L’affaire Jutra et la pédophilie au fil du temps

Quiconque a autour de lui un enfant de 12 ans conviendra qu’il ne peut s’agir d’un consentement clair et sans équivoque si un enfant de cet âge accepte les avances d’un adulte.

Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne
Photo: Paul Chiasson/La Presse Canadienne

On sait maintenant qu’il n’y avait pas de fumée sans feu. À moins de mettre en doute le témoignage bouleversant d’une des victimes de Claude Jutra, paru le 17 février dans La Presse, il est permis d’établir que les mots d’Yves Lever, qui révèle dans une biographie consacrée au cinéaste l’attirance de ce dernier pour «les jeunes garçons», n’avaient rien de gratuit.

S’il y a bien une chose que la tempête Jutra nous enseigne, c’est qu’en 2016, malgré toute la sensibilisation qui a été faite et la transparence avec laquelle on parle de pédophilie sur la place publique, le sujet provoque encore des déclarations problématiques et plusieurs ne savent pas sur quel pied danser devant ses manifestations.

«L’homme ne se résumait pas à ça», «C’est pas de nos affaires», «C’était d’abord un grand artiste»… On a entendu toutes sortes de choses, parfois nettement motivées par l’amitié, de la part de ceux qui se sont portés à la défense de Claude Jutra après les allégations d’Yves Lever.

Devant les évidences qui s’accumulent, on se doute que bon nombre vont moduler leurs déclarations. Mais il reste un malaise. Bien sûr, on pouvait et on devait dire: ne condamnons pas trop vite. Mais on ne pouvait pas dire: c’est de la diffamation pure, personne ne s’est plaint, alors le problème est inventé de toutes pièces.

En prenant un pas de recul, on constate qu’en matière de relations sexuelles entre un adulte et un enfant, la société — au sens large — n’a jamais très bien su sur quel pied danser.

Jusqu’en 2008, au Canada, l’âge du consentement sexuel était de 14 ans. Il est depuis passé à 16.

Remontons un peu dans le temps: jusqu’en 1890, l’âge de ce consentement, parfois appelé «âge de protection», était, au pays, de… 12 ans.

Douze ans.

Quiconque a autour de lui un enfant de 12 ans conviendra qu’il ne peut s’agir d’un consentement clair et sans équivoque si un enfant de cet âge accepte les avances d’un adulte.

Mais remontons encore plus loin. Dans la Grèce antique, on le sait, le regard que l’on portait sur ce type de rapports était radicalement différent. Le terme «pédérastie» désigne d’ailleurs, à l’origine, l’accompagnement initiatique d’un garçon prépubère ou au début de sa puberté par un adulte, entre autres par des relations sexuelles. Il s’agit alors d’une véritable institution, que personne n’aurait eu l’idée de condamner.

La lente évolution des mentalités qui a mené nos sociétés à désigner ce type d’attirance comme une déviance et à établir que la pédophilie était de l’ordre de la violence et de l’agression, qu’accompagnent des effets dévastateurs sur l’identité en herbe de la victime, doit être considérée comme une grande avancée de l’humanité. Tout comme la condamnation sans réserve du viol.

Une avancée devant laquelle on ne peut pas se permettre de ne pas savoir sur quel pied danser. Ni de fermer les yeux, même à demi.

Évidemment, il faudra en arriver à séparer, dans la mémoire collective, le créateur Jutra, qui demeure immense, et l’homme Jutra, qui semble bien s’être rendu coupable d’actes criminels. D’ici là, puisse l’épisode être l’occasion pour le Québec de dissiper ce qu’il reste de brumes sur l’importance de ne rien excuser du geste pédophile.

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Curieux, on n’envisage pas de renommer la rue St-Viateur ou la municipalité de Ste-Croix pour cause de pédophilie rampante chez ces bons ordres religieux.

En moins de 24 heures, sans le moindre procès, on a décapité un homme respectable.

Il suffit d’un témoignage anonyme d’un individu qui dit avoir été abusé de 6 à 16 ans. 10 ans d’abus sans un mot, plus x années de silence.

Qui nous dit que cet individu n’est pas un amoureux qui fut délaissé par Claude Jutras et qui veut maintenant le faire payer de façon posthume ?

Dans notre monde où la pureté règne, on est bien prompt à accuser et surtout à condamner sans le moindre procès.
La présomption d’innocence est de moins en moins vraie.
La nécessité d’un procès est de moins en moins requise.
D’ailleurs, bien des procès se font pour simplement « normaliser » la condamnation déjà effective.

Je trouve odieux ce lynchage extrêmement rapide d’un individu qui aimait les jeunes garçons, mais qui probablement n’a jamais été violent.

Si j’avais été abusé, je crois que j’aurais eu le courage de dénoncer à visage découvert et de donner tous les détails au public pour bien faire comprendre mon vécu.

