À la manière de Micheline Lanctôt

Depuis qu’elle interprète Élise Beaupré, doyenne des détenues de la série Unité 9, Micheline Lanctôt ne s’est jamais sentie aussi aimée ! Entretien avec la comédienne.

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Photo : Lawrence Arcouette

Depuis qu’elle interprète Élise Beaupré, doyenne des détenues de la série Unité 9, Micheline Lanctôt ne s’est jamais sentie aussi aimée.

Culture«Je suis une criminelle, mais les gens s’arrêtent dans la rue pour m’embrasser !»

Ce n’est pas seulement cet attachant personnage que le public adule. À 66 ans, l’actrice, réalisatrice et chroniqueuse à la radio et à la télé est partout, réputée tant pour ses éclats de rire que pour ses coups de gueule. Pas coquette pour deux sous, plus coton ouaté que paillettes, cette féministe milite contre la tyrannie de la chirurgie esthétique.

Marraine du Prix collégial du cinéma québécois (PCCQ), ambassadrice du cinéma Excentris, elle défend les films d’ici sur toutes les tribunes. Cette année, elle tourne son 12e long métrage, Autrui (l’histoire d’une femme qui recueille un itinérant pour lui éviter de mourir de froid), et collabore à un documentaire sur le féminisme. Elle recevra le prix Jutra-Hommage le 23 mars.

En vieillissant, une majorité d’actrices se sentent obligées de recourir à la chirurgie esthétique, mais pas vous. Pourquoi ?

Je milite contre ça à ma façon en ne le faisant pas. Mes rides, ça fait partie de mon identité profonde, pourquoi je devrais les enlever ? J’essaie de décourager les copines, les collègues de mon âge qui y songent, mais je sais que c’est souvent un choix entre la chirurgie et… ne pas travailler.

Peut-on renverser la vapeur ?

C’est épouvantable de dire ça, mais le public a un seuil de tolérance qu’il faut respecter. Hormis pour certains rôles particuliers et encore rares, on n’a pas pris l’habitude d’écrire pour les femmes de mon âge ou plus vieilles, parce qu’il y a une résistance de la part du public. Dans l’esprit des producteurs et des distributeurs, le public de cinéma, c’est les 18-35 ans.

Le cinéma a tellement longtemps carburé aux « pitounes » que c’est difficile de demander aux spectateurs d’accepter que des femmes ridées soient encore actives sexuellement.

Vous reproche-t-on d’apparaître telle que vous êtes à l’écran ?

Ma fille passe son temps à me dire de me faire enlever les poches ! [Rire] C’est évident que la maudite HD est sans pitié : c’est pas de la haute définition, mais de la haute démolition ! J’ai pas l’air aussi « maganée » dans la vraie vie, mais je résiste. C’est une grande forme de courage.

Le public vous adore dans le rôle d’Élise, dans Unité 9

Oui, mais c’est un rôle asexué ! J’ai fait des pieds et des mains auprès de l’auteure pour qu’Élise tombe amoureuse de Georges [NDLR : l’aumônier], mais ça n’a pas marché… [Rire]

Selon vous, le monde du cinéma est misogyne. Ça n’a pas évolué ?

Ça reste un monde d’hommes, où la présence, le regard, la sensibilité des femmes sont minoritaires. De façon presque systématique, les femmes réalisatrices ont des budgets de 75 % inférieurs à ceux des gars. Moi, mes films, je les fais avec un million, contre cinq, six ou sept millions pour mes collègues masculins. Par découragement ou par la force des choses, les femmes se rabattent sur des secteurs moins fréquentés par les hommes, comme le documentaire.

Pour la troisième année, vous êtes la marraine du Prix collégial du cinéma québécois (PCCQ). Qu’est-ce qui vous a allumée dans cette entreprise ?

Ça fait des années que je milite pour qu’on enseigne le cinéma québécois dans les écoles. Les jeunes sont très vulnérables au rouleau compresseur de la promotion américaine, qui occupe beaucoup d’écrans et nous prive, nous, cinéastes, d’un accès à un public plus large. Parmi les cégépiens qui ont participé au PCCQ, certains n’avaient jamais vu un film québécois de leur vie ! Beaucoup avaient des préjugés : que c’était « plate », pas aussi bon qu’un film américain… Les obliger à voir des films d’ici et à en débattre a un effet extraordinaire. Les jeunes en parlent tellement dans les réseaux sociaux qu’on doit toucher les deux tiers des étudiants de la province. On ne pourrait rêver meilleure promotion !

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bonjour madame micheline lanctot je suis fabienne Girard je écoute ce programme elle minspire plus elle a une bonne
personne que jaime elle a une bonne doyenne pour les autres elle tous mais jai une question pour vous pourquoi elle a tué
une police elle a la sentance a vie merci fabienne girard