Pourquoi la France ne vieillit pas comme le reste de l’Occident

Avec 800 000 naissances par an, la France est l’avenir de l’Europe. Explications.

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La performance démographique de la France n’est pas le fait des pauvres ou des immigrants. Toutes les femmes font des enfants, même les plus aisées. (Photo: Philippe Caron/Corbis)

La moitié des 130 morts et des 350 blessés des attaques du 13 novembre à Paris étaient dans la vingtaine et la trentaine. En visant la jeunesse, les terroristes ont frappé la France là où ça fait le plus mal. Mais l’avenir du pays continuera encore longtemps d’appartenir aux jeunes.

Car les Français font beaucoup d’enfants. Depuis 1982, la population de la France est passée de 55 à 67 millions, dont plus de 6 millions de nouveau-nés au cours des 15 dernières années seulement. Il y a partout plus de Français: dans les rues, les trains, le métro, les bus, les écoles, les universités, les hôpitaux. Et on prévoit qu’ils seront 72 millions en 2050, sur le point de rattraper l’Allemagne, pays le plus peuplé d’Europe, mais qui a amorcé son déclin démographique il y a 10 ans.

FeconditeContrairement au Québec ou à l’Allemagne, la France a un heureux problème à gérer: elle ne vieillit pas comme le reste de l’Occident. On n’y ferme pas les écoles; on n’y réduit pas la taille des classes; on ne s’inquiète pas de savoir s’il y aura assez de jeunes. Le taux de fécondité — deux enfants par femme — place le pays au deuxième rang de l’Union européenne, après l’Irlande (2,05) et juste devant le Royaume-Uni (1,96), mais loin devant l’Italie (1,4), l’Espagne (1,36), l’Allemagne (1,36) et la Hongrie (1,23). Avec 1,68 enfant par femme, le Québec est loin derrière, quoique au-dessus de la moyenne de l’Union européenne, qui est de 1,57 (voir le tableau «Taux de fécondité en 2011» plus bas).

Douze millions de Français de plus qu’en 1982, ce n’est pas rien. Un quart de cette hausse est dû à l’immigration; un quart à l’accrois­sement de l’espérance de vie; et la moitié aux naissances. Environ 800 000 naissances par an, soit 250 000 de plus que de décès — alors qu’en Allemagne les décès dépassent les naissances de 300 000 par an!

Le bébé-boum en France a été exceptionnellement long: après la Deuxième Guerre mondiale, les naissances sont passées de 650 000 à environ 850 000 par an, et ce nombre s’est maintenu pendant 30 ans, jusqu’en 1974, soit 9 ans de plus qu’au Québec. Le nombre de naissances a ensuite fléchi brièvement pour remonter à environ 800 000, et il se maintient depuis.

«Malgré le petit creux qui marque la fin du baby-boom, les Français ont continué de faire des enfants de façon constante. C’est cela qui est remarquable», dit Gilles Pison, directeur de la recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED), dont le site Web comprend une interface permettant de comparer les structures d’âge des populations de tous les pays du monde (voir l’encadré «La “pyramide” des âges?» plus bas).

Contrairement à l’idée reçue, cette performance démographique n’est pas le fait des immigrants ou des pauvres. Ce sont toutes les Françaises qui font des enfants, avec même une légère surfécondité dans les classes aisées. Par exemple, sur les 16 femmes ministres dans le second cabinet du premier ministre Valls, au moins 5 sont mères de plus de trois enfants — en excluant les familles recomposées. Et si l’on inclut leurs collègues masculins, dont le premier ministre lui-même, ce sont au moins 11 ministres sur 34 qui ont une «famille nombreuse». Ce cas n’est pas anecdotique: 21,5 % des familles françaises ont trois enfants ou plus — contre 14,5 % au Québec.

