Sarah Toussaint-Léveillé à l’affiche de Vue sur la relève

Photo : Alexandre Chabot
Photo : Alexandre Chabot

Sous le bonnet, ça chauffe. L’auteure-compositrice-interprète Sarah Toussaint-Léveillé dit des choses étonnantes : « La reconnaissance, je m’en tape. J’éprouve même de l’aversion pour ce genre de rapports où tu dois toujours prouver quelque chose. Ce n’est pas de l’amour que j’attends du public, mais du partage. »

Pour faire partager sa musique, toutes les salles se valent : le Studio de la Place des Arts, des appartements à Montréal, un gîte à Tadoussac.

Fille de l’humoriste François Léveillé, la chanteuse de 22 ans lançait l’automne dernier La mal lunée, un album comme un grand bal de printemps, valsant entre pop-rock, blues, jazz, ballade, folk, reggae. Dix chansons écrites alors que Sarah avait entre 15 et 20 ans. « J’en assume les maladresses. » Il y en a, mais aussi de jolies trouvailles. Vous monterez le volume pour « Petite sœur » ou « Une laideronne sous la pluie » : « Où il y a seulement la pluie / Qui accepte de m’aimer comme je suis. »

L’aimer comme elle est : attitude funky, voix pleine de fruits et d’épices, énergie positive. « Quand j’ai commencé [elle a remporté la finale nationale de Cégeps en spectacle en 2008], je ne savais pas qui j’étais, je réglais des crises intérieures, pourtant, il y en avait pour analyser ce que je projetais sur scène, alors que je ne “catchais” même pas ce que j’y faisais. »

Elle le sait mieux aujourd’hui. Elle joue de l’autodérision et « un peu », tient-elle à préciser, de piano, de guitare, de ukulélé, de percussions, etc. Là, elle s’initie à la contrebasse auprès de son compagnon de scène, Alexandre Blais, avec qui elle réalise des « clips boboches », soit des maquettes audiovisuelles de chansons spontanées ou en friche. Sur son site, vous apprécierez « C’est l’heure de cogner la casserole ».

« Ce qui me fonde, c’est l’écriture. Dans toutes ses déclinaisons. » Quand on avance, un chouïa paternaliste, qu’elle a choisi un métier difficile et embouteillé, elle se fait sage : « Est-ce la douleur que l’on retient d’un accouchement ? » Parlant d’accouchement, elle a filmé celui de l’une de ses amies, pour en tirer un portrait documentaire.

« Je me fous de mon image. Qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir être beaux ? Ils arrivent sur scène tout cutes, bien lisses. Faut arrêter de vouloir être parfait tout le temps. Quand un artiste dit se mettre à nu devant le monde, peut-il avoir l’honnêteté de montrer ses défauts ? » Elle les montrera, mais aussi pas mal de qualités, au Cabaret du Mile-End le 26 avril, invitée du festival Vue sur la relève.

Outre Sarah-Toussaint-Léveillé, on pourra entendre dans l’une des six salles où se déploie le festival Vue sur la relève, entre les 10 et 27 avril, l’indie-folk des Hay Babies, du Nouveau-Brunswick, les chansons douces zébrées d’humour de Sylvia, le jazz actuel du Trio Jérôme Beaulieu. En danse, on voudra voir les chorégraphies urbaines de la compagnie 24K (Ör Pür) et les styles hip-hop, charleston et shim sham des Français de la 6e Dimension. En théâtre, vous serez peut-être tentés par le Projet Bocal (textes, mise en scène et interprétation : Sonia Cordeau, Simon Lacroix et Raphaëlle Lalande) ou par la proposition des Brutes de décoffrage.

Programme détaillé : ici.

 

 

 

 

 



 

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