Isabelle Hubert en première ligne

Laurier-Station : 1 000 répliques pour dire je t’aime, Théâtre Périscope, à Québec, du 1er au 26 nov., 418 529-2183.

Laurier-Station : 1 000 répliques pour dire je t’aime, la p’tite dernière d’Isabelle Hubert, auteure de la pièce à succès La robe de Gulnara, prend l’affiche au Théâtre Périscope, à Québec.

Née à New Richmond, installée à Québec, habile à se faire entendre, Isabelle Hubert manie une plume virevoltante, tonique, éclectique : une dizaine de pièces déjà, dont deux comédies d’été ; des adaptations pour la scène des romans Agaguk, de Thériault, et Moby Dick, de Melville ; des textes pour des expositions ; quelques scénarios pour le cinéma et la télévision.

Pour s’aérer, elle donne des cours d’écriture dramatique à l’Université Laval et au cégep Limoilou. Après le triomphe de La robe de Gulnara — fable située entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan —, sa nouvelle pièce nous ramène au Québec, à Laurier-Station, où deux sœurs opposées tentent un rapprochement après le décès de leur mère.

Laurier-Station : 1 000 répliques pour dire je t’aime, la p’tite dernière d’Isabelle Hubert, auteure de la pièce à succès La robe de Gulnara, prend l’affiche au Théâtre Périscope, à Québec.

Née à New Richmond, installée à Québec, habile à se faire entendre, Isabelle Hubert manie une plume virevoltante, tonique, éclectique : une dizaine de pièces déjà, dont deux comédies d’été ; des adaptations pour la scène des romans Agaguk, de Thériault, et Moby Dick, de Melville ; des textes pour des expositions ; quelques scénarios pour le cinéma et la télévision.

Pour s’aérer, elle donne des cours d’écriture dramatique à l’Université Laval et au cégep Limoilou. Après le triomphe de La robe de Gulnara — fable située entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan —, sa nouvelle pièce nous ramène au Québec, à Laurier-Station, où deux sœurs opposées tentent un rapprochement après le décès de leur mère.

Enfant, vous vouliez devenir religieuse, informaticienne, officière dans la marine. Pas trop déçue de vous retrouver auteure dramatique ?

Mes rêves d’enfance se sont écroulés quand j’ai découvert le théâtre, au cégep. À l’époque, je pensais que la seule façon d’en faire, c’était en tant que comédienne. Pendant quatre années consécutives, j’ai passé les auditions dans les écoles de théâtre, pour me faire recaler chaque fois.

Afin de ne pas rester oisive entre les auditions, je me suis inscrite au programme de théâtre et en création littéraire à l’Université Laval. Dans ma tête, on ne pouvait pas écrire si on n’avait pas été touché par la main de Dieu : mon expérience de l’écriture se limitait aux lettres que j’envoyais, de ma Gaspésie natale, à mes correspondants un peu partout dans le monde.

Photo : Jocelyn Michel

Après votre bac, vous êtes acceptée à l’École nationale de théâtre [diplômée en 1996], non pas en jeu, mais en écriture dramatique. Joie, dépit ?

En première année d’écriture, on avait un tronc commun de cours avec les étudiants en interprétation. Je me suis vite rendu compte que j’aurais été une comédienne très moyenne et qu’il est impossible d’être une comédienne moyenne quand il y en a autant d’excellentes !

Vous écrivez pour elles. Laurier-Station : 1 000 répliques pour dire je t’aime est une pièce de femmes.

Mais je n’ai rien contre les hommes, même si le seul physiquement présent dans la pièce se fait vasectomiser ! Je voulais parler de la transmission des mères aux filles, des relations sororales, de la quête et du manque d’amour.

Le comédien Jean-Sébastien Ouellette, votre conjoint et le père de vos deux enfants, signe la mise en scène. N’y a-t-il pas risque de complaisance ?

C’est plus avec les autres metteurs en scène que j’ai vécu des relations où personne n’osait dire vraiment ce qu’il pensait. Les productions de mes pièces ne me satisfaisaient jamais totalement. Lorsqu’est venu le temps de présenter À tu et à toi [2007], je me suis dit que si la création n’était pas à la hauteur de mes attentes, j’arrêterais d’écrire. Mon chum m’a proposé de la diriger. Le spectacle a bien marché et il est devenu « mon metteur en scène attitré ».

Pour beaucoup de personnes, le théâtre, à Québec, se résume à Robert Lepage. N’est-ce pas frustrant pour les autres ?

Robert est une locomotive extraordinaire pour le théâtre — pas juste à Québec, d’ailleurs. Il y a de nombreux créateurs chez nous, la relève bénéficie de plusieurs outils, mais les conditions de vie sont difficiles. Des hémorragies ponctuelles incitent nos artistes à tenter leur chance à Montréal.

Peut-on différencier un auteur de Québec d’un auteur de Montréal ?

Un auteur reste un auteur, peu importent son origine, son imaginaire, son écriture. Mais quand je viens à Montréal, on ne me salue pas comme une auteure, mais comme une auteure de Québec. Cette étiquette réductrice m’agace. Aussi bien me surnommer « l’auteure aux deux couettes » !

Laurier-Station : 1 000 répliques pour dire je t’aime, Théâtre Périscope, à Québec, du 1er au 26 nov., 418 529-2183.