La langue française n’a pas dit son dernier mot

Certes, l’anglais est la principale langue internationale. Mais plusieurs classements situent le français dans le peloton de tête, en deuxième ou troisième place. 

Culture250 millions de personnes parlent le français dans le monde dans une cinquantaine de pays, dont 33 où il a statut de langue officielle. Plus de 120 millions de personnes l’apprennent. Dans 50 ans, il y aura plus de 500 millions de francophones.

Certes, l’anglais est la principale langue internationale. Mais plusieurs classements — le Baromètre Calvet, celui de l’agence Bloomberg et celui de George Weber — situent le français dans le peloton de tête, en deuxième ou troisième place. Un résultat uniforme, quels que soient la méthodologie, les critères et le biais de ses auteurs.

Ce caractère international suscite des brassages inusités. Au Canada, une gouverneure générale franco-québéco-haïtienne (Michaëlle Jean), un premier ministre québécois français par sa mère (Philippe Couillard), un humoriste sénégalo-québécois (Boucar Diouf), un québécois d’origine haïtienne élu à l’Académie française (Dany Laferrière). En France, une ministre française qui est québécoise (Axelle Lemaire), un premier ministre catalan (Manuel Valls), un ex-président hongrois (Nicolas Sarkozy), des Goncourt libanais (Amin Maalouf), marocain (Tahar Ben Jelloun), algérien (Amin Djébar), russe (Andreï Makine), afghan (Atiq Rahimi), américain (Jonathan Littel)… Et ce n’est qu’un début.

Évidemment, cela changera la langue et notre perception de la norme. La langue continue d’évoluer comme elle a toujours évolué depuis 1 000 ans. Sauf que depuis un siècle, cela se fait en contact avec l’anglais et sur des médias nouveaux — de la radio au web 3.0. N’en déplaise aux nostalgiques, c’est l’époque qui veut ça.

Autre nouveauté :  l’apparition de centres autonomes. Le Québec est ici en pointe : 1) Les Québécois ont inventé la féminisation des titres et fonction en 1977 (reprise par les Belges et les Suisses) ; 2) Les Européens comptent pour la moitié des 50 millions de consultations à l’Office québécois de la langue française ; 3) L’Université de Sherbrooke a également créé USITO, le premier grand dictionnaire du français québécois usuel.

Songez-y : c’est la première fois dans l’histoire de la langue française que des francophones produisent un dictionnaire pour eux-mêmes en dehors de Paris ! Les Américains, les Espagnols et les Portugais ont tous fait cela au XIXe siècle. Demain, ce seront les Belges, les Tunisiens ou les Sénégalais. Enfin, la langue française se met en phase avec sa géographie et son époque.

Ce sont là les grandes lignes de La langue française n’a pas dit son dernier mot, une émission que France Culture diffusera les 19 et 20 juillet, à 14 h (heure de Paris). Surprise surprise, c’est moi qui l’ai coproduite, coécrite et coanimée avec Julie Barlow, également collaboratrice à L’actualité (et dont la langue maternelle est l’anglais, incidemment). C’est avec elle que j’avais écrit La Grande aventure de la langue française (Québec Amérique), dont s’inspire cette émission.

Pour entendre nos beaux accents sur les ondes françaises, il suffit de syntoniser France Culture. Vous pouvez aussi l’écouter en ligne, ou en balado à partir du site de France Culture.

Bonne écoute !

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4 commentaires
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« Un résultat uniforme, quel que soit la méthodologie, les critères et le biais de ses auteurs. » La langue française n’a pas dit son dernier mot, et l’équipe de révision-correction de l’Actualité non plus, j’espère (indice: »quelS que soiENt la méthodologie, les critères et le bias de ses auteurs »).

RÉPONSE DE L’ACTUALITÉ :
C’est corrigé. Merci de nous avoir signalé l’erreur (et mea culpa) ! 😉

C’est là une excellente nouvelle qui, je l’espère, redonnera au Français un peu plus de fierté vis à vis leur langue. Eux qui préfèrent de plus en plus la langue de Shakespeare à celle de Molière…