La rhétorique, c’est in

Un jeune Québécois s’est donné comme mission de réhabiliter la rhétorique, cet art de l’argumentation né en Grèce il y a 2 500 ans.

La rhétorique, c'est in
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Doctorant en sémiologie à l’UQAM, Alexandre Motulsky-Falardeau, fin vingtaine, lançait en août un site Internet pour initier le public à cette science du débat, qui recommence graduellement à être enseignée dans des universités belges et anglo-saxonnes.

Ecolederhetorique.com présente des textes de référence classiques de Cicéron et de Quintilien, entre autres, ainsi que des extraits de manuels modernes, comme celui du philosophe belge Perelman. Il s’enrichira par la suite d’exercices.

En plus d’aider à développer sa pensée et à construire son discours, la rhétorique contribue à une meilleure compréhension du monde. « Elle permet de déterminer la valeur des arguments d’un discours, qu’il soit politique, judiciaire ou publicitaire », dit le jeune rhéteur. La commission Bastarache offre justement un beau sujet d’étude, poursuit-il. Quand l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare énonce qu’il a des réserves sur la commission, il utilise l’argumentum ad personam, attaque personnelle sans rapport avec le fond du débat. Et lorsqu’il affirme que la majorité des Québécois partagent son opinion, il verse dans l’argumentum ad verecundiam, argument d’autorité qui cherche à faire valider un message sur la seule base de la source dont il émane. Bref, il en appelle à la passion plus qu’à la raison.