Joël Dicker : L’affaire des best-sellers

Le romancier suisse qui s’est fait connaître grâce à La vérité sur l’affaire Harry Quebert publie L’affaire Alaska Sanders, premier titre de la maison d’édition qu’il a fondée en 2022, Rosie & Wolfe.

Photo : Anoush Abrar

Où en est Marcus Goldman, votre personnage principal, quand on le retrouve dans cette nouvelle histoire ?

Le livre commence environ une année après que l’affaire Harry Quebert eut été bouclée et le mystère de la mort de Nola Kellergan, élucidé. Marcus vient de faire paraître La vérité sur l’affaire Harry Quebert. Ce roman, qui connaît un grand succès, en fait un auteur établi. Il a dépassé les affres de la création. Au-delà de la période de soulagement, arrive pour Marcus le temps des questions. Des questions sur lui-même, sur le sens de sa vie. Il se demande, une fois le vernis enlevé, ce qu’il reste de ses ambitions et de ses anciennes amours. Il n’est pas troublé, mais en pleine introspection. C’est à ce moment qu’un nouveau cas l’intéressera, celui d’une jeune femme morte dans de curieuses circonstances.

Avez-vous le trac comme écrivain ?

Tout à fait. Je me sens comme un artiste qui monte sur scène chaque soir. Entre l’instant où le livre part en impression et celui où un lecteur le prend dans ses mains, je ne peux plus rien faire. En cours d’écriture, je n’ai pas de limites imposées : je peux réécrire, retravailler l’ouvrage, explorer de nouvelles pistes, mais une fois qu’il est du côté du lecteur, je deviens plutôt spectateur. J’ai mis mes tripes dans le roman et je dois attendre de savoir s’il sera bien accueilli. Je suis toujours surpris de constater combien mes lecteurs portent en eux des interprétations différentes de mes livres. Je suis donc heureux de les rencontrer. Encore aujourd’hui, la patience des gens qui font la file pour échanger avec moi m’émeut.

Vous avez fondé cette année une maison d’édition. Quel genre d’éditeur avez-vous envie d’être ?

Lorsque Bernard de Fallois, le fondateur des Éditions de Fallois, à qui je dois ma carrière d’écrivain, est décédé, je ne souhaitais pas me tourner vers quelqu’un d’autre. J’ai donc décidé de créer ma propre maison d’édition. Dès le départ, j’ai voulu une maison qui fédère les gens, qui rassemble les auteurs et les lecteurs en un même lieu. Je désire lire et réunir. J’ai envie de véritables rencontres avec des auteurs. Comme nous sommes à nos débuts, nous ne publierons pas plus de deux titres par an. 

À quel moment savez-vous que le point final a été mis à un livre ?

Pour moi, ce moment est toujours très clair. C’est quand je constate que si je bouge encore des choses dans l’histoire, si je persiste dans mon désir de l’améliorer, cela va abîmer le roman. C’est un peu comme polir du bois : à un certain moment, il est parfait, bien lustré, et si on continue, on va briser la fibre. Quand cet instant arrive, je ressens d’abord un grand soulagement, suivi d’une certaine nostalgie de savoir que je ne vais plus côtoyer des personnages qui m’ont accompagné pendant un temps. (Rosie & Wolfe, 576 p.)

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De peine et de misère j’ai lu les 600 pages de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert. Ensuite j’ai essayé de lire La Disparition de Stéphanie Mailer, mais j’ai abandonné. Mon désappointement était si grand que j’ai tout simplement jeté ces deux livres au recyclage, ne voulant pas passer ma déception à quelqu’un d’autre.
Bien sur, ce n’est que mon opinion. Il y a beaucoup de gens qui ont aimé.

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