Mais on justifie l’anonymat en disant; La honte et le traumatisme… finalement l’éternelle victime !

Notre monde glisse dans le puritanisme.
Puritanisme et hypocrisie.

Ce simple commentaire peut me valoir de me faire lapider sur la place publique.

Suivons les « purs » et
allons tous cracher sur la tombe de Jutras.

Serge Charbonneau
Québec

Il n’ y a pas qu’ une seule victime ; il y aurait au moins 2 autres victimes d’ après M »Levec biographe!
Il n’ y a aucun anonymat dans ce dossier! Ces victimes sont identifiables! Et vous avez raison ; les victimes sont aussi éternelles que son oeuvre!

On est maintenant rendu à trois(3) victimes. Tous des petits garçons qui avaient entre 6 et 12 ans au moment des faits.

Alors…toujours aussi entiché par ce pervers?

Sachant ce que vous savez aujourd’hui, auriez-vous fait garder vos petits garçons par cet être immonde?

« Si j’avais été abusé, je crois que j’aurais eu le courage de dénoncer à visage découvert et de donner tous les détails au public pour bien faire comprendre mon vécu. » (sic)

Justement, vous n’avez jamais subi ce genre de sévices. Vous n’êtes donc pas à même de déterminer le sentiment de honte et le traumatisme vécus par les victimes en question.

À mon sens, c’est le chroniqueur Mathieu Bock-Côté qui résume le mieux la situation dans toute cette affaire : « L’humanité est affreusement insupportable. Capable du meilleur et du pire. Et cela, à travers le même homme. »

Claude Jutra le grand scénariste, était nul autre qu’ un pédophile! Maintenant c’ est connu avec la confession de ( Jean ) ! Donc ceux qui le défende , ils le font pour sa grandeur et pour ce qu’ il nous a laisser comme accomplissement!

Mais d’ un autre côté , il a aussi laissé une mauvaise réputation de pédo et le défendre comme l’ a fait Marc Béland à Radio Canada devant l’ animatrice Anne-Marie Dussault qui en passant a été très molle dans cet entrevue ! Pour une ancienne procureure à la protection de la jeunesse; c’ est pas fort !!

Marc Béland est fâché et nous fait la morale en mentionnant sans RÉFLÉCHIR que ce n’ est pas de nos affaires et que ce n’ était pas un abuseur ! Allo ! Béland sur quelle planète tu vis! Tu n’ es pas très loin d’ une accusation de complicité après le fait!!!! Alors ferme ta gueule et réfléchit !

Vous dites à M. Béland « Alors ferme ta gueule et réfléchit ! »

J’aurais envie de vous dire la même chose, monsieur le grand juge du grand bien.

Vous ne connaissiez pas du tout Claude Jutras.
Marc Béland le connaissait très bien.

Je considère qu’une société de gens comme vous est plus dangereuse qu’une société de gens comme Claude Jutras.

Salutations
en attendant de me faire rapidement pendre sur la place publique par ceux de votre race puritaine et moraliste prête à lyncher rapidement tous ceux que vous jugez fautifs.

Serge Charbonneau
Québec

Et en plus, c’est sous l’anonymat que vous dites « ferme ta gueule et réfléchit ! »

Oui, notre société de puritains va bon train.

Serge Charbonneau
Québec

Donc, Guy Cloutier, Gab Roy, etc… (artistes québécois qui ont accompli de grandes choses également…) sont d’autres incompris et devraient être réhabilités?

Il existerait 2 genres de pédos? Les bons (les artistes de gauche écolos et reconnus par leurs pairs pour avoir créé une « grande oeuvre ») et les mauvais (les curés et autres religieux, le politiciens de droite et fédéralistes, les pères incestueux et autres déviants no-names).

Et Rénald Côté qui a sodomisé sa fille de 4 ans… Vous le trouvez tout aussi incompris et torturé?

Comme double standard, difficile de faire mieux…

SIX (6) ans tabarn.k!!! Et vous défendez ce dévergondé?

Comment utiliser la défense de consentement avec un petit garçon de 6 ans? Même 14 ans…surtout lorsque le désaxé est en position d’autorité et qu’il a 30 ans de plus que la pauvre victime? Comment un jeune de 14 ans peut-il consentir à des rapports sexuels avec un adulte de 30 ans son aîné et qui est en position d’autorité?

Et que dire de tous ceux qui entouraient ce prédateur et qui savaient mais qui ont préféré détourner les yeux et garder le silence pendant 30 ans?

Défendre l’indéfendable c’est « cute » mais ça donne un peu mal au coeur.

Aie! On s’ emballe ! Si j’ écris dans ce blogue c’ est que je suis très bien identifié! En passant est-ce que vous auriez fait garder votre enfant de six ans par Claude Jutras ?

