Jérôme Minière danse avec Herri Kopter (et avec nous)

danse-avec-jerome-miniereCréé en 1998, parce que c’était alors la mode en musique électronique d’avoir plusieurs pseudonymes, l’identité Herri Kopter sert maintenant de laboratoire à Jérôme Minière. Elle lui permet de continuer à explorer et à défricher les steppes électroniques sans compromettre la fragilité des chansons qu’il écrit sous son vrai nom.

Le personnage a toute une biographie :

Exilé du Laanka, petite nation disparue à cause des changements climatiques, il vit d’abord entre les murs du métro de Montréal et échange des cassettes avec Minière (Jérôme Minière présente Herri Kopter, en 2001). Puis, le Laankais devient millionnaire, et sa compagnie engage Minière pour enregistrer un disque sur le thème de l’économie de marché (Chez Herri Kopter, en 2004). Mais comme la crise économique touche même les personnages fictifs, Kopter fait faillite en 2007 et disparaît dans la brume.

Entre 2007 et aujourd’hui, Kopter a tout de même continué à exister dans la tête et dans les projets de Minière. Comme me le racontait le chanteur, en entrevue pour l’émission de radio Dans le champ lexical, le personnage a eu plusieurs projets avortés, dont un album sur l’écologie.

Le voici finalement sorti de sa cachette, pour un disque surprise qui devait d’abord s’appeler Quelque chose de rectangulaire, mais qui porte finalement le titre de Jérôme Minière danse avec Herri Kopter.


Comme le titre ne l’indique pas du tout, il s’agit d’un album-concept autour du thème de la machine et de sa présence dans nos vies. Pourquoi ? La réponse longue, alambiquée et incluant de la correspondance par pigeons voyageurs se trouve à la fin de la looooongue biographie d’Herri Kopter, sur son site.

Il s’agit donc vraiment d’un album de musique électronique : une musique faite avec des machines, oui, mais qui en parle aussi ! La chanson «Quelque chose de rectangulaire», en particulier, questionne cette habitude toute moderne de fixer constamment le téléphone intelligent placé au creux de notre main.

Jérôme Minière danse avec Herri Kopter est moins écrasé par son sujet que ne pouvait parfois l’être Chez Herri Kopter. La critique est moins mordante, le ton, plus amusé : après tout, on est là pour danser. Le chanteur y met un peu moins de tête et un peu plus d’instinct et de groove qu’à l’habitude. Ça marche ! On danse pour vrai, par moment. La groovy «Musique automatique» et quelques autres gagneront peut-être au musicien quelque fans qui se sentent habituellement peu attirés par son travail.

Quant au déluge de synthétiseurs à la M83 de «Girophares» (gratuite sur iTunes cette semaine) et au côté planant de «Steppes numériques», j’aimerais bien voir Jérôme Minière s’y frotter en tant que lui-même, plutôt qu’en Herri Kopter. Il y a dans toutes ces explorations de belles leçons qui pourrait profiter à son univers chansonnier.

En attendant, Jérôme Minière danse avec Herri Kopter est une belle réussite, une de plus, pour Jérôme Minière. Et maintenant : tout le monde danse !

Jérôme Minière – Jérôme Minière danse avec Herri Kopter – La tribu

(Ce billet de blogue à été écrit en partie sur « quelque chose de rectangulaire », dans une longue file d’attente. Fixer ainsi l’écran a sans doute évité à son auteur quelque conversations sur la météo.)

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