Comment font-ils, les Français? Après tout, le congé de mater­nité proprement dit n’est que de 16 à 26 semaines, selon le nombre d’enfants (dont 6 à 8 semaines de congé prénatal). Il peut se prolonger jusqu’à 34 semaines pour des jumeaux et 46 semaines pour des triplets. Et le «congé parental d’éducation», de 6 à 35 mois, est… non rémunéré! Quant aux hommes, ils ont droit à 3 jours de congé à la naissance et 11 jours de congé de paternité.

«En fait, c’est un ensemble de mesures, et pas seulement une seule», dit Pascale Breuil, directrice de l’Unité des études démographiques et sociales à l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Elle cite des mesures qui ciblent tous les âges de l’enfance: école maternelle à trois ans, gratuité des activités culturelles (musées), modulation des tarifs des services publics (cantines scolaires, services de garde, activités sportives…) selon le revenu, et carte Famille nombreuse, qui permet aux familles de trois enfants mineurs et plus de se prévaloir de réductions considérables chez quelques centaines de fournisseurs de produits et de services, dont la Société nationale des chemins de fer français (SNCF). «Peu de couples en France se demandent s’ils peuvent se permettre d’avoir des enfants. Le coût de l’enfant n’est pas un grand sujet.»

«Quand on demande aux Français la condition nécessaire pour qu’ils aient un enfant, la première réponse est “Trouver la bonne personne”», dit Pascale Breuil, qui a effectué quelques études comparatives. «Chez les Allemands, c’est l’argent et le logement.»

La mentalité et les attitudes jouent autant que les programmes. Six Français sur 10 affirment que la famille est essentielle à leur épanouissement personnel — le double des Allemands. Quant aux Allemandes, elles sont aux prises avec le concept de Rabenmutter (mère corbeau, par opposition à mère poule), une insulte courante dirigée contre les mères qui «délaissent» leurs enfants pour aller travailler. Tous les programmes sociaux sont structurés pour encourager les mères de jeunes enfants à rester à la maison. À commencer par l’école, dont les classes se terminent entre 12 h et 13 h 30 selon les jours et les lands!

La France est obsédée par sa démographie depuis le XIXe siè­cle. On ne sait trop pourquoi, mais les Français ont pratiqué la régulation des naissances un siècle avant tous les autres peu­ples européens. «Si vous trouvez pourquoi, j’aimerais bien le savoir. C’est un mystère pres­que complet, dit Gilles Pison. Les autorités et le clergé ont tout fait pour renverser la tendance, mais la population ne suivait pas.»

La grande histoire de l’Europe de 1750 à 1945 est celle d’une nation populeuse, la France, qui a stagné sur le plan démographique pendant presque deux siècles. De la Révolution française à 1945, la population a peu augmenté, passant de 30 à 40 millions de personnes. Alors que le Royaume-Uni a vu sa population quadrupler, passant de 11 à 45 millions d’habitants. Et que l’Allemagne voyait la sienne tripler, de 20 à 67 millions! Dès la fin du XIXe siècle, la France a tenté de compenser par diverses mesures, comme l’ouverture de crèches (dès 1844) et de cantines scolaires (1870), et en encourageant le travail des femmes et l’immigration.

Depuis 1945, on assiste donc à un renversement historique qu’on ne s’explique guère mieux. La population française a dépassé celle de l’Italie et du Royaume-Uni, et les démographes estiment qu’il y aura autant de Français que d’Allemands d’ici moins de 50 ans. Cette revanche des berceaux ne sera pas sans conséquence sur les institutions européennes, puisque le poids relatif de la France dans celles-ci augmentera, notamment au Par­lement européen, où elle aura droit à autant d’eurodéputés que l’Allemagne.

