La gourmandise qui s’écrit

Quel plaisir ! Voici encore trois bons et beaux livres de recettes écrits et publiés ici. Le premier, par un Italo-québécois, Stefano Faita, qui doit tout (ou presque) à sa mamma. Le second par un Franco-québécois, Philippe Mollé, qui aimerait aider les jeunes à mettre la main à la pâte. Le troisième par une équipe de grands chefs de Montréal, qui veulent contribuer à une bonne cause.


 

Entre cuisine et quincaillerie, par Stefano Faita, Les éditions du Trécarré, 192 pages, $ 34,95

Le très médiatique et fort sympathique amoureux de cuisine italienne Stefano Faita nous offre son premier recueil de recettes. C’est plein de soleil, de joie de vivre et de plaisir.

Plaisir des plats classiques, familiaux, qui vous ramènent à l’enfance et aux racines : on devient un peu italien quand on se laisse bercer par cette musique-là. Plaisir de recettes faciles à exécuter, savoureuses, parfumées : j’ai par exemple remporté un franc succès avec les farfalle aux asperges et aux crevettes, et tout autant de succès avec les crostoni aux œufs et aux épinards.

Plaisir, encore, d’avoir entre les mains un peu plus qu’un livre de recettes. Stefano Faita nous raconte aussi l’histoire de sa famille et de la quincaillerie Dante, tout près du marché Jean-Talon, à Montréal – son grand-père immigre au Canada dans les années 1950, où il fera bientôt venir sa femme et ses quatre enfants, dont la mère de Stefano, l’incontournable Elena. Une autre preuve que cuisine et famille sont comme des sœurs de lait !

Plaisir, enfin, d’un livre de recettes festif, truculent, débordant de santé. Le chapitre sur la façon de séduire une fille, et bientôt ses parents, est savoureux. Le chapitre « soirée de gars », amusant. Le chapitre sur la cuisine d’Elena, réconfortant.


 

Recettes pour épater, par Philippe Mollé, Éditions Fides, 128 pages, $ 24,95

Chef, conseiller en gastronomie et chroniqueur bien connu, au quotidien Le Devoir et à Radio-Canada, dans l’émission animée par Joël LeBigot, Philippe Mollé propose « un livre qui donne envie aux jeunes apprentis de prendre les cuisines d’assaut et de s’amuser tout en préparant une bonne bouffe. » Un livre, aussi, fort agréable à regarder, grâce aux dessins d’un de nos meilleurs illustrateurs, Philippe Béa.

Quant aux recettes, elles sont toujours simples et d’inspiration familiale. Il y en a pour les fêtes d’amis, pour les pique-nique en vacances, pour les soirées de télé et même pour le petit-déjeuner au lit servi aux parents. Le tout est parsemé de conseils et de trucs, et accompagné d’un court lexique et d’une description des principaux instruments de cuisine.

On l’aura compris, Recettes pour épater est un excellent cadeau de Noël pour les cuisiniers en herbe que devraient être tous les enfants, « petits et grands » comme le suggère Philippe Mollé. D’autant plus que jusqu’au 31 décembre 2007, l’éditeur versera, pour chaque exemplaire vendu, 1 $ à la Fondation pour la promotion de la pédiatrie sociale du Dr Gilles Julien.

Comme quoi bonnes choses riment parfois avec bonnes causes.


 

Les saveurs de Montréal, sous la direction de Karen Dubrofsky, édité par la Fondation du Centre universitaire de santé McGill, 224 pages, $ 39,95

Une équipe de bénévoles, inspirée par Karen Dubrofsky, a porté pendant plus d’un an un projet dont tous les profits serviront à améliorer le traitement et les services offerts aux femmes souffrant de cancer : un livre de recettes.

Un autre livre de recettes ? Oui. Mais un livre de recettes pas tout à fait comme les autres. Pour la cause qu’il sert, bien entendu. Mais aussi parce que ces recettes (il y en a près d’une centaine) ont été offertes par les chefs de quelques-uns des meilleurs restaurants de Montréal. Rassurez-vous, elles sont quand même faciles à exécuter : elles ont été testées par les bénévoles du projet.

Cela dit, un livre de recettes rédigé sous la houlette d’un hôpital universitaire ne risque-t-il pas d’être un peu tristounet ? Dans ce cas, la réponse est non. On y trouve un filet de caribou et son émulsion de fruits des bois à la vodka, une poitrine de canard poêlée avec sauce au porto et framboises, ou encore un saumon Bloody Caesar. Et toutes les recettes sont accompagnées d’une suggestion de vin ou d’alcool. De plus, la présentation du livre et les photos sont franchement très réussies.

Seul petit hic, Les Saveurs de Montréal n’est pas disponible dans toutes les librairies. La liste des points de vente se trouve sur le site Internet de la Fondation, à l’adresse http://www.muhcfoundation.com.

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