à bord d’un bateau de croisière. Elle a accosté en Australie, en Inde, en Alaska et visité la quasi-totalité des îles des Caraïbes et des pays baignés par la Méditerranée.

Voir le photoreportage « La croisière s’amuse » >>

Cette infatigable globe-trotter fait partie des 13,4 millions de personnes qui ont sillonné les océans en 2009. La Cruise Lines International Association, qui travaille à la promotion et à la croissance de l’industrie des croisières, estime que le nombre de croisiéristes passera à 14,3 millions en 2010. Une croissance de près de 7 %.

La taille des nouveaux paquebots est à l’avenant. L’Oasis of the Seas, du géant américain Royal Caribbean, est un monstre : 360 m de longueur – 6 fois la patinoire du Centre Bell -, 16 ponts, 5 400 passagers et 2 000 membres d’équipage.

L’Oasis of the Seas. À destination des Caraïbes, cet « îlot » de luxe accueille 5 400 passagers, en plus des 2 000 membres d’équipage.

Au cours des prochains mois, 12 autres paquebots flambant neufs prendront la mer et 14 autres les suivront d’ici 2012.

Pour attirer la clientèle, les compagnies rivalisent d’imagination, par exemple en organisant des croisières thématiques. « Il en existe pour les passionnés de scrabble, les joueurs d’échecs, même pour les adeptes de la danse en ligne ! » dit Pierre Chrétien, copropriétaire de l’agence de voyages Paradis Saguenay.

Les destinations se diversifient aussi : circuits en mer Baltique, avec escale à Helsinki (dans le sud de la Finlande), ou en mer de Chine, avec halte à Singapour, ainsi que dans le golfe Persique, jusqu’à Dubaï, ou vers les îles Malouines, au large de l’Argentine.

Jadis perçues comme un secteur haut de gamme visant surtout les retraités, les croisières se sont démocratisées et ont rafraîchi leur image ces 15 dernières années. Les navires comprennent maintenant de nouvelles installations spor­tives, comme des murs d’escalade, sans compter les incontournables boîtes de nuit et cinémas, dit Audray Lemieux, analyste au Réseau de veille en tourisme, de l’UQAM.

Sean Flynn, propriétaire du Centre de croi­sières, un réseau d’agences de voyages spécialisées de Montréal, estime que les croisières ont un avantage indéniable sur les autres formes de voyage : « Le client sait dès le départ combien ça lui coûtera. » À la condition d’oublier les excursions organisées à chaque escale, souvent non comprises dans le prix de base et qui peuvent coûter une petite fortune. Ainsi, une croisière de 10 jours Marseille-Istanbul sur le Coral coûte moins de 600 euros (820 dollars). Une aubaine ? Oui, si on reste sagement à bord ! Car pour l’ensemble des excursions, il faudra ajouter 650 euros (890 dollars) par voyageur. « Personne n’est obligé de faire ces excursions ni même de descendre du bateau », dit Christine Dauplaise, Montréalaise de 44 ans qui a fait sa première croisière en juin 2009. « Mais le voyage perd alors tout intérêt. »

À cela s’ajoute le pourboire. Obligatoire dans bien des cas. « La compagnie nous a informés qu’elle prenait 30 dollars par jour sur notre carte de crédit et que c’était un minimum. Qu’on pouvait donner plus », raconte Christine Dauplaise, qui n’a pas apprécié. Elle recommande aussi de bien s’informer avant de s’embar­quer. « Nous ne savions pas qu’on devrait se lever à 6 h chaque matin et déjeuner à la course avant de partir en excursion pour la journée ! »

La Méditerranée gagne en popularité, mais les Caraïbes ont toujours la faveur des croisiéristes. Les croisières fluviales sont également en pleine expansion sur le Rhin, le Danube, le Nil, le Mékong et… le Saint-Laurent !

Il reste que plus de 75 % des croisiéristes sont nord-américains, surtout états-uniens. Un élément à considérer. « Souvent, toutes les activités se déroulent en anglais, prévient Pierre Chrétien. Si vous ne parlez pas cette langue, votre semaine pourra vous paraître bien longue… »

Neda Chacour suggère aux voyageurs de demander aux organisateurs d’être réunis avec d’autres francophones pour les repas. Elle y va d’un dernier conseil : prendre une cabine avec balcon. Quitte à payer plus cher. « La vue sur la mer est très reposante, dit-elle. On voit parfois des dauphins, d’autres navires au loin et, une fois accosté, on peut assister à tout ce qui se passe sur le quai. »

Dans la même catégorie
Boutique Voir & L'actualité

Obtenez jusqu’à 40% de plus pour votre prochaine sortie