Qu’est-ce que ce sursaut démographique changera en France même? À la différence de l’Allemagne, de l’Italie et de l’Espagne, la France gérera une croissance démographique plutôt ordonnée et continuera d’inves­tir dans les infrastructures, alors que les maires de nombreuses villes allemandes, comme Sonneberg et Groß­räschen, se deman­dent s’ils doivent fermer des rues, voire des quartiers qui se sont dépeuplés — phénomène qu’ils ont baptisé Stadtschrump­fung (rétrécissement urbain). Pour compenser son déclin démographique, l’Allemagne accueille désormais un mil­lion d’immigrants par année, au moins. Ce qui explique en partie qu’on ouvre les portes à 700 000 réfugiés syriens.

Le président Hollande à la remise d'un rapport de la commission Enfance et adolescence. En France, un ensemble de mesures encouragent les familles nombreuses. (Photo: Nicolas Messyasz/REA/Redux)
Le président Hollande à la remise d’un rapport de la commission Enfance et adolescence. En France, un ensemble de mesures encouragent les familles nombreuses. (Photo: Nicolas Messyasz/REA/Redux)

Comme partout en Occident, la France subit une forte pression sur les régimes de retraite et d’assurance maladie en raison des programmes généreux, des départs précoces et de la hausse de l’espérance de vie, mais le taux de natalité en réduira les effets, au lieu, comme au Québec, de les amplifier.

Quant à déterminer comment l’équilibre sociopolitique en sera modifié, cela reste difficile à prévoir. «La France est une société patriarcale, où les vieux ne renoncent jamais au pouvoir volontairement, même quand ils sont déclassés. On peut l’observer partout: en politique, dans les entreprises, dans la recherche», dit Emmanuelle Duez, 28 ans, une jeune entrepreneure, fondatrice du Boson Project, un bureau de consultants en ressources humaines. Sa spécialité: aider les entreprises à assouplir leur hiérarchie pour répondre aux attentes de la génération Y, les jeunes nés entre 1980 et 2000, aussi appelés «enfants du millénaire». Ce groupe, nombreux, très à l’aise avec les nouvelles technologies, se caractérise par un rejet des structures hiérarchiques pyramidales — très ancrées en France — et une forte identité «mondialisée».

Cette tension intergénérationnelle fait des vagues. Le taux de chômage des jeunes Français de moins de 25 ans avoisine les 25 %, trois fois et demie plus qu’en Allemagne (7 %). Lors des dernières élections régionales, en décembre 2015, environ le tiers des Français de moins de 30 ans ont voté pour les troupes de Marine Le Pen. Et, faut-il le rappeler, les terroristes de 2015 en France sont tous également issus de cette jeunesse. Derrière presque toutes les nouvelles qui émanent de la France en ce moment, il y a ce conflit de générations, dit Emmanuelle Duez. «Je suis optimiste pour le long terme, mais c’est sûr que ça va barder.»

*

La «pyramide» des âges?

L’Institut national d’études démographiques (INED) a créé une interface basée sur les projections de l’ONU grâce à laquelle on peut visualiser la pyramide des âges de chaque pays.

Cette pyramide illustre la structure d’une population en comparant le nombre de personnes par tranches d’âge. En fait, elle n’a de pyramidal que le nom. Influencée par la fécondité, la mortalité, l’espérance de vie, les flux migratoires, les guerres, les catastrophes et les bouleversements sociaux, elle prend des formes diverses.

Celle de la France, par exemple, a presque la forme d’un obus: de 0 à 70 ans, le nombre de Français est presque constant pour chaque tranche d’âge, sauf une baisse dans la génération des 35-40 ans, suivie d’une remontée.

Presque partout ailleurs, comme au Québec, la pyramide ressemble… à un sapin de Noël, avec des pointes et des creux qui témoignent de fluctuations parfois très marquées entre les tranches d’âge. Dans le cas de pays comme l’Allemagne et ceux de l’est et du sud de l’Europe, comme d’ailleurs pour le Canada et le Québec, les pointes s’amincissent d’année en année, et la base est plutôt étroite.

