La face obscure de la séduction à la française

L’une est française, l’autre est québécoise. Toutes deux se sont rencontrées sur un plateau de télévision. Toutes deux aiment les hommes et aiment séduire, insistent-elles. Denise Bombardier et Françoise Laborde ont aussi toutes deux la réputation, bien méritée, d’être des « grandes gueules ».

Chronique de Pierre Cayouette : La face obscure de la séduction à la française

L’une est française, l’autre est québécoise. Toutes deux se sont rencontrées sur un plateau de télévision. Toutes deux aiment les hommes et aiment séduire, insistent-elles. Denise Bombardier et Françoise Laborde ont aussi toutes deux la réputation, bien méritée, d’être des « grandes gueules ». Et toutes deux ont été révoltées par l’ouragan de réactions sexistes et misogynes au lendemain de ce qu’elles désignent comme le « séisme » du 14 mai 2011 au Sofitel de New York, jour 1 de l’affaire DSK. Les polémistes ont été tout autant indignées par l’« assourdissant » silence des femmes. « Où sont passées nos grandes voix humanistes et féministes ? Et les chiennes de garde, auraient-elles disparu ? » demandent-elles.

Trop d’hommes et de femmes, en France, se sont montrés tolérants quant à l’idée même du viol, déplorent les deux pamphlétaires. D’où leur colère. Après l’arrestation musclée de Dominique Strauss-Kahn, certains de ses amis intellectuels ont voulu nuancer, apporter des éléments de justification ou même, dans certains cas, nier la réalité. Or, rappellent Denise Bombardier et Françoise Laborde, le viol est bien la plus violente des agressions dont les femmes sont victimes. « La drague lourde, le harcèlement, les comportements déplacés, les propos obscènes, qui sont à l’opposé de l’art de séduire et de faire la cour, placent aussi les femmes dans une situation d’infériorité, à l’encontre du principe même de l’égalité des sexes », écrivent-elles.

Il fallait du courage pour dénoncer ainsi haut et fort le caractère archaïque du machisme à la française. Les deux femmes n’en manquent pas, de toute évidence. On aurait tout de même souhaité qu’elles s’étendent davantage – le livre fait à peine 77 pages – et qu’elles approfondissent leur réflexion.

Ne vous taisez plus !, par Denise Bombardier et Françoise Laborde, Fayard, 77 p., 9,95 $.

 

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Quelle Révolution tranquille ?

Que reste-t-il des grandes transformations opérées par la société québécoise pendant les années 1960 ? Tout au long de l’année 2010, à l’occasion des 50 ans de la Révolution tranquille, le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, et le PDG de BAnQ, Guy Berthiaume, ont invité des universitaires, journalistes, politiciens et autres intellectuels à apporter leur éclairage. L’historien Yvan Lamonde, l’économiste Pierre Fortin, le journaliste Marc Laurendeau et l’écrivain Jacques Godbout étaient du nombre. Ce livre, fort utile et édifiant, rassemble leurs contributions, sans pour autant dissiper ce flou qui persiste à propos de la compréhension de la Révolution tranquille, flou qui s’explique, selon Yvan Lamonde, par deux inachèvements fondamentaux : la réforme et la laïcité de l’école ainsi que le nationalisme souverainiste. (La Révolution tranquille en héritage, collectif, présenté par Guy Berthiaume et Claude Corbo, Boréal, 298 p., 24,95 $)

 

Pour courir intelligemment

La course à pied ne cesse de croître en popularité. On ne compte plus ceux qui s’y mettent. Encore faut-il le faire intelligemment. L’idée n’est pas d’en mourir mais bien d’améliorer son état de santé général et d’en savourer les bienfaits. Jean-Yves Cloutier, entraîneur-conseil au marathon de Montréal, et Michel Gauthier, responsable du club Les Vainqueurs, ont préparé ensemble le guide idéal pour quiconque entend devenir coureur et, qui sait, faire un premier demi-marathon, voire un premier marathon. Ils présentent un programme en 10 niveaux, adapté aux objectifs et besoins de chacun. Il ne sert à rien de s’épuiser, rappellent-ils. Il suffit de courir à son rythme… (Courir au bon rythme, Du débutant à l’expert : S’entraîner avec succès à la course à pied, par Jean-Yves Cloutier et Michel Gauthier, Éditions La Presse, 165 p., 22,95 $)

 


On les appelait les Sauvages…

Né en Abitibi, sur les berges de la rivière Harricana, l’ex-grand chef algonquin Dominique Rankin, aujourd’hui leader spirituel dans la tradition anicinape, a connu les « pensionnats des petits Sauvages », tenus par les « robes noires », avant de renouer avec son peuple, ses origines et ses traditions. Il fait ici le récit de sa vie, avec l’aide de la journaliste Marie-Josée Tardif. Pour mieux connaître la vision amérindienne de l’histoire du Canada… (On nous appelait les Sauvages : Souvenirs et espoirs d’un chef héréditaire algonquin, par Dominique Rankin et Marie-Josée Tardif, Le Jour, 160 p., 24,95 $)

 

 

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