Jenny Holzer: texte-symbole

L’artiste américaine, fascinée par l’écriture, nourrit son œuvre de mots. Tous les supports sont bons pour ses textes: les bâtiments, les T-shirts, les vagues de l’océan, des ossements humains…

L’artiste américaine, fascinée par l’écriture, nourrit son œuvre de mots. Tous l

EXPOSITION / TEXTE-SYMBOLE

Première femme à avoir représenté les États-Unis à la Biennale de Venise en 1990 (elle y a remporté un Lion d’or), Jenny Holzer ne se considère pas comme une écrivaine, mais elle écrit des textes et les mots constituent son œuvre. L’une de ses premières créations, Truisms (1977-1979), comptait quelque deux cents aphorismes – «Abuse of power comes as no surprise», «Eating too much is criminal», «Listen when your body talks» – rédigés au stylo-bille, puis imprimés et placardés dans les rues de Manhattan. Ses messages visent à intercepter le regard du spectateur et à le faire réfléchir, si ce n’est que sur le flot d’informations qui le submergent chaque jour.

Comme supports de ses textes, elle utilise des bâtiments, des monuments, la pierre, le bronze, des casquettes, des t-shirts, les vagues de l’océan, le corps humain et quoi encore. Parmi les pièces fortes de l’exposition – où l’on pourra apprécier des sérigraphies sur toiles et des œuvres sur écrans DEL (diodes électroluminescentes), de 1990 à aujourd’hui -, citons Lustmord Tables, une installation faite d’ossements humains disposés sur des tables; sur les rubans entourant certains des os sont gravés des textes détaillant le viol et le meurtre de femmes selon les points de vue de la victime, du coupable et du témoin.

Une artiste signifiante.

Jenny Holzer, DHC/Art Fondation pour l’art contemporain, à Montréal, jusqu’au 14 nov., 514 849-3742.

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