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12 commentaires
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800,000 naissances pour 550 000 décès, ca donne 145 naissances pour 100 décès
Désolé, mais on les bat avec 90,000 naissances pour 60,000 déces, soir 150 naissances pour 100 décès

@ Jack 2

En 2014, le ratio naissances/décès selon l’ISQ était de 87 700/63 000, soit 139%.
Si bien sûr les chiffres peuvent varier d’une année sur l’autre. En 2005 par exemple, ce ration était : 76 341/55 988, soit 136%.

En 2014 le ratio naissances/décès selon l’INSEE était de 818 565/550 000, soit 149%.
En 2005 : 806 822/538100 soit 150%.

Vos calculs manquent de précision. C’est donc la France et non le Québec qui se trouve dans la moyenne des 150 naissances pour 100 décès.

Le problème démographique du Québec n’est pas actuel, il est à venir, lorsque les boomers vont tous être à la retraite et que les coûts de santé vont exploser.

@ Jack2,

C’est effectivement à cette feuille de statistiques que je faisais référence explicitement. Vous pouvez constater par vous-même que le chiffre de des décès en raison probablement du vieillissement de la population, qu’il a une tendance à s’accroitre inexorablement, tandis pas que le chiffre des naissances reste assez stable depuis 2008.

Ce qui compte en matière de démographie, c’est la pyramide des âges. Ainsi : Le bilan démographique du Québec
(Édition 2015) que vous pouvez télécharger directement sur le site de l’ISQ devrait vous donner une explication plus exhaustive sur le sujet.

À titre d’exemple on y apprend que l’âge médian est tout proche désormais de 42 ans et que cette tendance au vieillissement est inéluctable.

J’aimerais également attirer votre attention sur le fait que le niveau de fécondité est plus élevé chez les immigrants. Moins d’immigrants impliquerait probablement moins d’enfants. Quant à L’indice synthétique de fécondité qui est estimé à 1,62 pour 2014, il est en baisse constante depuis 2008 (1,73).

Finalement, la France malgré son niveau de natalité élevé pour un pays européen, reçoit chaque année en proportion de sa population plus d’émigrants que n’en reçoit le Québec à toutes fins pratiques.

Un peu plus de 8 250 000 d’habitants, ce n’est pas beaucoup, cela donne un croissance moyenne annuelle de la population inférieure à 0,92% au cours de ces dix dernières années. En 2014, cet accroissement avait été 0,74%, cet essor en 2015 devrait être encore légèrement plus faible.

— Il n’y a donc pas contrairement à ce que vous écrivez, je vous cite : « un immense mensonge qu’on nous sert pour nous vendre des politiques d’immigation suicidaires »

L’information sur ce sujet est très claire et toutes les données sont disponibles publiquement.

Le Québec recoit 50k immigrants par année, le double per capita des USA
Vous n’allez pas me dire que la France en reçoit 400k!!!!

@ Jack2,

Non ! Je ne vous répondrai pas que la France reçoit 400 000 immigrants par année, mais en moyenne 200 000. Ce qui d’ailleurs est moitié moins que la moyenne de l’OCDE. Soit 0,3% de la population par an pour la France et 0,6% pour l’OCDE.

En données cumulées, la France se situe au 7ième rang mondial pour l’ensemble de ses immigrants. En 2013, la population immigrante représentait 7,4 millions d’habitants, soit 11,6% de la population.

Pour bien comprendre les données, il faut prendre en compte le « solde migratoire » soit le différentiel entre ceux qui rentrent et ceux qui s’en vont. Ainsi le taux net d’immigration en France est de 0,6%, ce qui est excellent. À titre de comparaison celui de la Norvège est de 9,4%. Ce qui signifie un taux de départ nettement plus important.

En 2014, le Québec recevait bien comme vous le mentionnez : 50 275 immigrants, mais au net après décompte de la migration interprovinciale et de la migration internationale, la population en pratique ne s’était accrue que de : 25 769 habitants.

