1er décembre : la mort d’Hélène

Nous n’étions pas proches, mais toujours contents de nous voir. Hélène Pedneault est morte le 1er décembre 2008, le jour où Woody Allen fêtait ses 73 ans. Je les aurais vus ensemble ces deux-là ! Hélène signait des textes glorieux, épousait des causes insensées (les femmes, le Québec, l’eau). Voix enfumée et poings sur les « i », elle disait son dû à chacun, tenait son sujet comme un chien son bâton.

Elle osait tout, même chanter (Viens on va se faciliter la vie, spectacle créé avec Sylvie Tremblay). Quand elle aimait, c’était jusque-là : Clémence DesRochers, les Séguin, Renée Claude, dont elle fut l’admiratrice, l’agente, l’éclairagiste, parfois…

Quand elle est morte, j’ai pensé à toutes les fois que j’ai voulu lui dire que je l’aimais. Je l’aimais pour avoir trouvé ce si beau titre : La douleur des volcans ; pour avoir écrit ses Chroniques délinquantes ; pour sa poignante pièce de théâtre, La déposition ; pour son adaptation hypnotique de Sous le signe du lion, téléroman (1961) de Françoise Loranger.

Je me souviens de ses lunettes, de ses cafés, de ses cigarettes, de sa mauvaise foi, parfois, de sa lucidité, des trous dans sa trésorerie, des creux dans sa vie amoureuse.

Le Holiday Inn de Saguenay — à Jonquière, où elle est née — a donné son nom à une salle de conférences. Bien trouvé. Mais à quand une salle de spectacles en l’honneur de celle qui a tant chéri et promu la chanson québécoise ?

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Le 10 juin 2010, Sylvie Tremblay rendait hommage à Hélène Pedneault :

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