Ken Follett : pilier de la littérature

L’auteur gallois aux 178 millions d’exemplaires vendus vient de lancer le roman Pour rien au monde. Et il réussit encore à surprendre en posant une question toute simple : peut-on déclencher une guerre mondiale sans le vouloir ?

Ken Follet : David Levenson / Getty Images, Montage L'actualité

Pour rien au monde se déroule à divers endroits sur la planète. Comment les avez-vous choisis ?

J’ai consulté des experts du renseignement et de la politique étrangère, et plusieurs scénarios de conflits mondiaux potentiels ont été évoqués. J’ai aussi fait des recherches sur différents endroits : l’Iran, le Cachemire, l’île de Taïwan, etc. À partir de là, j’ai choisi de camper une partie de l’histoire en Afrique et plus spécialement au Tchad, un pays important dans la lutte contre le terrorisme. L’enceinte de l’ambassade des États-Unis au Tchad regroupe plusieurs organisations, elle est considérée comme étant assez grande, compte tenu de l’ampleur de la population locale. J’ai donc voulu en savoir un peu plus sur ce lieu particulier. Mes recherches m’ont aussi dirigé vers la Chine, le Japon et la Corée. Depuis l’arrivée de Google Earth, j’ai pu voyager instantanément dans ces endroits.

Faits ou fiction, qu’est-ce qui l’emporte ?

Les faits, toujours. Il est toujours possible de modifier ce que mes personnages feront, mais jamais je ne trafiquerai la réalité pour l’arrimer à la fiction. Mes lecteurs me le feraient remarquer illico ! La recherche est donc très importante dans mon processus créatif. Même aux premières étapes de l’élaboration, je consulte des experts, je lis énormément. Pour ce roman-ci, par exemple, je me suis intéressé aux drones afin de m’assurer que ce que je décrivais à leur sujet était exact. Saviez-vous qu’il en existe de si gros qu’ils doivent décoller d’une piste d’aérodrome ?

Que préférez-vous dans votre travail d’auteur ?

J’apprécie le début. C’est une période où je réfléchis plus que je n’écris : je lance des idées en l’air pour voir ce qui fonctionne ou pas. Une fois qu’un contexte plus précis émerge, je commence à rédiger un plan très général et, à ce moment-là, tout est possible ! Je peux par exemple modifier le genre d’un personnage principal ou le lieu où les scènes se déroulent. Je savoure entièrement cette liberté du début parce que plus j’avance dans l’écriture du roman, moins je suis libre. 

Selon vous, pourquoi vos livres sont-ils si populaires ?

En tant qu’ancien journaliste, j’accorde beaucoup d’importance aux faits. Mais rapidement, dans mon travail de romancier, j’ai compris que pour raconter une bonne histoire, on doit aussi vouloir atteindre le lecteur émotivement. C’est tout de même fascinant de lire un roman, de savoir que toute l’intrigue est inventée, mais de s’inquiéter pour les personnages ou d’être touché par leur destin. Même moi, comme lecteur, je suis émerveillé par les liens que je tisse avec les personnages des autres auteurs. C’est magique ! 

(Robert Laffont, 792 p.)

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