Ingrid St-Pierre, l’exclamative

L’Astral, à Montréal, les 15 oct. et 26 nov., 514 790-1245. Autres dates de spectacles : www.ingridstpierre.com

Ingrid St-Pierre plaît autant à Véronique Cloutier qu’à Sylvain Cormier, du Devoir. On l’a présentée comme « la fille illégitime de Richard Desjardins, Thomas Fersen et Françoise Hardy ».

Son album, Ma petite mam’zelle de chemin, semble avoir été écrit au soleil. Sur des mélodies tourne-cœurs, l’auteure-compositrice-interprète et pianiste, bachelière en psychologie, parle des turbulences amoureuses, du divorce de ses parents, de la maladie de sa grand-mère : ça pourrait tirer les larmes, c’est canaille et ironique ; des miniatures d’autodérision et de ludisme. Elle dit joliment : « Je dessine des chansons. » Dans sa voix, de l’espièglerie et beaucoup d’enfance. Montez le son. Et faites-lui de la réclame.

Ingrid St-Pierre plaît autant à Véronique Cloutier qu’à Sylvain Cormier, du Devoir. On l’a présentée comme « la fille illégitime de Richard Desjardins, Thomas Fersen et Françoise Hardy ».

Son album, Ma petite mam’zelle de chemin, semble avoir été écrit au soleil. Sur des mélodies tourne-cœurs, l’auteure-compositrice-interprète et pianiste, bachelière en psychologie, parle des turbulences amoureuses, du divorce de ses parents, de la maladie de sa grand-mère : ça pourrait tirer les larmes, c’est canaille et ironique ; des miniatures d’autodérision et de ludisme. Elle dit joliment : « Je dessine des chansons. » Dans sa voix, de l’espièglerie et beaucoup d’enfance. Montez le son. Et faites-lui de la réclame.

Photo : Alexandre Chabot

Comme ça, « la gravité ne [vous] aime pas beaucoup » ? Mercure au chrome et p’tits pansements »)

Je suis pitoyablement maladroite : j’ai déboulé l’escalier lors de mon premier rendez-vous amoureux. Cela a eu du bon : Charles a su tout de suite avec quel type de fille il s’engageait.

Une fille qui aborde des sujets sérieux avec un sourire en coin ?

Pour mieux faire ressentir les émotions, je ne crois pas qu’il faille les afficher. Dans mes chansons, j’essaie de mettre des messages positifs, de la légèreté, de l’espoir.

N’y a-t-il pas un brin de candeur là-dessous ?

Ce qui m’importe dans la vie, c’est de m’émerveiller. Les amis disent que je m’exclame pour un rien. Dans une vinaigrette, je trouve que les gouttes de vinaigre balsamique dans l’huile d’olive forment une œuvre d’art.

Je revendique la part de naïveté de l’album, qui est le résumé de mon parcours de 17 à 26 ans. La première chanson que j’ai écrite, « Une luciole sur un high », y figure. Quand j’étais enfant, je collectionnais les bébites, j’avais des aquariums partout, des lucioles dans des pots Mason. Je conserve toujours les insectes que j’ai épinglés quand j’étais petite. J’ai encore le réflexe en camping de regarder ce qui grouille sous les roches, de courir après les couleuvres.

Les médias vous rapprochent à la fois de Marie-Jo Thério, Lynda Lemay, France Gall. Ça vous ennuie ?

Essentielles pour guider le public qui ne me connaît pas, les comparaisons prouvent qu’on a écouté ma musique et qu’on l’a analysée. Cela dit, je veux être moi-même et personne d’autre.

Quand on sort un album et que la rumeur est bonne, est-ce que la vie change ?

J’ai un pied-à-terre à Montréal, mais je retourne le plus vite possible à Trois-Rivières, où j’habite, ou à Cabano, où je suis née et où vit ma famille. Je suis une fille de plein air : pêche, kayak, course. Ma vie n’a pas changé, peut-être un peu le regard des gens depuis qu’ils m’ont vue à la télé. Mais mon amoureux est psychoéducateur : ça garde sur terre.

Travaillez-vous votre voix ?

Non. Mais adolescente, j’ai posé ma voix en chantant beaucoup de grégorien dans les églises. Je le recommande pour s’extérioriser, pour vivre un quasi-état de transe ! Et puis, tous les samedis, pendant quatre ans, j’ai chanté au Café Morgane, à Trois-Rivières. Ça doit valoir quelques cours…

Avant d’oser présenter vos propres chansons, vous avez interprété Richard Desjardins, Marie-Jo Thério, Metallica…

Dans le café, j’observais la clientèle et, selon la tranche d’âge, je poussais une chanson d’Outkast ou de Francis Cabrel. Une fois l’attention des gens captée, je glissais une de mes compositions.

« Ficelles » évoque la maladie d’Alzheimer de votre grand-mère. L’a-t-elle entendue ?

Ma mère m’a annoncé le diag­nostic un matin et j’ai fait ma journée sans trop y penser. À 16 h, je me suis assise au piano ; à 16 h 20, la chanson était née. C’est après l’avoir écrite que j’ai eu de la peine. Je ne crois pas que ma grand-mère ait conscience qu’elle est malade. Chez elle, mon disque joue à tue-tête et elle chante par-dessus ma voix. C’est troublant.

L’Astral, à Montréal, les 15 oct. et 26 nov., 514 790-1245.

Autres dates de spectacles : www.ingridstpierre.com

Laisser un commentaire