— La France, comme vous pouvez le constater, conserve ses immigrants plus longtemps.

C’est une grande ironie d’avoir une telle jeunesse dans la population, réduite pour 25% d’entre elle au chômage, non?
Je suis d’accord avec le point de vue de la personne de l’INSEE que c’est un ensemble de mesures qui expliquent cette natalité et en effet, en France, c’est une question qui revient bien moins souvent qu’ailleurs de savoir si ‘on a les moyens d’avoir des enfants’. L’article ne parle pas des incitatifs financiers a avoir 3 enfants, ce qui selon moi explique quand même une bonne partie des familles de 3 enfants. Les allocations familiales ne sont pas attribuées au prorata du nombre d’enfants mais augmentent considérablement lorsque l’on passe de 2 a 3 enfants. A 1 enfant, elles n’existent presque pas. Je n’ai plus les montants en tête, mais il y a une vraie différence qui conduit je pense bcp de parents a se dire qu’ils auront 3 enfants car les allocations reçues pendant des années aideront a elever les 3 enfants, plutot que de se contenter de plus maigres allocations pour en elever 2.

… « Un quart de cette hausse est dû à l’immigration; un quart à l’accrois­sement de l’espérance de vie et la moitié aux naissances. »
Comment peut-on être aussi cave ? La moitié aux naissances… au sein de quels foyers ?
Comment peut-on être aussi ignorant ou aveugle au point de taire certaines évidences ?
– Les familles d’immigrants obtiennent la nationalité française et font donc… de nouveaux petits « Français ».
– Si ces familles d’immigrants n’obtiennent pas cette nationalité française bradée (il faut vraiment être épais !), de toute façon les enfants nés sur le sol français deviennent automatiquement Français. Droit du sol oblige.
– Les familles d’origine maghrébine ou d’origine moyen-orientale font facilement une dizaine d’enfants pendant qu’un couple de « gaulois » en fera péniblement 2 ou 3.
J’insiste : dans la catégorie « immigrants » ne sont comptabilisés que les enfants déjà nés hors de France et venant s’y installer avec leurs parents, alors que dans la catégorie appelée de manière simpliste « naissance » (sur le territoire français, comprenant les départements et territoires d’outre-mer) il faut compter une importante procréation « d’origines cultuelles et culturelles diverses »… Allez demander aux personnels soignants dans les hôpitaux et voyons si quelqu’un démentira ce que j’écris.

Un des pays occidentaux ou il y a le moins d’incitatifs et d’avantages sociaux pour les enfants est: les États-Unis. Avec un taux de naissances de 2.0 par femme, comme en France.

Alors, la plupart des suppositions sur les avantages fiscaux qui favoriseraient le taux de naissance ne tiennent pas vraiment la route.

@Jack2. Vous comparez le taux de naissance avec le taux de décès. Présentement, au Québec, les Bayboomers n’ont pas encore commencé à mourir en masse. Lorsque ça arrivera, le taux de décès augmentera, et le taux de naissances ne changera probablement pas beaucoup. Le Québec se dépeuplera. C’est vraiment le taux d’enfants par femme qu’on doit regarder, et pas une comparaison entre naissances et décès qui variera énormément d’une dizaine d’année à l’autre, surtout avec la fin des boomers.

« en Allemagne les décès dépassent les naissances de 300 000 par an!

4e puissance économique du monde, les Teutons. C’est quoi le problème?
Plus un pays est vieux, plus il est riche (28% de vieux à Monaco!). Plus un pays est jeune, plus il est pauvre (Soudan, Afghanistan, etc

La France interdit les statistiques ethniques.L’auteur de cet article a-t-il assiste à une sortie d’école?Petite ville dans les les Bouches du Rhône.classe de CP2:trois élèves avec un prénom au consonance latine et une trentaine avec prénom d’origine turc ou magrebhlne.Alors cherchez l’erreur?