Ceux qui connaissait parfaitement ses faiblesses , c’ est pas moi qui le dit , c’ est Marc Béland lui-même à Radio Tralala! Je n’ ai rien inventé ! Je ne le juge pas ! Cè est maintenant connu et se l’ était de son vivant qu’ il était un pédophile!

En tout cas j’ aime recevoir vos insultes que de vivre en silence dans ce monde de pervertis!

Mais la question n’est pas de savoir si la pédophilie est acceptable: il y a maintenant un consensus que c’est un crime et le Code criminel le reconnaît. Non, la question c’est de savoir à quel moment on peut dire que des accusations sont fondées. On connaît maintenant le syndrome de la mémoire fausse (false memory syndrome) qui fait que des enfants peuvent avoir des souvenirs manipulés par des gens de bonne foi qui cherchent à savoir s’ils ont été soumis à des abus sexuels par exemple. Le cas de Martinsville en Saskatchewan où des enfants ont suivi les suggestions des adultes qui leur posaient des questions pour dire que des adultes les avaient agressés sexuellement alors que plus tard on se rendit compte que leur mémoire n’était pas fidèle à la réalité et que leur témoignage était faux en est un exemple qui a rendu la vie des accusés infernale.

Donc, c’est une question légitime de savoir à quel moment on peut dire que les allégations de pédophilie sont fondées et qu’en tant que société il faut agir. D’où la prudence avant de « condamner » Jutra sur la base, au début, de rumeurs. Ces rumeurs ont depuis été confirmées par au moins un témoignage crédible et maintenant on peut dire avec assez de certitude que Jutra a commis les gestes qu’on lui reproche. La pédophilie est un crime mais si on veut accuser quelqu’un en particulier, on doit toujours au moins démontrer que cette personne a commis ce crime, surtout si la personne n’est plus là pour se défendre. Dans le cas Jutra le doute a été dissipé mais reste la question de savoir s’il y avait des gens qui étaient complices de ses crimes.

Marc Béland lui-même a affirmé à Radio Tralala qu’ il avait vu à quelques reprise des jeunes garçons monté à sa chambre lorsqu’ il demeurait chez pendant 2 ans! Et en plus que ce n’ était pas de nos affaires!

La pédophilie, un crime?

Qu’en sera-t-il dans 20 ans, dans 50 ans? On a décriminalisé l’adultère, l’homosexualité, l’avortement, l’aide médicale à mourir, etc. Dans certains pays, la consommation de marijuana et la prostitution sont légales. Dans d’autres, juste représenter un prophète est passible de la peine de mort.

On a longtemps fait des chasses aux sorcières et condamnés les gens différents, les hérétiques, les apostats, les athées, etc. La société change avec le temps. La pédophilie a longtemps été socialement acceptée. Présentement, on parle de révolution sexuelle, de liberté sexuelle. Quand est-ce que les jeunes vont demander leur liberté sexuelle aussi? Quand va-t-on la leur laisser? On accepte déjà des relations sexuelles entre un jeune de 10-12 ans avec un autre d’un âge similaire… Y a-t-il consentement éclairé dans ce cas-là?

Moi aussi, on voudra me pendre, parce que je pose ces questions. Si les enfants étaient consentants, s’il n’y a pas eu de viol, pourquoi est-ce encore criminel? Un reliquat du christianisme? Combien d’homosexuels ont-ils eu de ces relations pédophiles dans leur jeunesse? Combien d’entre eux poursuivent en cour l’adulte pédophile? Très peu! Pourquoi? Posez-vous la question.

Enfant de six (6) ans CONSENTANT???

Même à 13 ou 14 ans devant une personne en état d’autorité et de 30 ans son aîné???

Vous délirez solide Lucifer…

La pédophilie est un crime ( du moins d’après nos critères actuels de « jugement du mérite de la personne » ). Et je crois qu’il en est bien ainsi, ça ne devrait surtout pas changer… Et il y en a beaucoup, beaucoup trop, en tout cas. Il y a ceux ( et pas souvent celles… ) qui se font « pogner », et/ou accuser ( à tort ou à raison ). Et puis ceux qui « s’en tirent à bon compte », dans l’anonymat le plus obscur, ou l’oubli plus ou moins complice…
La pédophilie n’est pourtant pas le seul crime présentement « punissable » ( mais pas tout le temps, ça dépend ). Il y a l’assassinat, permis, voire toléré, institutionnalisé, encouragé — dans certaines sociétés, certains milieux, pour certaines personnes « autorisées » à en commettre, pour le « bien » de la communauté. Il y a l’infanticide, pourvu que l’enfant en gestation ne soit pas jugé « encore viable ». Il y a le viol, l’inceste, l’infidélité conjugale, la tromperie sous toutes ses formes, la malhonnêteté ordinaire ou extraordinaire et si bien « organisée », les paradis fiscaux, les tractations financières les plus diverses et les moins honnêtes qui soient… Certains de ces comportements sont ardemment dénoncés, sévèrement sanctionnés ( j’allais dire « justement » sanctionnés )… alors que d’autres sont plutôt oubliés, négligés, voire récompensés. C’est en fait l’anarchie la plus complète, dans nos sociétés, et malheureusement il y en a toujours été ainsi, dans une large mesure… hélas.

