La touche Philémon

Romantico-philosophe, introverti et bavard, Philémon [Bergeron-Langlois], 26 ans, est né à Québec, mais vit dans le Mile End, à Montréal, où on le surprend parfois à chanter ses airs au Dépanneur-Café.

La touche Philémon
Photo : Jocelyn Michel

Parcours. Baccalauréat en études littéraires à l’Université Laval ; prix de l’auteur-compositeur-interprète du Festival en chanson de Petite-Vallée, en 2005. D’autres récompenses encore, comme le Coup de chapeau du festival Mars en chansons de Charleroi, en Belgique. En 2008, il conçoit en guise de carte de visite une maquette de six chansons, parmi lesquelles une nous arrache le cœur : « Il neige »… sur sa grand-mère décédée. L’accompagnent pour l’occasion : son frère au basson, sa belle-sœur au violon, sa tante au violoncelle, son père à la clarinette. Philémon manie la guitare.

Influences. Bob Dylan, les Beatles, Jacques Brel, Billie Holiday. « Des vieilles affaires ! » Il rit, et l’enfant paraît.

Chansons. Elles accolent une poésie un rien cafardeuse à une musique moyennement tonique, déconseillée aux dépressifs ou aux suractifs. Mais les paroles révèlent ce qu’il a dans le ventre : « Peur d’être à deux, peur d’être seul », « J’aimerais t’aimer comme il faut, mais je n’y arrive pas. » Son petit théâtre d’images célèbre l’amour, la mort, les racines, l’ailleurs.

Voix. Assurée quand il parle, sur le bord de se briser quand il chante. « Il faut vivre la note au moment où elle se présente, ne pas anticiper celle qui vient afin qu’elle surgisse comme une surprise. »

Voyages. À 16 ans, dans un bidonville du Nicaragua ; l’année suivante, en Inde ; trois mois en Haïti, plusieurs séjours en Europe… matent son mal de vivre, lui enseignent le goût des autres. « J’ai découvert que peu importe où l’on va sur la planète, tout le monde fait du mieux qu’il peut avec les contraintes qu’il a et tout le monde finit par blesser quelqu’un. À partir de ce fond commun, il est facile de communiquer avec les gens. » Surtout quand il y a la musique pour abolir les barrières de la langue.

Album. En février 2009, c’est au mythique studio Egrem, à Cuba, qu’il enregistre son premier album. Avec, au piano, son cousin, né au Pérou et résidant au Mexique, qu’il n’avait pas vu depuis 20 ans, et des musiciens du cru qu’il ne connaissait pas trois jours avant l’enregistrement. « J’étais plein d’amour, ça me sortait de partout. C’est ce qui a rendu possible une entreprise qu’il était fou de croire faisable en si peu de temps. » Une vingtaine de chansons y naissent, 10 sont jugées dignes de paraître sur un disque, Les sessions cubaines, que Philémon veut sortir ce printemps.

Spectacle. Le chanteur participe au festival Vue sur la relève (du 1er au 17 avr.) et reprend en formule réduite – Zoé Saint-Pierre au violon et à la voix, et Felipe Bello à la basse – les plages de l’aventure cubaine. Écoutez sa différence.

Philémon chante, Lion d’Or, à Montréal, le 8 avr., 514 843-9689.

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