La rentrée littéraire en 6 nouveautés

Ce mois-ci, Marie-Sissi Labrèche nous dévoile dans un roman très personnel ses réflexions sur la santé mentale, tandis que Lionel Shriver décortique notre étrange rapport au corps en racontant l’histoire d’un jeune retraité soudainement obsédé par l’idée de courir un marathon.

Montage L'actualité

225 milligrammes de moi

de Marie-Sissi Labrèche

Dans ce roman personnel, Marie-Sissi Labrèche dévoile comment sa santé mentale a parfois été mise à rude épreuve. Que ce soit lorsqu’elle souffre d’intimidation, enfant, ou quand, plus tard, ses relations amoureuses vibrent au ton de ses colères, elle offre un éclairage cru sur ses embûches. On la suit dans sa vie de banlieue, où la maman et conjointe se réfugie dans l’écriture. Malgré le propos, quel bonheur de retrouver cette autrice qui a un rare talent pour se raconter sans évoquer la pitié, parfois même avec une touche subtile d’autodérision. (Leméac, 120 p.)

Ce qu’un jeune mari devrait savoir

collectif

Ils ont existé pendant si longtemps, ces manuels de la parfaite épouse ! Voilà une riposte à la fois sympathique et bien assumée, avec quelques détours qui suscitent une réflexion sur la vie à deux. Dix-sept textes de plumes différentes : Martine Delvaux, Mélodie Nelson, Patrick Watson et l’artiste queer Eli Tareq El Bechelany-Lynch, notamment. On plonge dans cette courtepointe littéraire avec curiosité et on en ressort assurément diverti… et peut-être même grandi ! (Marchand de feuilles, 224 p.)

Lorsque le dernier arbre

de Michael Christie

Jake a consacré toute sa vie à l’étude des arbres. Devenue guide forestière à la Cathédrale arboricole de Greenwood, en Colombie-Britannique, la scientifique fait découvrir cette dernière oasis forestière aux plus riches de la planète alors que les arbres se font de plus en plus rares. Quand Jake apprend qu’elle pourrait être la descendante d’un magnat du bois, elle entreprend une quête pour savoir d’où elle vient. Une saga familiale fascinante, dont la trame s’étend sur près d’un siècle, de 1930 à 2038. Majestueux. (Traduction de Sarah Gurcel, Albin Michel, 608 p.)

Quatre heures, vingt-deux minutes et dix-huit secondes

de Lionel Shriver

Lionel Shriver possède l’étonnant talent de placer sous une loupe nos travers sociaux et d’y plonger, sans vergogne, avec un sarcasme incisif. Remington annonce à sa compagne des 32 dernières années, Serenata, qu’il va courir un marathon, lui qui n’a fait aucun sport de sa vie. Serenata, dont les genoux ne sont plus au rendez-vous après des années d’entraînement, saura-t-elle montrer un peu d’enthousiasme devant cette nouvelle lubie ? Un roman doux-amer qui traite de sport, mais aussi d’une foule d’autres sujets, comme la fin de l’amour, le rapport au corps et même la politique américaine. Réellement divertissant. (Traduction de Laurence Richard, Belfond, 384 p.)

Le chant de Celia

de Lee Maracle

Lee Maracle est issue de la Première Nation Stó:Lō, en Colombie-Britannique. Dans ce roman où le mythe croise la réalité, on rencontre Celia, qui possède un don de voyance, mais qui n’y croit pas totalement. Le jour où une toute petite fille est agressée, Celia et sa communauté s’unissent pour la sauver. Un hommage à la fois douloureux et lumineux à la force des traditions ancestrales. (Traduction de Joanie Demers, Mémoire d’encrier, 322 p.)

Le malenchantement de sainte Lucy

de Zsuzsi Gartner

Le premier roman de cette autrice canadienne est tout simple en apparence : après la mort de son cousin, une jeune femme reçoit des confessions d’étrangers. Certains lui confient par exemple vouloir la mort de quelqu’un, alors que d’autres lui révèlent de lourds secrets, comme celui d’avoir commis un meurtre. Lucy croira qu’elle a un don, et en cherchera la source. Chacun des aveux devient un récit en soi, entrecoupé de l’histoire de Lucy, mère aux relations compliquées. Plus on avance, mieux on comprend cette cachottière et son talent pour raconter les gens. Une plume foisonnante, qui offre un roman à plusieurs facettes qu’on voudra relire pour en saisir toutes les subtilités. Fabuleux ! (Traduction d’Éric Fontaine, Alto, 256 p.)

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