Condamner les agissements déviants allégués, connus, vérifiés, d’une personne, ou bien tenter d’effacer son nom de nos mémoires, ce n’est pas tout-à-fait pareil. Du moins, ça ne devrait pas l’être, à mon avis. Lorsque j’ai entendu, aux nouvelles, que les maires de tant de villes du Québec s’empressaient de décider — sans un petit moment de réflexion, sans le moindre recul — qu’ils changeaient le nom de toute Rue Claude Jutras de leurs territoires respectifs, je me suis dit qu’ils avaient manqué une belle occasion de réfléchir un peu plus loin que leur nez. D’accord, s’il s’était agi d’une école, d’un parc d’amusement pour enfants, d’un gymnase, à la limite. Oui assurément, la prudence la plus élémentaire justifierait une telle mesure. Mais dans le cas d’une rue… s’il fallait en faire autant avec tous les personnages qui nous ont fait des misères, dans le passé, à nos enfants autant qu’à nous, nos ancêtres ou notre descendance prévisible… la toponymie de nos villes serait radicalement modifiée, c’est sûr.

J’en veux retenir un seul exemple, qui me paraît tellement évident que je suis éberlué de n’avoir entendu personne le souligner jusqu’ici… Un certain ancien premier-ministre de ce pays qui est le nôtre nous a bien tous « violés », nous les 6 millions de Québécois que nous étions alors, ainsi que toute notre descendance, lorsqu’il nous a imposé, par la ruse et la complicité de ses amis « Canadians », son rapatriement unilatéral de la cons-tion de Londres… Lorsque j’ai entendu le maire Coderre faire son annonce, sur les ondes de Radio Canada, j’ai eu envie de lui téléphoner, pour lui demander s’il allait aussi changer le nom de son aéroport international, pour lui redonner son nom initial… ou lui en trouver un de plus respectable… Car je crois que le viol de la démocratie commis par ce type ne méritait surtout pas d’être ainsi célébré « à l’international », à moins que nous ne tenions tellement à soigner notre petit instinct « masochiste » et victimisant qui nous caractérise tellement bien, au cours de notre Histoire douloureuse ( et dont la douleur nous convient tellement bien )… Car notre devise « Je me souviens » montre, jour après jour, année après année, que nous ne souvenons de pas grand’ chose, en fait…

Ben oui…Pierre-Elliot Trudeau est maintenant un « pédophile constitutionnel »…

Déjà que de parler de constitution canadienne en 2016 fait poussiéreux et rococo, mais en plus tenter d’amalgamer les deux faits, soit la constitution et la pédophilie et de victimiser le Québec (encore une fois!) comme si ce dernier était le « Jean » de l’histoire, ça complète le travail de sape et ça enlève le dernier filet de crédibilité que les gens de votre espèce pourraient avoir dans certains milieux bien secrets et mystérieux.

Les fédéralistes n’en espéraient pas tant.

« pédophile constitutionnel »… WOW, c’est joliment trouvé. Quelle créativité, quelle imagination… À chacun ses rêves, à chacun ses satisfactions, dans la vie. Les vôtres sont clairement exposés, savamment exposés… Permettez que je vous les abandonne volontiers, sans plus de regret…. Bonne journée.

Votre commentaire n’ a pas de réelle pertinence avec le dossier Claude Jutras et la pédophilie! Au sens propre du mot;!

Merci de le signaler. Vous avez parfaitement raison, et je suis tout-à-fait d’accord avec vous. Ce commentaire n’avait « aucun rapport » avec la situation débattue, autour de cette si triste « Affaire-Jutras »… Aucun rapport, tout autant que cette décision hâtive ( trop?… ) de débaptiser brusquement tout ce qui peut porter le nom du ( grand ) cinéaste Québécois… Heureusement, il y en a quelques-uns qui ont préféré « prendre une certaine distance » avec leurs sentiments — bien compréhensibles — de profond malaise, sinon d’un certain dégoût… Prudence et petit moment de réflexion ne leur ont pas fait beaucoup de mal, à eux tous…. C’est tout ce que je désirais souligner… Quod scripsi, scripsi… Je n’ai rien à ajouter, ni rien à retrancher…